![]() |
Qu’est-ce que l’ Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
À l’occasion du 80ème anniversaire de la défaite du fascisme international et de la fin de la seconde guerre mondiale célébrés à Pékin le 3 septembre 2025, il nous a semblé opportun d’apporter des informations sur l’OCS qui est une organisation peu connue de nos concitoyens.
Préambule.
Rappelons pour mémoire que les deux pays capitalistes fascistes Allemagne et Japon ont provoqué une guerre mondiale totalisant 60 millions de morts. Les deux pays des BRICS actuels : Russie et Chine ont totalisé à eux deux 27 + 20 = 47 millions de morts soit 78,3 % du total. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France réunit ont totalisé 1,450 millions de morts soit 2,4 % du total. La disproportion entre ces deux chiffres et des causes économiques du fascisme doivent être l’objet d’une « méditation historique ».
1 – présentation de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS)
IntroductionL’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) est une organisation intergouvernementale régionale qui joue un rôle clé dans la coopération politique, Jean économique et sécuritaire en Eurasie. Créée pour répondre à des enjeux régionaux et mondiaux, elle est devenue un acteur majeur dans la géopolitique mondiale, souvent perçue comme un contrepoids à l’influence occidentale. Cet exposé détaille son histoire, ses objectifs, ses membres, ses rôles et son impact.1. Date et lieu de créationL’OCS a été officiellement fondée le 15 juin 2001 à Shanghai, en Chine, à travers la signature de la Déclaration sur la création de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Elle succède au Groupe de Shanghai (ou « Shanghai Five »), créé en 1996, qui réunissait déjà plusieurs pays pour renforcer la confiance et la coopération dans les régions frontalières.
2. Motifs de la créationL’OCS a été établie dans un contexte post-Guerre froide, après la chute de l’URSS, qui a entraîné une recomposition géopolitique en Asie centrale. Les principaux motifs de sa création incluent :Sécurité régionale : Lutter contre les « trois forces du mal » : le terrorisme, le séparatisme ethnique et l’extrémisme religieux, notamment dans la région centrasiatique.
Stabilité géopolitique : Régler les différends frontaliers, en particulier entre la Chine et les anciennes républiques soviétiques, tout en renforçant la confiance mutuelle.
Coopération économique : Promouvoir le développement économique et commercial, notamment via des projets énergétiques et d’infrastructures, comme l’initiative chinoise des « Nouvelles routes de la soie ».
Contrepoids à l’influence occidentale : Créer un bloc régional capable de concurrencer les organisations dominées par les États-Unis et l’Europe, en promouvant un ordre mondial multipolaire.
3. Membres fondateursL’OCS a été fondée par six pays :Chine Russie Kazakhstan Kirghizistan Tadjikistan Ouzbékistan Ces pays, à l’exception de l’Ouzbékistan, faisaient partie du Groupe de Shanghai depuis 1996. L’Ouzbékistan a rejoint l’organisation en 2001, marquant la transition du Groupe de Shanghai vers l’OCS.
4. Membres actuelsDepuis sa création, l’OCS s’est élargie pour inclure de nouveaux membres. En 2025, l’organisation compte dix États membres :Chine Russie Kazakhstan Kirghizistan Tadjikistan Ouzbékistan Inde (adhésion en 2017) Pakistan (adhésion en 2017) Iran (membre à part entière depuis juillet 2023, après un statut d’observateur depuis 2005) Bélarus (adhésion en juillet 2024)
En outre, l’OCS comprend :États observateurs : Afghanistan, Mongolie.
Partenaires de dialogue : Arménie, Azerbaïdjan, Cambodge, Népal, Sri Lanka, Turquie, Égypte, Qatar, Arabie saoudite, entre autres (le nombre de partenaires est passé de 6 à 14 entre 2022 et 2023).
L’OCS représente environ 60 % du territoire eurasiatique, 42 % de la population mondiale et 23 à 25 % du PIB mondial, ce qui en fait la plus grande organisation régionale en termes de portée géographique et démographique.
5. Rôles et objectifs de l’OCSL’OCS joue plusieurs rôles, couvrant des domaines variés :Sécurité et lutte contre le terrorisme : L’organisation met l’accent sur la coopération sécuritaire, notamment via la Structure régionale anti-terroriste (RATS) basée à Tachkent, en Ouzbékistan. La RATS coordonne les efforts contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, avec des initiatives comme des exercices militaires conjoints (ex. : « Mission pacifique » ou « Joint Sea »). En 2017, elle revendiquait avoir déjoué 600 complots terroristes et extradé 500 terroristes.
Coopération militaire : Les membres, en particulier la Russie et la Chine, organisent régulièrement des manœuvres militaires pour renforcer leurs capacités et afficher leur puissance face à l’Occident. Par exemple, les exercices « Joint Sea » ont lieu chaque année depuis 2012.
Coopération économique : L’OCS promeut des projets économiques, comme l’Unité interbancaire de l’OCS et le Conseil des affaires, pour financer des initiatives dans l’énergie, les transports et l’économie numérique. Elle soutient également l’initiative chinoise « Belt and Road » (Nouvelles routes de la soie).
Diplomatie et influence géopolitique : L’OCS sert de plateforme pour coordonner les positions des membres sur des questions internationales, promouvant un ordre mondial multipolaire et contestant l’hégémonie occidentale. Elle a acquis un statut d’observateur à l’Assemblée générale des Nations unies depuis 2004.
Coopération culturelle et éducative : L’OCS organise des festivals culturels, des expositions et des programmes d’échanges étudiants (ex. : SCO University). Elle met en avant la diversité culturelle et le patrimoine de ses membres, qui représentent 20 % des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.
6. Fonctionnement et structureL’OCS fonctionne sur un modèle intergouvernemental, sans structure permanente comparable à l’OTAN ou à l’Union européenne. Ses principales instances sont :Conseil des chefs d’État : Organe suprême, se réunissant annuellement pour définir les priorités. Conseil des chefs de gouvernement : Réunit les premiers ministres pour discuter des questions économiques. Conseil des ministres des Affaires étrangères : Prépare les sommets. Secrétariat : Basé à Pékin, il assure la coordination administrative. Structure régionale anti-terroriste (RATS) : Basée à Tachkent, elle se concentre sur la sécurité.
Les langues officielles sont le chinois et le russe. Les sommets annuels se tiennent dans les pays membres, suivant l’ordre alphabétique russe des noms des États.
7. Il existe évidemment de divergence d’intérêts sur certaines questions entre les membres de l’OCS qui s’expliquent notamment par des trajectoires historiques très différentes mais les dirigeants de cette organisation mettent tout en œuvre pour que les dissensions soient traité dans un esprit de coopération constructive et non dans la défiance et la compétition à outrance. Voici deux exemples récents qui illustrent les efforts des membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) pour régler leurs divergences ou tensions dans un esprit constructif de coopération :Accord sino-indien sur les patrouilles frontalières (octobre 2024) : En marge du sommet des BRICS à Kazan (Russie) en octobre 2024, la Chine et l’Inde ont conclu un accord pour coordonner leurs patrouilles le long de leur frontière himalayenne contestée, dans la région du Ladakh. Cet accord vise à désamorcer les tensions qui persistent depuis les affrontements meurtriers de 2020, marquant une volonté de réduire les risques de confrontation militaire. Cet effort de coopération, facilité par le cadre de l’OCS, reflète une tentative de stabiliser les relations bilatérales entre ces deux puissances nucléaires, malgré leurs rivalités historiques.
Résolution du différend frontalier entre le Kirghizistan et le Tadjikistan (décembre 2024) : En décembre 2024, le Kirghizistan et le Tadjikistan ont signé un accord pour résoudre leur dernier différend frontalier, un conflit de longue date remontant à la chute de l’URSS. Ce différend, qui avait entraîné des affrontements armés en 2022 faisant 94 morts, a été réglé dans le cadre de discussions soutenues par l’OCS, mettant l’accent sur la stabilité régionale. Cet accord illustre l’engagement des membres à utiliser l’OCS comme plateforme pour apaiser les tensions et renforcer la coopération régionale.
Ces exemples montrent que, malgré les divergences entre membres, l’OCS sert de cadre pour des négociations constructives, notamment sur des questions de frontières et de sécurité, dans le but de promouvoir la stabilité et la coopération en Eurasie.
**
2 – les relations entre l’OCS et les BRICS
La relation entre l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est marquée par une forte interconnexion, tant sur le plan géopolitique qu’économique, avec des objectifs communs mais aussi des dynamiques distinctes. Voici une analyse détaillée de leur relation actuelle et des convergences futures possibles, basée sur les informations disponibles et une réflexion critique.Relation actuelle entre l’OCS et les BRICSChevauchement des membres :Trois pays des BRICS (Chine, Russie, Inde) sont des membres clés de l’OCS. Depuis l’élargissement des BRICS en 2023 (inclusion de l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Argentine, bien que cette dernière ait décliné), l’Iran est également devenu un membre commun aux deux groupements, renforçant les liens.
Ce chevauchement favorise une coordination stratégique, notamment entre la Chine et la Russie, qui jouent des rôles moteurs dans les deux organisations.
Objectifs géopolitiques communs :Contrepoids à l’Occident : L’OCS et les BRICS partagent une vision d’un ordre mondial multipolaire, cherchant à contrebalancer l’influence des États-Unis et de l’Union européenne. L’OCS, en particulier, s’est imposée comme une plateforme anti-hégémonique, tandis que les BRICS promeuvent une alternative économique et financière, notamment via la Nouvelle Banque de Développement (NDB).
Souveraineté et non-alignement : Les deux organisations mettent l’accent sur le respect de la souveraineté nationale et rejettent les interventions occidentales, perçues comme déstabilisatrices (ex. : Irak, Syrie).
Différences de portée et de focus :OCS : Principalement axée sur la sécurité régionale (lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme) et la coopération économique en Eurasie, l’OCS couvre environ 60 % de l’Eurasie et 42 % de la population mondiale. Elle intègre des projets comme les Nouvelles Routes de la Soie (BRI) et des initiatives de connectivité régionale.
BRICS : Plus global, le groupe se concentre sur la coopération économique et financière, avec des ambitions comme la dédollarisation (commerce en monnaies locales) et la création d’alternatives aux institutions financières occidentales (Banque mondiale, FMI).
Bien que complémentaires, l’OCS est plus régionale (Eurasie) et sécuritaire, tandis que les BRICS ont une portée mondiale et économique.
Coopération économique et stratégique :Les BRICS et l’OCS se renforcent mutuellement via des initiatives comme la BRI, soutenue par l’OCS pour les infrastructures en Asie centrale, et la NDB, qui finance des projets dans les pays BRICS.
Des forums comme l’OCS+ (initié en 2020) intègrent des pays BRICS et des partenaires de l’OCS, favorisant des discussions économiques et politiques élargies.
Cependant, l’OCS n’a pas encore réussi à créer sa propre banque de développement, contrairement aux BRICS avec la NDB, en raison de divergences internes.
Convergences futures possiblesÉlargissement et intégration accrue :L’OCS pourrait accueillir d’autres membres ou partenaires BRICS, comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, déjà partenaires de dialogue de l’OCS. La Turquie, qui aspire à une adhésion pleine à l’OCS, pourrait également renforcer les liens avec les BRICS, où elle montre un intérêt croissant.
Une intégration plus étroite entre les deux organisations pourrait se concrétiser via des forums conjoints ou des projets communs, comme l’OCS+ ou des sommets BRICS-OCS.
Dédollarisation et coopération financière :Les BRICS promeuvent activement le commerce en monnaies locales pour réduire la dépendance au dollar. L’OCS pourrait s’aligner sur cette stratégie en développant un système bancaire alternatif (ex. : un équivalent au SWIFT), comme proposé par certains membres.
Une banque de développement de l’OCS, si elle voit le jour, pourrait collaborer avec la NDB des BRICS pour financer des projets d’infrastructure, notamment dans le cadre de la BRI.
Coopération sécuritaire renforcée :L’OCS, avec sa Structure régionale antiterroriste (RATS), pourrait élargir ses exercices militaires conjoints (comme Peace Mission) pour inclure plus de pays BRICS, renforçant la coordination sécuritaire face aux menaces communes (terrorisme, instabilité régionale).
Une convergence sur des dossiers comme l’Afghanistan, où l’OCS joue un rôle stabilisateur, pourrait inclure des contributions financières ou logistiques des BRICS.
Ordre mondial multipolaire :Les deux organisations pourraient coordonner leurs efforts pour promouvoir un ordre mondial alternatif, en s’appuyant sur le concept de « Sud global ». Cela inclurait des initiatives diplomatiques pour contrer les sanctions occidentales et promouvoir des normes internationales non alignées sur l’Occident.
Par exemple, l’OCS pourrait soutenir les initiatives des BRICS pour réformer les institutions internationales (ONU, FMI) en faveur d’une gouvernance plus équitable.
Gestion des tensions internes :Pour que ces convergences se généralisent, l’OCS et les BRICS devront gérer les dissensions internes, notamment entre la Chine et l’Inde. Des efforts récents, comme l’accord frontalier sino-indien d’octobre 2024, montrent une volonté de désescalade, ce qui pourrait faciliter une coopération plus fluide.
Pressions occidentales : Les sanctions et la confrontation commerciale avec les États-Unis (ex. : taxes douanières de Trump sur la Chine et l’Inde) pourraient pousser les deux organisations à se rapprocher, mais elles risquent aussi de compliquer leur unité face à des pressions ciblées.
Les sanctions économiques contre la fédération de Russie, la menace de sanctions économiques pour d’autres pays et les taxes douanières américaines ont accéléré et renforcer l’unité de chacune de ces deux organisations ainsi que leur interrelation. Celles-ci se réfèrent à la souveraineté des états, le respect du droit international sous l’égide de l’ONU dont elles demandent une modification pour mieux tenir compte de la réalité géopolitique actuelle.
**
Émission sur l’OCS
Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
Géopolitique profonde. Placer le curseur de la vidéo à 1h58. Elle se termine à 3h05 https://geopolitique-profonde.com/v...
interview de Laurent Michelon auteur du livre : Comprendre la relation Chine-Occident : La super. Puissance réticente & l’hégémon isolé. L’éditeur du livr : pour la seconde édition augmentée, publiée en 2024, a été auto-éditée via TheBookEdition.com, une plateforme d’auto-édition en ligne.
Informations sur l’auteur, Laurent Michelon : • Profession : Entrepreneur français établi en Chine depuis plus de 20 ans, partageant son temps entre Hong Kong et Pékin. • Formation : Diplômé de l’IEP de Paris (Sciences Po) et de l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), où il a étudié le chinois. • Carrière : A travaillé dans la diplomatie culturelle française et pour des groupes de communication internationaux. Il développe actuellement des activités de conseil pour des sociétés européennes en Chine et des multinationales chinoises en Europe. • Expertise : Parle couramment le chinois et possède une solide expérience de la Chine, acquise à travers ses activités culturelles et commerciales. Il propose une analyse géopolitique dépassionnée, visant à contrer la désinformation médiatique occidentale sur la Chine. Son ouvrage, salué pour sa précision et son objectivité, examine les relations entre la Chine et l’Occident, dénonçant la propagande médiatique et proposant une vision équilibrée de la renaissance chinoise.
Présentation de son livre sur Culture populaire : https://www.youtube.com/watch?v=2-l... un
Hervé Debonrivage
| Date | Nom | Message |