Les colons juifs violents d’Israël ne sont ni des marginaux ni une poignée

mardi 25 novembre 2025.
 

Ils ne sont en réalité qu’une minorité, quelques dizaines de colons juifs qui détruisent les oliveraies, s’en prennent aux cueilleurs, incendient les maisons, les voitures et les mosquées et chassent les villageois de leurs maisons, mais leur bilan est impressionnant.

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Ils commettent en moyenne plus de deux attaques par jour, selon les calculs de l’armée ; plus de huit par jour en octobre ; plus de quatre par jour entre le 4 et le 10 novembre, selon une étude minutieuse du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, et environ 15 par jour selon les données transmises au Département des négociations de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)

Contrairement à celle de l’agence des Nations unies, la liste de ce dernier ne comprend pas uniquement les incidents qui ont causé des victimes, le vol d’olives et le sciage de branches. En effet, pour les Palestiniens, même le passage menaçant de quelques Israéliens armés et masqués, avec un troupeau de vaches et un véhicule tout-terrain, vers une source, un bosquet ou un campement de tentes palestiniens, ou aux abords des maisons à la périphérie d’un village, constitue une agression terrorisante.

Le but, comme celui des attaques sanglantes, est de faire fuir les gens de leurs terres pour y installer la prochaine fière colonie juive.

Dire qu’il s’agit là de cas marginaux et exceptionnels est un mensonge flagrant : une poignée de voyous n’auraient pas pu déplacer près de soixante communautés palestiniennes depuis 2022, selon l’organisation Kerem Navot, dont quarante-quatre depuis octobre 2023, selon B’Tselem. Quelques éléments séditieux n’auraient pas pu prendre le contrôle, à eux seuls, d’environ 200 000 acres de terres en Cisjordanie dès la fin de l’année 2024, selon une étude réalisée par Kerem Navot et Peace Now.

Car enfin, il existe des organisations qui ont acheté des troupeaux de vaches et de moutons et les ont distribués aux jeunes couples qui ont gravi la montagne afin de s’y installer. Certaines institutions assurent les infrastructures et la sécurité. Le gouvernement fournit des quads et des drones, la police échoue régulièrement à localiser les suspects et l’armée arme les habitants des avant-postes et les protège lors de leurs descentes dans les villages avoisinants.

Si l’on parle soudainement de quelques brebis galeuses, c’est parce que certaines chaînes de télévision sont sorties de leur silence et ont diffusé un petit échantillon des vidéos de violences juives qui circulent librement sur les réseaux sociaux. Ce goût passager du sensationnel, c’est donc celui que l’on ressent lorsque l’on veut se duper soi-même.

Il s’agit d’un processus de violence organisée et calculée qui a commencé dans la seconde moitié des années 1990 et s’est intensifié au cours des années 2000. Des avant-postes de colonies ont été fréquemment établis, générant des cycles de violence contre les Palestinien.ne.s. Pour éviter les « frictions », l’armée a empêché et empêche toujours les propriétaires légaux et les cultivateurs de ces terres d’y accéder.

Les avant-postes se sont développés. Certains d’entre eux sont déjà devenus des quartiers de colonies existantes dans lesquels les populations israéliennes sont invitées à acheter des maisons individuelles « de caractère ». Et cela continue sans relâche, suivant une trajectoire ascendante qui a atteint son apogée sous le gouvernement actuel. Cette supposée poignée de personnes réussit parce que sa violence sert les objectifs officiels. Ce n’est que si les citoyen.ne.s israélien.ne.s la désavouent que cette « poignée » d’émeutiers pourra être arrêtée.

Editorial de Haaretz

L’article ci-dessus constitue l’éditorial central du journal Haaretz, tel que publié dans les éditions hébraïque et anglaise du journal en Israël.

Source - Haaretz, Vendredi 14 novembre 2025 :


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