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Faure/Macron. La girouette socialiste a fini de tourner et elle regarde maintenant droit vers l’Élysée et l’oligarchie financière. Hier matin sur le plateau de BFMTV, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a annoncé qu’il demandera à son groupe parlementaire de voter pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le vote doit avoir lieu à l’Assemblée nationale, ce mardi 9 décembre 2025.
La conséquence est évidente. Un vote pour l’un des budgets annuels marque une participation à la coalition gouvernementale. Par cette décision, la direction du Parti socialiste entérine donc son changement d’alliance, en passant du NFP à la macronie. En acceptant, entre autres, des coupes de 5 à 6 milliards d’euros dans le budget de l’hôpital et de la Santé, des baisses de remboursements pour 1,5 million de diabétiques ou une hausse du prix des mutuelles, le Parti socialiste acte son ralliement à la majorité d’Emmanuel Macron. Parmi les conséquences directes pour la population, la perte de 315 euros par an pour 1,5 million de diabétiques. Notre article.
« Devant mon groupe, je plaiderai le fait que nous votions pour ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale ». Ces mots sont ceux d’Olivier Faure, prononcés ce lundi 8 décembre au micro d’Apolline de Malherbe. Depuis se succèdent sur tous les plateaux de télévision les traîtres socialistes venus expliquer combien le vote du budget de la Sécurité sociale de Sébastien Lecornu serait une victoire pour des millions de Français.
Si le Parti socialiste appelle « victoire » des coupes de 5 à 6 milliards d’euros sur la santé et l’hôpital, la hausse des prix des mutuelles, la baisse des remboursements pour 1,5 million de diabétiques de type 2 à qui le Gouvernement va prendre 500 millions d’euros, ou encore la limitation des arrêts maladie à 30 jours et de nouvelles restrictions sur leurs renouvellements, alors oui, cela est une victoire. Une victoire éclatante même.
Ce n’est pas vraiment ce que LFI, les autres partis de Gauche, les syndicats, ce que les collectifs d’usagers des services publics, ce que les professionnels de santé ou ce que les universitaires appellent une victoire.
Car les coupes à la tronçonneuse contenues dans ce texte se traduiront très concrètement par la mort de plusieurs milliers de personnes dans les couloirs des hôpitaux, par la vacance de plus de 15 000 postes d’infirmiers et d’infirmières dans le pays, par des heures supplémentaires non-payées de plusieurs milliers de soignants, par la hausse du reste à charge des traitements et médicaments pour les malades et par tant d’autres horreurs.
Pour se justifier, le Parti socialiste met notamment en avant son prétendu gain d’une suspension de la réforme des retraites, en réalité décalage de trois mois de son application pour une poignée de Françaises et de Français compensée par la sous-indexation des pensions de retraites pour toutes et tous. Curieuse victoire, donc, que celle qui consiste à se couper neuf doigts pour sauver le dixième.
En 2024, au moment des élections législatives anticipées, le Parti socialiste apposait sa signature sur le programme du Nouveau Front Populaire. Il prenait ce faisant l’engagement, devant ses électrices et ses électeurs, de défendre un projet portant haut la lutte contre la casse sociale orchestrée depuis bientôt 10 ans par Emmanuel Macron, et le renforcement des services publics, au premier rang desquels ceux de l’hôpital et de la santé.
Depuis, le Parti d’Olivier Faure renoue avec ce qui a toujours été son histoire : le glissement vers l’oligarchie financière. Dès les premières minutes suivant leur élection, nombreux étaient déjà les députés socialistes à fouler aux pieds le programme sur lequel ils avaient été élus, et avec lui les millions d’électrices et d’électeurs du Nouveau Front Populaire.
Jusqu’à aujourd’hui se sont ainsi succédé les trahisons de toutes sortes, entre multiples sauvetages du gouvernement par le refus du Parti à la rose de voter la censure, et petites magouilles de couloirs pour entériner l’application de la réforme des retraites à 64 ans par peur d’une dissolution qui verrait les socialistes devoir assumer le poids de leur duplicité.
Pour sauver sa peau et acter des coupes à la tronçonneuse qui ne le dérangent finalement pas tant que cela, le Parti socialiste décide maintenant d’officialiser son ralliement à la Macronie.
En annonçant le vote du budget de la Sécurité sociale et de ses horreurs, Olivier Faure assume (enfin) son changement d’alliance. Vote symbolique s’il en est, le vote d’un budget ne peut être analysé autrement que comme un ralliement. De même, il ne doit pas être oublié que si le budget Lecornu est arrivé jusqu’ici, c’est seulement parce que les socialistes se sont opposés obstinément à la censure au cours des derniers mois.
Il est désormais clair que la seule obsession du Parti socialiste est de garder ses sièges à l’Assemblée. Parce qu’ils savent que les électeurs sont conscients de leur trahison, ils ont peur d’une dissolution qui les forcerait à retourner aux urnes. Alors, ils sont prêts à un carnage de la Santé et de l’hôpital qui aura des conséquences néfastes directes sur la vie et la mort de millions de gens.
Pendant ce temps, la France insoumise tient la barre et refuse comme toujours la moindre compromission avec la Macronie et ses supplétifs. Les députés insoumis voteront bien sûr contre le budget d’horreur porté par le duo Faure-Lecornu, et déposeront une nouvelle motion de censure en fonction du résultat et des conséquences du scrutin. Plus que jamais, le peuple de gauche sait sur qui il peut compter.
Par Eliot Martello-Hillmeyer
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