François Hollande en lice pour 2027 ? Pourquoi tout le monde soupçonne un retour de l’ancien président

samedi 7 février 2026.
 

Tandis qu’Olivier Faure s’engage dans une primaire avec les écologistes et les ex-insoumis, l’ancien président plaide plutôt pour un rassemblement de la gauche dite réformiste. Avec lui à sa tête ?

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La partition commence à apparaître. Depuis plusieurs mois, et plus encore ces derniers jours, l’hypothèse du retour au premier plan de François Hollande pour la prochaine élection présidentielle fait son chemin. Une petite musique savamment nourrie par l’ancien chef de l’État qui se rêve en recours après avoir échoué à se représenter en 2017.

En cette fin janvier, la mélodie a gagné un nouveau couplet avec un article du Parisien qui relate les sollicitations dont le socialiste fait l’objet. « Depuis le début de l’année, le téléphone n’arrête pas de sonner, on est débordés de demandes », y insiste un de ses proches. Illustration quelques jours plus tard avec une confidence de Geoffroy Didier dans les colonnes du Nouvel Obs.

Le vice-président Les Républicains explique avoir rencontré récemment celui qui est redevenu député en 2024, avec cette prédiction à la clé : « Je lui ai dit que je pensais qu’il serait le candidat de la gauche. » Incongru ? Force est de constater qu’il n’est pas le seul à croire à ce présage improbable, si l’on regarde les discours et les rapports de force actuels à gauche, où le Corrézien est encore très critiqué.

« Hollande tient son créneau »

Jean-Luc Mélenchon, aussi, voit venir le retour de son meilleur ennemi. « François Hollande peut exulter », a-t-il écrit dans une note de blog publiée mi-janvier. Pour cause, le fondateur de la France insoumise, passé maître en planification ou prévisions stratégiques (souvent avec succès), estime que l’ancien chef de l’État « tient son créneau » pour la prochaine présidentielle.

« Le refus du PS de voter la motion de censure déposée par LFI (après une tentative pour faire un dépôt commun) finit de souligner le changement d’alliance du parti mené sous sa conduite », écrit ainsi Jean-Luc Mélenchon, qui fut longtemps membre du PS (formation toujours parcourue par les intrigues en coulisses) et qu’une rivalité oppose à François Hollande depuis des décennies. Et le tribun de développer : « Il a suivi sa méthode de toujours : injecter le poison par petites doses, diviser ses concurrents et attendre la chute de son devancier. Avec l’effondrement de Glucksmann, il tient son créneau. » À savoir, le centre-gauche, un espace choyé par l’ancien président de la République.

De fait, François Hollande fait tout pour pousser les socialistes de ce côté-là de l’échiquier politique. Alors qu’Olivier Faure s’engage dans une primaire de la gauche hors-LFI, qui entend rassembler le PS, les écologistes et les anciens frondeurs insoumis sous la bannière « Front populaire 2027 », le député de Corrèze propose, lui, de rassembler la gauche dite réformiste, représentée à ses yeux par Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve, ou Yannick Jadot.

Demandez le plan

Un créneau pensé de longue date. Déjà en mars 2025, il plaidait en privé pour une ligne de « large regroupement qui permette d’unir de Benoît Hamon à Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve », mais avec « un candidat social-démocrate car le PS a repris de la vigueur. » « Avec Raphaël Glucksmann, ce sera facile d’avoir un rassemblement. Mais avec François Ruffin, le PC ou les écolos cela nécessitera plus de discussions », assurait-il, au moment où la gauche accentuait ses divisions.

Depuis, un autre refrain est venu s’ajouter à cette douce partition aux oreilles de François Hollande : les difficultés, relatives, du candidat putatif le plus en vogue de cette gauche modérée, Raphaël Glucksmann. Le fondateur de Place Publique a semé le doute jusqu’au sein de ses propres troupes après quelques passages médiatiques jugés ratés l’automne dernier. Au Parti socialiste, un temps conquis par l’eurodéputé, certains doutent en tout cas de sa capacité à tenir le choc d’une campagne présidentielle.

C’est là, sans doute, l’espoir caressé par François Hollande. Car pour concrétiser ce retour au premier plan, il ne peut que compter sur l’affaiblissement de son concurrent crédité pour l’instant de quelque 12 % d’intentions de vote dans les sondages. Autre donnée à prendre en compte : l’instabilité d’un monde devenant chaque jour de plus en plus imprévisible. S’il s’agit, comme il le théorise, de qualifier au second tour une personnalité capable de battre le RN, pourquoi ne pas y envoyer celui qui a déjà enfilé le costume de chef de guerre ?

Face à un Jordan Bardella inexpérimenté et attiré par Donald Trump où une Marine Le Pen toujours marquée par son ancien tropisme russe, François Hollande aurait effectivement une carte à jouer. Reste qu’aujourd’hui, l’ancien président socialiste ne fait pas le poids dans les sondages, et réunit pour le moment 6 % d’intentions de vote dans les enquêtes d’opinion. De quoi mesurer l’ampleur de la tâche qui l’attend, s’il veut faire de cette petite musique encore légère le tube du printemps 2027.

Anthony Berthelier et Romain Herreros

• Le Huffpost. 29/01/2026


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