PLFSS : un budget de casse et de classe

jeudi 6 novembre 2025.
 

Emmanuel Macron ne manque jamais d’en revendiquer l’esprit, comme lorsqu’il s’est approprié son acronyme avec le Conseil national de la refondation (souvenez-vous c’était la énième formule de sa « nouvelle méthode » après le Grand débat et avant le « conclave »). En réalité, ses gouvernements successifs mènent une bataille acharnée contre l’héritage du Conseil national de la Résistance. 80 ans après la création de la Sécurité sociale, l’exécutif mené par Sébastien Lecornu se surpasse avec le pire projet de financement jamais proposé.

Sous couvert de concessions comme la « suspension » de la réforme des retraites ou le renoncement éventuel au gel des pensions ou minima sociaux, ce sont des milliards d’économies sur la santé qui y sont inscrits, un financement de l’hôpital encore ratiboisé alors que la crise est telle que les urgences de Caen, par exemple, ne peuvent même plus accueillir leurs internes. Sans compter le doublement des franchises médicales ou la traque aux malades pour économiser sur les arrêts compter…

L’exécutif a beau jeu de promettre et écouter compromis, Emmanuel Macron - comme souvent - livre le fin mot de l’affaire. « On ne grandit pas un pays en attaquant ses champions », a déclaré hier le président, plus jupitérien que jamais. Ou dans la stratosphère à tout le moins, tant son propos résonne comme l’espoir de nous faire encore croire au ruissellement des cadeaux faits aux plus riches et à grandes leurs entreprises jusqu’au commun des mortels. Depuis 2017 on n’en a pas vu l’ombre du début du commencement. Et c’est justement la rupture avec cette logique qui est attendue. Sur le budget de l’État comme sur celui de la Sécu.

Julia Hamlaoui, L’Humanité


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