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. À l’heure de l’anthropocène (nouvelle époque géologique où les êtres humains ont un impact crucial sur les écosystèmes), l’exposition accrue de la population, des écosystèmes, des infrastructures et des activités économiques aux conséquences du changement climatique cause des risques majeurs. Il devient crucial que l’action climatique nous protège efficacement. À rebours de la situation, la politique macroniste est catastrophique en matière écologique.
Il était temps d’en faire le bilan, entre impréparation à la canicule, manque de canadairs pour éteindre les incendies, la loi Pesticides « Duplomb » remettant en circulation des pesticides préalablement interdits, une inaction complète concernant les passoires thermiques…
La crise écologique du siècle remet complètement en question les logiques marchandes. Et contrairement à ce que martèle le discours nélibéral cher au pouvoir en place, le marché n’a rien de naturel. Ainsi 82 % de la fortune mondiale se retrouve dans les mains d’1 % de possédants sans ruissellement mais avec l’accroissement des inégalités.
Dans Les Manuscrits de 1844, Marx le prédisait en ces termes : « La quantité de l’argent devient de plus en plus l’unique et puissante propriété de l’homme ; de même qu’il réduit tout à son abstraction, il se réduit lui-même, dans son propre mouvement à un être quantitatif. L’absence de mesure et la démesure deviennent sa véritable mesure. » Un an plus tard, Karl Marx écrivait dans L’idéologie allemande : « Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux ». Notre article.
Il y a plusieurs jours, le mercure a frôlé les 46 degrés en France métropolitaine, un record qui date de 2019 à Vérargues (GEO – La France suffoque encore). De fortes températures combinées à un taux d’humidité important. À l’horizon 2050, il est prévu un réchauffement dû aux activités humaines de +2,7 °C par rapport à la période préindustrielle. Ce chiffre se fonde sur les tendances actuelles d’émissions de gaz à effet de serre et leurs traductions en termes de réchauffement dans les dernières simulations analysées par le GIEC.
Le réchauffement s’accélère plus vite que prévu, il faut impérativement un réveil des États. En France, seule la France insoumise mesure l’ampleur du défi posé par le réchauffement, le reste de la classe politique feint de ne pas le voir et même parfois le nie, oscille entre l’inaction et le climato-scepticisme. Le temps presse…
Pour aller plus loin : Canicule : des milliers de morts dus à l’inaction climatique des macronistes
Au cours des vingt dernières années, la fréquence des vagues de chaleur marines a doublé. Les canicules marines ont des conséquences terribles pour les fonds marins et un énorme impact sur la biodiversité marine, on a observé récemment une température de plus de 28 degrés dans la mer en Corse, l’état des espèces sous-marines tels que les gorgones de mer ou le corail rouge se dégrade. Ces températures à la surface de la mer en Corse sont les plus élevées que l’on ait jamais observées. On le constate, les courants marins sont aussi influencés par le réchauffement climatique.
Le nombre de passoires énergétiques en France est estimé à 4,2 millions de logements soit 13,9 % des logements. Ce qui nécessite une politique pluriannuelle et stable. Le changement climatique augmente aussi la température dans les logements. L’année dernière, 60 % des habitant·es des quartiers populaires déclarent avoir souffert de la chaleur dans leurs logements. Décarboner les logements est donc une urgence, notamment pour les ménages les plus précaires.
Le coût de l’isolation du logement et de l’installation de systèmes de rafraîchissement est souvent un frein à leur installation. Et pourtant, le gouvernement revient actuellement sur un certain nombre de mesures incitatives telles que le dispositif MaPrimeRénov’. Suspendu à partir du 1er juillet, le dispositif MaPrimeRénov’ bénéficiait avant tout aux plus modestes. L’arrêt brutal décidé par le gouvernement macroniste précipite dans la précarité de nombreux ménages qui entendaient bénéficier de ces aides.
Au 1er janvier 2024, 4,2 millions de logements étaient classés « passoires énergétiques » (les étiquettes F et G du DPE), soit 13,9 % des logements (ADEME). De plus, le gouvernement a diminué d’1,3 milliard le budget pour les communes qui devaient rénover les écoles et équiper d’urgence de systèmes de climatisation décarbonés les bâtiments publics, et en premier lieu les écoles, les hôpitaux et les EHPAD pour protéger les plus vulnérables d’entre nous.
Dans le détail, deux secteurs sont responsables à eux seuls de plus de la moitié de nos émissions : les transports (34 % des émissions nationales en 2024) et l’agriculture (21 %). La part significative des émissions de gaz à effet de ces deux secteurs s’explique par l’absence de politiques de bifurcation écologique sérieuses en France.
Les politiques de décarbonation de la production d’électricité ont un effet direct sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie. Dans le cadre de la planification écologique, il est donc indispensable de promouvoir par des politiques publiques l’éolien ainsi que les énergies solaires renouvelables.
De nombreux projets néfastes ont vu le jour ces dernières années et les récentes réformes climaticides lèvent les barrières et conditions que posait le droit de l’environnement. L’A69 et les méga-bassines sont les exemples les plus récents et connus. Ces projets inutiles et imposés ont pour triste résultat de rogner sur les espaces naturels, de faciliter la destruction des espèces protégées, d’épuiser les nappes phréatiques, de polluer les cours d’eau, et d’abattre des arbres dans les zones concernées. À Sainte-Soline comme sur le chantier de l’A69, les militant·es écologistes ont été victimes d’une répression brutale.
Pour aller plus loin – Sainte-Soline : les 3 mensonges de Darmanin
On peut citer de nombreux exemples, qu’il s’agisse du passage en force de la construction de l’autoroute A69 par le gouvernement pourtant invalidée par le tribunal administratif, de la multiplication des fermes-usines avec l’abaissement des seuils d’installation, du refus d’avaliser la fin des moteurs thermiques en 2035, de l’adoption des traités de libre-échange comme le Mercosur, de l’abandon du Pass Rail, de la réintroduction des néonicotinoïdes, du refus de taxer sérieusement l’aviation, des sous-investissements catastrophiques dans le réseau ferroviaire ou encore de la baisse fin 2024 du bonus écologique à l’achat d’un véhicule électrique.
On dénombre déjà 2 300 morts en raison des fortes chaleurs entre le 23 juin et le 2 juillet 2025 dont 373 décès à Paris. En 2024, plus de 3 700 décès étaient attribuables à la chaleur sur l’ensemble de la période estivale. Dans un pays composé de villes bétonnées et souffrant d’un gouvernement n’ayant pas de vision à long terme à propos de l’intensification et de la multiplication des canicules, le problème du travail en extérieur pendant les fortes chaleurs se pose de manière très sérieuse notamment pour les ouvriers agricoles ou du BTP avec parfois des décès dus à la chaleur (Un homme de 35 ans est récemment mort de la chaleur à Besançon sur un chantier).
Les effets observés du changement climatique en France ces dernières années sont d’une ampleur inconnue jusqu’à présent. Inconnue parce que le pire est à venir…
Face à l’urgence de la situation et en prévision des années futures, le groupe parlementaire La France insoumise a présenté un plan canicule en hémicycle. Citons cinq propositions de loi issues de ce plan d’urgence pouvant être applicables immédiatement : l’adaptation du Code du travail aux conséquences du réchauffement climatique, la réquisition des logements vacants pour protéger les sans-abris, la gratuité des piscines publiques, l’installation de climatiseurs dans les écoles, les hôpitaux et les EHPAD ou encore le blocage du prix de l’eau en bouteille.
En finir avec l’inaction climatique amène à la nécessaire gratuité des transports. L’intensification des échanges, les productions à flux tendu amènent à des besoins croissants de transport de marchandises. Le coût trop élevé des logements en ville et les conditions de travail dégradées qui obligent certain·es salarié·es à cumuler plusieurs emplois précaires favorisent les déplacements supplémentaires.
L’objectif de gratuité des transports en commun s’inscrit dans la perspective de services publics améliorés à l’heure où les privatisations dans ce secteur ne se fondent que sur des principes de rentabilité au détriment des usagers. C’est une revendication à la fois sociale et écologique puisque l’on paie alors moins cher le ticket pour se déplacer et que l’on est incité à prendre des transports moins polluants pour nos déplacements.
Les fortes températures augmentent l’incidence des feux de forêt Ces derniers jours, l’actualité a été marquée par d’impressionnants feux de forêt près des grandes villes du Sud de la France : Marseille, Avignon et Narbonne. La France compte seulement 12 Canadair de la sécurité civile, leur moyenne d’âge est de 30 ans. Avec le réchauffement, les feux de forêt ne se cantonnent plus au seul bassin méditerranéen, ils peuvent et vont de plus en plus s’étendre à la majorité du pays. Dès lors, il devient impératif de renouveler et d’augmenter le nombre de Canadair
Les Canadair sont indispensables pour lutter contre les grands incendies (6 000 litres d’eau largués). À cause du réchauffement, les feux de forêt vont se multiplier à l’avenir. Alors même qu’il conviendrait d’augmenter le nombre de Canadair, le gouvernement a fait le choix incompréhensible de l’annulation des budgets de la sécurité civile pour renouveler des Canadair. Le Haut Conseil pour le climat appelle en réponse à la multiplication des feux au déploiement en urgence d’un plan d’investissement pour renouveler les écosystèmes forestiers.
La macronie, la droite et l’extrême-droite ont voté ensemble pour la loi Pesticides qui va conduire à un désastre environnemental et sanitaire. Ce texte réautorise des pesticides et promeut les méga-bassines. Avec notamment la réintroduction de deux insecticides (l’acétamipride et le flupyradifurone) qui avaient pourtant été interdits en 2018 parce qu’ils tuaient les abeilles, essentielles à la pollinisation des cultures.
Les citoyen·nes protestent maintenant contre ce modèle absurde et demandent à l’agriculture d’évoluer en devenant durable et 100 % biologique, en produisant des aliments de qualité tout en assurant leur sécurité alimentaire. Le recours aux circuits courts pose la question de l’autonomie alimentaire. Les paysan·nes demandent simplement à pouvoir vivre dignement de leur métier. Les politiques de droite et de centre-gauche ont abandonné depuis trop longtemps le développement agricole à l’agro-industrie, ce qui profite avant tout à la grande distribution en l’absence d’encadrement des marges.
Bruno Retailleau déraille et provoque des tensions au sein du bloc central Bruno Retailleau appelle, aux côtés de ses deux vice-présidents, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy et l’ancien député Julien Aubert, à « rebâtir un parc nucléaire » et à arrêter le financement, par des subventions publiques, de l’énergie éolienne et du photovoltaïque (Le Figaro, 3 juillet).
D’une manière générale, plus on se situe à droite et plus on est climato-sceptique et enclin à vouloir appliquer des politiques néfastes pour le climat. Ces propos ont été dénoncés publiquement par Agnès Pannier-Runacher et Aurore Bergé. Au sein du gouvernement, un ministre se retrouve alors désavoué par deux autres ministres. Il faut dire que l’intérêt de Bruno Retailleau pour l’urgence écologique est comparable au résultat de sa formation politique (LR) lors des dernières élections présidentielles de 2022 : dérisoire.
Ajoutons que cette prise de position se situe complètement en dehors de son portefeuille ministériel censé être celui de l’Intérieur. Alors que l’urgence est à la rénovation thermique des logements et aux installations solaires photovoltaïques résidentielles et d’une manière générale à la planification écologique, Bruno Retailleau ne trouve rien de mieux à faire que de s’attaquer aux énergies renouvelables. Gageons que ce gouvernement néo-libéral et réactionnaire ne tiendra pas beaucoup plus longtemps que le précédent gouvernement Barnier.
Le changement climatique est un concentré et l’aboutissement de la déraison capitaliste ; ses conséquences sont des catastrophes prévisibles : épidémies, tempêtes, famine, pénurie d’eau potable, montée des eaux, sécheresse, pollution. D’autres catastrophes à venir sont, elles, imprévisibles parce qu’il est déjà trop tard.
Les pays du G20 sont responsables de plus de 75 % des émissions carbone et les pays du Sud global, notamment ceux d’Afrique comme la Guinée ou l’Érythrée, sont les plus menacés par le réchauffement. Au Tchad, on assiste à des famines récurrentes, à la baisse de la récolte du mil, à la diminution des terres arables ainsi qu’à l’avancée du désert.
Emblématique de la révolution industrielle, le charbon a été l’énergie du XIXe siècle, tandis que le pétrole et le gaz ont été les énergies principales du XXe siècle, l’économie décarbonée sera celle du XXIe siècle. C’est la mobilisation des mouvements écologistes qui déterminera l’évolution à moyen terme dans les différents pays et à l’échelle mondiale.
Des régulations étatiques et des interventions publiques en phase avec la prise de conscience de l’urgence écologique, au fondement du rapport entre les populations et les territoires, nous permettront alors de réaliser une politique climatique dont les indicateurs seraient dans le vert, bien loin de la trajectoire actuelle qui n’est pas à la hauteur du défi climatique.
Par Arthur Abbatucci
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