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« Année blanche », 44 milliards d’économies, deux jours fériés supprimés… Le premier ministre, François Bayrou, a présenté, mardi 15 juillet, la potion amère qu’il entend administrer aux Français avec le prochain budget. Voici quelques-unes de ces mesures, qui sous couvert de « compétitivité » et de « lutte contre le déficit », sacrifient les droits des travailleurs et des plus précaires :
Sous couvert de « responsabilité budgétaire », François Bayrou impose une « année blanche » pour toutes les dépenses de l’État — une mise sous cloche des services publics, des prestations sociales, et des investissements sociaux. Seule la Défense échappe à cette purge, conformément aux choix militaristes d’Emmanuel Macron.
En refusant toute revalorisation des pensions, allocations familiales ou minima sociaux, le premier ministre organise en réalité une baisse déguisée du pouvoir d’achat des plus vulnérables. Les retraités, les chômeurs, les allocataires verront leur niveau de vie s’éroder au fil de l’inflation — une décision d’une violence sociale rare, chiffrée à 3,7 milliards d’euros d’« économies » sur le dos des pauvres. Des mesures qui pourront se doubler de prochains coups portés via le retour de la réforme de l’assurance chômage et une négociation annoncée – et qui ne dit rien qui vaille – sur le droit du travail.
En gelant le barème de l’impôt sur le revenu, le gouvernement impose en douce une hausse d’impôt déguisée pour les classes populaires et moyennes. L’inflation augmentant les revenus nominaux, nombre de ménages basculeront dans des tranches supérieures sans gains réels — une mesure injuste… et sournoise.
Le lundi de Pâques et le 8 mai seront sacrifiés. Pour justifier cette annonce, l’hôte de Matignon reprend à son compte, le refrain sarkozyste du « travailler plus » : « Il faut que toute la nation travaille plus pour produire et pour que l’activité du pays dans son ensemble soit plus importante dans l’année, pour que la situation de la France s’améliore. » Mais en l’occurrence, il n’y aura pas de « gagner plus ».
Les patients atteints d’Affection longue durée (ALD) sont en première ligne des coupes budgétaires à venir avec la « sortie du remboursement à 100 % des médicaments sans lien » avec l’ALD déclarée et aussi la volonté de « pousser à sortir du dispositif » les patients en rémission confirmées par François Bayrou.
« Sans l’ALD, je ne pourrai plus suivre certains soins », s’inquiétait, dans nos colonnes, en amont de la conférence de presse, Caroline, en rémission depuis le mois de mai et qui souffre de problèmes de dentition, de vue, de transit intestinal, de mobilité et de troubles de la sexualité.
Le gouvernement réduit plusieurs niches fiscales utiles, notamment pour l’emploi à domicile, les dons aux associations ou la recherche. Ces « rabots » frapperont le tissu associatif solidaire, la recherche publique déjà fragilisée, et les aides aux familles modestes.
Bayrou relance la logique mortifère du « non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois ». Derrière les chiffres, ce sont des infirmières, des profs, des agents du service public qui disparaîtront des territoires, aggravant l’asphyxie des hôpitaux, des écoles et des services de proximité.
Un tiers des agences et opérateurs publics devraient être fusionnés ou supprimés. Derrière ce jargon de « rationalisation », c’est une attaque structurelle contre les outils de la puissance publique. Moins d’État, moins de services, plus de précarité. La logique managériale étouffe une fois encore la mission d’intérêt général.
La Rédaction, L’Humanité
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