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Le 9 novembre 2025, lors de l’émission « Questions politiques » sur France Inter, la journaliste Alix Bouilhaguet a interrogé Manuel Bompard sur Zohran Mamdani, élu new-yorkais démocrate. Cet entretien, censé informer les auditeurs d’un service public, a révélé une dérive inquiétante : l’affirmation répétée de mensonges factuels, facilement vérifiables, au service d’un narratif partisan.
Le 9 novembre 2025, lors de l’émission « Questions politiques » sur France Inter, la journaliste Alix Bouilhaguet a interrogé Manuel Bompard sur Zohran Mamdani, élu new-yorkais démocrate. Cet entretien, censé informer les auditeurs d’un service public, a révélé une dérive inquiétante : l’affirmation répétée de mensonges factuels, facilement vérifiables, au service d’un narratif partisan. Loin d’être un simple dérapage, cette séquence illustre une normalisation dangereuse de la désinformation sur les ondes publiques.
Alix Bouilhaguet affirme avec insistance que Zohran Mamdani « a repris à son compte » le slogan « mondialiser l’intifada ». Elle insiste : « Si, si, il l’a utilisé ». Cette affirmation est fausse. Mamdani n’a jamais utilisé ce slogan ; il a refusé de le condamner tout en précisant qu’il en découragerait l’usage. La distinction est fondamentale : transformer un refus de condamnation en adhésion active relève de la manipulation rhétorique, pas du journalisme. Cette confusion volontaire permet de construire un épouvantail plus facile à attaquer qu’une position nuancée.
Par ailleurs, Bouilhaguet présente l’interprétation du slogan comme univoque : « faire la guerre aux juifs partout dans le monde ». Pourtant, ce slogan fait l’objet d’interprétations opposées : ses défenseurs y voient un appel à étendre la résistance contre l’oppression palestinienne, tandis que ses critiques le considèrent comme un appel à la violence contre les Juifs. Présenter une lecture controversée comme une évidence factuelle constitue une distorsion délibérée du débat public.
« Quand on lui demande de condamner le 7 octobre, et bien souvent, il botte en touche », assène Bouilhaguet. Là encore, les faits contredisent frontalement cette affirmation. Zohran Mamdani a publiquement déclaré : « Il y a deux ans aujourd’hui, le Hamas a commis un crime de guerre horrible, tuant plus de 1 100 Israéliens et en kidnappant 250 autres. Je pleure ces vies et prie pour le retour en sécurité de chaque otage ». Cette condamnation explicite rend l’accusation de Bouilhaguet non seulement fausse, mais diffamatoire. Prétendre qu’un homme « botte en touche » alors qu’il a publiquement qualifié l’attaque de « crime de guerre horrible » révèle d’une volonté délibérée de tromper.
Dernier mensonge de la séquence : « L’UNRWA est une agence onusienne qui est accusée de collusion avec le Hamas ». Bouilhaguet présente cette accusation comme un fait établi, omettant la conclusion d’une commission indépendante de l’ONU qui, après neuf semaines d’enquête en 2024, a affirmé n’avoir « décelé aucun lien direct entre l’UNRWA et le Hamas » en tant qu’organisation. Transformer une accusation non fondée en vérité journalistique, c’est précisément la méthode des campagnes de désinformation : répéter une allégation jusqu’à ce qu’elle acquière, par sa seule répétition, une apparence de légitimité.
Ce qui rend cette séquence particulièrement grave, c’est qu’elle a lieu sur France Inter, radio du service public financée par les contribuables. On s’était habitué à ce genre de traitement partisan et de raccourcis mensongers sur CNews, où le journalisme a cédé la place à l’éditorialisme haineux. Mais voir reproduites ces méthodes sur une antenne censée incarner la rigueur et l’impartialité marque un franchissement de ligne inacceptable. Quand un journaliste du service public multiplie les affirmations factuellement fausses pour discréditer un invité politique, il ne remplit plus sa mission d’information : il mène une campagne de désinformation subventionnée par l’impôt.
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