Des instances nationales et un RN structurellement racistes et antisémites

mercredi 24 décembre 2025.
 

C’est un épisode souvent passé sous le tapis : Alain Soral a bien été membre du comité central du Front National, de 2007 à 2009, malgré les déjà nombreuses condamnations de Soral pour ses propos antisémites. Mais les liens entre Soral et FN existaient déjà, comme en 2006 ou le même Soral poussait la chansonnette avec… Marine Le Pen. Deux ans après son départ du FN, Soral se rend en Syrie, en soutien à Bachar Al-Assad, accompagné de cadres du FN et du GUD (groupuscule fasciste très lié aux lepénistes), en 2011.

Le député du Var Frédéric Boccaletti a aussi compté parmi les membres d’E&R. Pas étonnant quand on connaît son parcours, notamment en tant que patron d’une librairie négationniste : dans la droite lignée du maître, en somme. Malgré ses affaires et adhésions antisémites, Boccaletti a été investi par le RN aux municipales à Six-Fours-Les-Plages (Var), et siège encore au Conseil National du parti.

À l’instar d’un autre poids lourd du parti, Bruno Gollnisch. Au congrès du FN de 2011, il était candidat contre Marine Le Pen pour récupérer la présidence du parti, et incarnait le FN « à l’ancienne ». Qu’attendre de plus d’un compagnon d’armes de Jean-Marie Le Pen ? Déjà à l’époque, Gollnisch était connu pour ses frasques antisémites et négationnistes, et poursuit sur sa lancée les années suivantes. Quand il ne rend pas hommage au négationniste Faurisson, il se rend à des événements internes du mouvement soralien E&R. Il est, à ce jour, toujours membre du Conseil National du RN.

Le directeur de cabinet de Bardella aussi embourbé

Parmi les fichiers de membres d’E&R retrouvés par Mediapart apparaît le nom de François Paradol, directeur de cabinet de Jordan Bardella. L’intéressé ne nie pas, et plaide l’ancienneté de son engagement soralien, et dénonce les « dérives » du mouvement d’Alain Soral. Faut-il comprendre que cette mouvance ait un jour été « acceptable » pour lui (malgré les premières condamnations de Soral pour ses propos antisémites dès 2008), avant de subir des « dérives » dans les années 2010 ?

Évidemment, l’argument ne tient pas la route, surtout au vu du CV de Paradol. Il a en effet travaillé dans les années 2010 pour la société de communication e-politic, gérée par d’anciens chefs du GUD. D’un fascisme l’autre, en somme.

C’est qu’ils sont nombreux les attachés parlementaires du RN, passés par des groupuscules d’extrême droite racistes et/ou violents. Comme le poisson pourrit par la tête, l’équipe de Jordan Bardella et les instances nationales du parti sont concernées en premier lieu.

Par Alexis Poyard


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