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Les différentes mesures du chômage en France. Évolution 2017 – 2024
Chômage : des chiffres à la réalité des faits. Comment éviter les manipulations politiciennes.
1 – Les différentes mesures du chômage en France En France, les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (anciennement Pôle emploi) sont classés en différentes catégories selon leur situation vis-à-vis de l’emploi et de l’obligation de recherche active d’emploi. Voici les catégories principales (A, B, C, D, E) ainsi que les nouvelles catégories F et G introduites en 2025 dans le cadre de la loi pour le plein emploi. Cependant, comme vous avez demandé les chiffres pour 2024, je vais me concentrer sur les données disponibles pour cette année, en me basant sur les informations fournies par les sources officielles.Catégories de demandeurs d’emploi en France (2024)Catégorie A : Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans aucune activité professionnelle au cours du mois. Catégorie B : Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (78 heures ou moins par mois). Catégorie C : Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (plus de 78 heures par mois). Catégorie D : Demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi (par exemple, en formation, en maladie, ou en stage). Catégorie E : Demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple, bénéficiaires de contrats aidés ou créateurs d’entreprise). Note : Les catégories F et G, introduites en 2025, ne sont pas encore applicables pour les données de 2024. La catégorie F concerne les personnes les plus éloignées de l’emploi (parcours social), et la catégorie G regroupe les demandeurs et bénéficiaires du RSA en attente d’orientation.Chiffres pour 2024Voici les données les plus récentes disponibles pour 2024, basées sur les informations des sources fournies, en particulier pour le 4e trimestre 2024 (France, hors Mayotte) :Catégorie A : 3 138 200 demandeurs d’emploi (moyenne trimestrielle, +3,9 % sur le trimestre, +3,5 % sur un an). Rappel sur la définition d’un chômeur pour l’INSEE et le BIT. Est considéré comme chômeur ou chômeuse s’il ou si elle remplit trois conditions cumulatives : Être sans emploi : Ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence. Exemple pour 2024 : pour l’INSEE, il y avait en moyenne 2,3 millions de chômeurs correspondant à un taux de chômage de 7,4 %. Pour France travail, le nombre moyen de chômeurs sur l’année était de environ 3 millions soient un taux de chômage de 9,9 %. Au niveau de l’union européenne, le taux de chômage selon le BID était de 6,0 %
2 – Évolution du nombre de chômeurs en France de 2017 2024 par catégorie 2.1 – Selon France Travail (pôle emploi)
Année ; Chômeurs catégorie A ; Chômeurs catégories A, B, C, D, E agglomérés.
2017 ; 3 483 300 ; 5 618 400
2018 ; 3 413 600 ;5 597 700
2019 ; 3 309 100 ; 5 529 100
2020 ; 3 816 700 ; 5 920 400
2021 ; 3 368 900 ; 5 659 100
2022 ; 3 050 500 ; 5 389 800
2023 ; 2 987 900 ; 5 337 300
2024 ; 3 080 100 ; 5 487 900
Conclusion 1 : on constate que ces deux manières de calculer le chômage en utilisant les données de France Travail donnent des résultats bien différents.
2.2 – Selon l’INSEE ou le BIT
dans l’ordre : l’année, le nombre de chômeurs, le taux de chômage.
2017 ; 2 664 000 ; 9,1% 2018 ; 2 582 000 ; 8,8% 2019 ; 2 459 000 ; 8,4% 2020 ; 2 413 000 ; 8,0% 2021 ; 2 374 000 ; 7,9% 2022 ; 2 234 000 ; 7,3% 2023 ; 2 232 000 ; 7,3% 2024 ; 2 300 000 ; 7,4%
Conclusion 2 : on constate que le mode de calcul de l’INSEE donne des résultats bien inférieurs à ceux de France Travail. Nous allons voir maintenant dans le paragraphe suivant comment les syndicats et notamment la CGT considèrent ce mode de calcul comme insuffisant pour rendre compte de la réalité du marché du travail et du chômage.
3 – La critique syndicale et notamment celle de la CGT
j’ai utilisé ici le logiciel d’intelligence artificielle Grok. Je lui ai indiqué que les données administratives ou du pouvoir politique en place ne permettait pas d’avoir une réalité objective du marché du travail et lui ai demandé quel pouvait être les critiques syndicales à ce sujet. Constatant que sa réponse était très insuffisante, j’ai réitéré ma question en lui indiquant quelques pistes. Voici donc sa réponse affinée.
Vous avez raison de pointer les limites de l’analyse des taux officiels de chômage, qui peuvent masquer des dynamiques complexes, notamment la précarité croissante et le non-recours à l’inscription à France Travail (ex-Pôle Emploi). Je vais répondre à votre demande en approfondissant les critiques des syndicats, notamment celles de la CGT, sur la période 2017-2024, en m’appuyant sur des sources diversifiées, incluant des analyses syndicales, des études indépendantes et des données non administratives, tout en évitant une dépendance excessive aux sources officielles ou gouvernementales. Je vais également aborder les points spécifiques que vous mentionnez : le non-enregistrement des chômeurs et la précarité mesurée par l’augmentation des CDD, de l’intérim et la réduction de la durée des emplois stables.1. Critiques syndicales sur les taux officiels de chômageLa CGT et d’autres syndicats, comme Solidaires, critiquent les taux officiels de chômage (souvent basés sur la catégorie A de France Travail ou le taux BIT de l’Insee) pour leur incapacité à refléter la réalité du marché du travail. Voici les principaux arguments, enrichis par des sources diversifiées :Sous-estimation du chômage réel : Les chiffres officiels, comme ceux de la catégorie A (personnes sans aucune activité), ne comptabilisent pas les personnes en catégories B et C (travaillant à temps partiel ou en contrats courts mais inscrites comme demandeurs d’emploi). En 2024, la CGT souligne que les 6,4 millions d’inscrits à France Travail (catégories A, B, C, D, E) reflètent mieux l’ampleur du chômage et de la précarité que les 2,4 millions du taux BIT, qui exclut ceux ayant travaillé ne serait-ce que quelques heures. De plus, les radiations administratives (+3,6 % sur un an en 2024) et les réformes successives de l’assurance chômage (réduction des droits de 25 % pour certains allocataires) incitent certaines personnes à ne pas s’inscrire ou à sortir des statistiques, faussant la baisse du chômage. Non-inscription à France Travail : Un nombre significatif de personnes sans emploi ne s’inscrivent pas à France Travail, notamment par découragement, méfiance envers l’institution ou parce qu’elles ne sont pas éligibles à des indemnités (par exemple, les jeunes, les indépendants ou les seniors en fin de droits). Une étude du Centre d’observation de la société estime que ces « chômeurs invisibles » peuvent représenter plusieurs centaines de milliers de personnes, non captées par les statistiques officielles. La CGT évoque également un phénomène de « harcèlement administratif » et de stigmatisation, qui pousse les plus précaires à éviter l’inscription, accentuant leur exclusion des données. Focus sur la catégorie A et communication gouvernementale : Les syndicats dénoncent une communication gouvernementale trompeuse, centrée sur la baisse de la catégorie A (-12,6 % entre 2021 et 2022 selon France Travail), qui ignore la hausse des catégories B et C, reflétant une précarité croissante. Denis Gravouil, de la CGT, note que cette focalisation permet de « ne pas tenir compte de la qualité de l’emploi », excluant les travailleurs précaires à temps partiel ou en contrats courts. 2. Précarité croissante : augmentation des CDD et intérim, raccourcissement de la durée des emplois stablesLa précarité est un axe central des critiques syndicales, appuyées par des données indépendantes montrant une augmentation des contrats courts (CDD, intérim) et une réduction de la durée des emplois stables.Augmentation des contrats précaires : Selon le Centre d’observation de la société, 16 % des emplois salariés en 2023 étaient précaires (CDD, intérim, apprentissage), soit le double des années 1980 (7 %). Ce taux, qui a atteint 16 % dès 2017, s’est stabilisé à un niveau élevé, particulièrement chez les jeunes (58,5 % des moins de 25 ans en 2016). La CGT note une explosion des inscriptions à France Travail suite à des fins de CDD (+5,7 % sur un an en 2024) et d’intérim (+5,2 %), signe d’une dépendance accrue aux contrats courts. Les femmes sont particulièrement touchées : en 2017, 12,9 % des femmes actives étaient en CDD contre 8,8 % des hommes, et 8,9 % étaient en sous-emploi (temps partiel non choisi).
Raccourcissement de la durée des contrats : Les données de la Dares, analysées par le Sénat, montrent une diminution drastique de la durée moyenne des CDD : 46 jours en 2017 contre 113 jours en 2001, avec un tiers des CDD ne durant qu’une journée. Cette tendance, confirmée par l’Observatoire des inégalités, reflète une précarisation structurelle, notamment dans des secteurs comme l’industrie (22,4 % des ouvriers non qualifiés en contrats courts), l’agriculture (15,6 %) ou l’hôtellerie-restauration. La CGT critique également les offres illégales sur France Travail (61,1 % en 2024 selon leur étude), comme des CDD présentés comme pouvant déboucher sur un CDI, ce qui induit en erreur et renforce l’instabilité. Impact sur la stabilité de l’emploi : La précarité empêche une insertion durable, notamment pour les jeunes, alimentant tensions sociales et difficultés d’accès au logement ou au crédit. La CGT argue que le « plein emploi » vanté par le gouvernement est en réalité un « plein emploi précaire », où les travailleurs sont contraints d’accepter des conditions dégradées pour éviter la perte d’allocations. De plus, la hausse des contrats d’apprentissage (souvent précaires) contribue à maintenir le taux de précarité élevé, sans déboucher systématiquement sur des CDI. 3. Diversification des sources et objectivitéPour répondre à votre remarque sur la difficulté de l’IA à diversifier les sources, j’ai privilégié des analyses issues de syndicats (CGT, Solidaires), d’organismes indépendants (Centre d’observation de la société, Observatoire des inégalités) et d’études académiques, tout en croisant avec des données administratives (Dares, Insee) pour garantir une certaine robustesse. Les sources gouvernementales (comme travail-emploi.gouv.fr) ont été évitées ou utilisées avec parcimonie pour ne pas biaiser l’analyse. Les rapports du Sénat, bien que liés à une institution, apportent des données chiffrées objectives sur la durée des contrats, complétant les critiques syndicales. Les publications de la CGT, bien que militantes, s’appuient sur des études concrètes, comme leur analyse des offres illégales sur France Travail, renforçant leur crédibilité. 4. Limites et défis pour l’IAVous soulignez à juste titre la difficulté d’obtenir des données diversifiées et objectives. Les statistiques officielles (Insee, Dares) sont souvent critiquées pour leur méthodologie restrictive (ex. : taux BIT) et leur dépendance aux cadres politiques. Les sources syndicales, comme la CGT, peuvent être biaisées par leur posture militante, mais elles offrent un contrepoint essentiel en mettant en lumière des aspects qualitatifs (conditions de travail, vécu des précaires). Les études indépendantes, comme celles de l’Observatoire des inégalités, permettent de trianguler les données, mais elles restent limitées par l’accès aux données brutes. L’IA doit donc croiser ces perspectives tout en restant critique vis-à-vis des narratifs dominants, comme celui du « plein emploi » promu par le gouvernement.ConclusionLa baisse des taux officiels de chômage entre 2017 et 2024, vantée par les autorités, est critiquée par la CGT et d’autres acteurs pour son incapacité à refléter la réalité de l’emploi. La non-inscription à France Travail, due au découragement ou à l’inéligibilité, masque une partie du chômage réel. La précarité croissante, mesurée par l’augmentation des CDD et intérim (16 % des emplois salariés en 2023) et la réduction de la durée moyenne des contrats (46 jours en 2017), traduit un marché du travail de plus en plus instable, particulièrement pour les jeunes et les femmes. Ces éléments, appuyés par des sources syndicales et indépendantes, confirment que la « baisse du chômage » s’accompagne d’une dégradation de la qualité de l’emploi, loin des objectifs définis durables .
Fin de la réponse de Grok
Cet article fait suite à d’autres articles sur le chômage de notre site.
Tout savoir sur le chômage : les dissimulations et les faits. (HD) https://www.gauchemip.org/spip.php?...
Chômage : connaître les vraies causes pour pouvoir y remédier. (HD) https://www.gauchemip.org/spip.php?...
On peut se reporter aussi à la rubrique chômage du site : https://www.gauchemip.org/spip.php?...
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Hervé Debonrivage
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