« Grasse est gangrenée par la racaille arabo-musulmane » – Dans les Alpes-Maritimes, les « brebis galeuses » du RN

dimanche 1er février 2026.
 

Chassez le naturel, il revient au galop. Alors que le RN prétend avoir fait le ménage parmi ses cadres, de nouvelles casseroles sont révélées à l’approche des municipales. Dans les Alpes-Maritimes, ce sont plusieurs cadres du parti qui ont été visés par des révélations du média Les Jours. Le député de la deuxième circonscription, Lionel Tivoli tout d’abord : il a fait partie, avec cinq autres de ses collègues, d’un groupe Facebook sur lequel se multiplient les appels à la haine, le racisme et l’antisémitisme. Encore des brebis galeuses, Jordan Bardella ? Notre article.

Un silence médiatique complice Quelques jours après ces révélations d’un média national, la presse locale reste étrangement silencieuse. Il faut attendre un communiqué de la France insoumise des Alpes-Maritimes sur le sujet, demandant notamment le retrait de Lionel Tivoli de la liste des municipales de Peymeinade, sur laquelle il se présente, pour que le sujet intéresse les rédactions.

Visiblement pris au dépourvu et comptant sur plus de complaisance médiatique, Lionel Tivoli réagit en disant « qu’il n’a rien vu » et nie avoir été ajouté à ce groupe de son plein gré. Une défense pour le moins incohérente, à l’heure où les cadres du RN sont supposés avoir fait le ménage parmi leurs casseroles.

Lionel Tivoli n’a pas dénoncé les propos de ce groupe, comme il est pourtant censé le faire au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. Un élu, par la loi, a l’obligation de signaler tout propos raciste ou appel à la haine dont il a connaissance. Ne pas agir, c’est déjà se rendre complice.

Pour aller plus loin : Aurélie Delwarte, suppléante du député Pierre Meurin (RN) et candidate aux municipales, affiche ses convictions pétainistes

« Grasse est gangrénée par la racaille arabo-musulmane » – Un racisme organisé et assumé En témoigne une seconde révélation des Jours, cette fois concernant la boucle WhatsApp du candidat RN de Grasse, Jean-Paul Camerano.

« Grasse est gangrenée par la racaille arabo-musulmane », « Il faut que Jean-Paul gagne ou sinon prochaine élections 2031 ça sera un musulman maire de Grasse comme à New York », « Virer tous les musulmans et les voilées avec leurs ribambelles de mioches qui envahissent notre ville » peut-on par exemple lire dans ce groupe.

Une fois encore, Lionel Tivoli fait partie de ce groupe, ainsi que son suppléant Andrea Orabona (également tête de liste pour les municipales à Conségudes), et le candidat tête de liste RN à Grasse, Jean-Paul Camerano.

Ce nouveau cas montre bien que le racisme, au RN des Alpes-Maritimes en particulier, n’est pas un cas isolé : c’est un système, dans lequel les cadres du parti sont impliqués, et qui prospère sous leur laissez-faire.

Complicités locales et banalisation politique Ce système reste en place avec la complicité d’acteurs locaux bien au-delà du RN : les médias d’abord, qui s’en tiennent à un rôle de rapporteur de la parole. Citons par exemple Nice-Matin, qui dans son article au sujet de Lionel Tivoli, conclut sur une citation du député incriminant directement Leïla Tonnerre, ex-candidate NFP face à lui et actuelle tête de liste à Grasse, en la traitant de « communautariste affirmée ».

Le rôle d’un journaliste n’est-il pas de rapporter uniquement les propos étayés et basés sur des faits, plutôt que les insultes et la diffamation, d’autant plus lorsque ceux-ci relèvent encore de son racisme ?

Le silence des autres responsables politiques locaux en dit également long sur la sérénité avec laquelle le racisme sévit dans les Alpes-Maritimes. Aucun des candidats à la mairie de Grasse, si ce n’est Leïla Tonnerre, via LFI06, ne s’est élevé contre les propos rapportés dans le groupe WhatsApp. Rien d’étonnant concernant le maire sortant de Grasse, Jérôme Viaud (LR), soutien de Bruno Retailleau, qui s’est fait élire en 2014 avec le désistement du candidat RN de l’époque.

Rappelons enfin que lorsque la France insoumise, aux côtés du collectif Contre-Attaque antiraciste 06, ont organisé deux marches de soutien à la famille Amorrich, victime de racisme à Grasse, les responsables RN locaux ont été les premiers à en demander l’annulation, au motif qu’elle constituerait un potentiel « trouble à l’ordre public », puisque le député présent – Raphaël Arnault – avait prévu de se venir en soutien à la seconde marche.

À l’approche des élections municipales, il est essentiel de rappeler que ce sont bien la France insoumise et ses alliés, dans la rue et dans les urnes, qui constituent le dernier rempart à un climat où les idées racistes et d’extrême droite se répandent avec toujours plus de décomplexion.


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