La flottille pour Gaza, partiellement interceptée par Israël, dit poursuivre sa route

jeudi 2 octobre 2025.
 

L’armée israélienne a stoppé « plusieurs navires » de la flottille pour Gaza ce mercredi 1er octobre au soir, après avoir sommé les participants de changer de cap. Paris a confirmé que le convoi humanitaire avait été arraisonné par Israël.

Le porte-parole de la flottille, Saif Abukeshek, a fait état de 13 bateaux interceptés, transportant 200 personnes au total. La flottille Global Sumud (« résilience » en arabe) a assuré sur X dans la nuit que « 30 bateaux continuent leur route vers Gaza, et se trouvent à 46 milles nautiques (85 km) malgré les agressions incessantes » de la marine israélienne. « Ils sont déterminés. Ils sont motivés et font tout ce qui est en leur pouvoir pour briser le blocus tôt ce matin », a dit Saif Abukeshek.

La flottille a dénoncé « une attaque illégale contre des humanitaires non armés » et appelé « les gouvernements, les dirigeants mondiaux et les institutions internationales à exiger la sécurité et la libération de toutes les personnes à bord ».

« La France appelle les autorités israéliennes à assurer la sécurité des participants, à leur garantir le droit à la protection consulaire, et à permettre leur retour en France dans les meilleurs délais », a déclaré sur X le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui avait « formellement déconseillé à tout ressortissant français de se rendre dans la zone ». Dans la foulée, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a violemment attaqué le ministre des Affaires étrangères, estimant qu’il donnait « raison à Netanyahu » et faisait « honte à notre pays ».

« Sains et saufs »

Le ministère des Affaires étrangères israélien a indiqué, de son côté, sur X que « Greta et ses amis sont sains et saufs ». Un message assorti d’une courte vidéo montrant l’activiste suédoise Greta Thunberg en train de récupérer des effets personnels dont un chapeau à tête de grenouille, alors qu’elle est entourée par des hommes armés.

L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, présente à bord de la flottille, a pour sa part accusé Israël d’avoir arrêté « illégalement » et « arbitrairement » des « centaines » de personnes.

Lancée à partir de l’Espagne début septembre, la Global Sumud Flotilla (« sumud » signifie « résilience » en arabe), qui se présente comme une « mission pacifique et non violente d’aide humanitaire », compte environ 45 bateaux avec des centaines de militants propalestiniens originaires de plus de 40 pays.

La flottille faisait route en mer Méditerranée au large de l’Égypte et s’approchait des côtes de la bande de Gaza, lorsqu’Israël a envoyé un message d’avertissement. « La Marine israélienne a pris contact avec la flottille Hamas-Sumud et leur a demandé de changer de cap », avait ainsi déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères, avant l’intervention de l’armée. « Israël a informé la flottille qu’elle approche d’une zone de combat active et qu’elle viole un blocus naval légal. Israël a réitéré l’offre de transférer toute aide de manière pacifique par des canaux sécurisés vers Gaza », avait-il ajouté.

Les militants participant à cette opération ont expliqué avoir été « encerclés par des navires de guerre israéliens », selon plusieurs communiqués et des déclarations sur Instagram. L’élue française Marie Mesmeur et la députée européenne Rima Hassan ont notamment annoncé l’interception de leurs bateaux.

« Intimidation »

La Global Sumud se trouvait au coeur « de la zone à haut risque », où la marine israélienne avait intercepté deux voiliers d’aide humanitaire, le Madleen et le Handala en juin et juillet derniers.

Le petit-fils de Nelson Mandela et ex-député sud-africain Mandla Mandela, la militante suédoise Greta Thunberg, la députée européenne franco-palestiniennne Rima Hassan et l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau participaient à cette action destinée « à briser le blocus de Gaza » et fournir « une aide humanitaire à une population assiégée confrontée à la famine et au génocide ».

Les organisateurs avaient affirmé mercredi matin qu’ils poursuivraient leur route vers Gaza, après avoir accusé Israël de « tactiques d’intimidation ». Mercredi à l’aube, un navire de guerre israélien avait fait des cercles « pendant plusieurs minutes » autour de l’un des principaux bateaux, Alma, selon un communiqué de Global Sumud.

Eva Craine avec AFP


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