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Cher.e.s ami.e.s
Par ce courrier, je vous informe de ma décision de démissionner du parti Les Écologistes, ainsi que de mes fonctions de présidente du Conseil fédéral.
Ce choix n’a pas été pris à la légère. Il est l’aboutissement d’un constat amer mais impossible à ignorer : je ne peux plus rester dans le parti qu’est devenu Les Écologistes.
Mon premier point de rupture a été de partir seuls aux Européennes alors que La France insoumise nous proposait de conduire la liste d’union, ce qui a eu pour conséquence de placer Bardella en tête devant l’ensemble de la gauche et de précipiter la dissolution. Loin d’être une erreur de parcours, un accord national a ensuite été signé avec le Parti socialiste ; pire encore, nous jouons aujourd’hui la primaire présidentielle pendant ce scrutin majeur pour nous, en prenant le risque réel de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Nous retombons dans une logique consistant à vouloir exister à tout prix.
Rappelons que le Parti socialiste s’est éloigné du programme du NFP en accompagnant les gouvernements Bayrou puis Lecornu, notamment par le vote du PLFSS et le refus de la censure. C’est aussi un parti qui soutient des orientations incompatibles avec l’écologie politique, qu’il s’agisse de projets d’infrastructures climaticides comme l’A69 ou d’un soutien assumé au nucléaire. Malgré cela, nous choisissons de lui emboîter le pas et d’en faire un partenaire privilégié. Si cette orientation convient sans doute à Yannick Jadot, je ne peux, pour ma part, rester dans un parti qui accepte d’osciller sur cette ligne dans l’espoir de capter l’électorat du centre.
Pour illustrer cela, au niveau local, je milite dans une ville, Montpellier, où la tête de liste préfère faire gagner la partie la plus à droite du Parti socialiste en France plutôt que d’envisager un accord avec La France insoumise, pourtant très forte électoralement et avec laquelle nous partageons des bases programmatiques communes. Je suis dans une ville où les écologistes préfèrent nous humilier en se battant pour un vélo cargo et faire la une de la presse plutôt que de combattre intelligemment nos adversaires politiques ou de construire des alliances solides avec nos partenaires. Je suis dans une ville sacrifiée sur l’autel des congrès, où la direction nationale privilégie le système de cartes d’adhésion au détriment de la compétence et de l’intelligence collective — comme malheureusement dans d’autres villes.
Partout en France, nous subissons un écolo-bashing croissant, nourri par une confusion politique persistante et par des mises en scène médiatiques qui nous ridiculisent. L’écologie a trop souvent été assimilée à des politiques néolibérales et technocratiques, déconnectées des réalités sociales. En acceptant cette confusion, en ne la combattant pas clairement, nous affaiblissons notre propre projet.
Mon engagement est pour une écologie résolument de gauche. Il l’a toujours été. Et puisque la direction des Écologistes aujourd’hui s’engage durablement dans une voie qui n’est pas la mienne, je n’ai d’autre choix que de partir.
Je reste profondément attachée à l’écologie politique et aux combats qu’elle porte. J’espère sincèrement que nous nous retrouverons demain dans un cadre clair pour défendre nos valeurs.
Bien à vous,
Julia
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