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Pour casser l’invisibilisation du génocide par l’appareil médiatico-politique, chaque semaine l’Insoumission fait une brève synthèse du point de situation hebdomadaire du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Nous le resituons en perspective avec la stratégie génocidaire du gouvernement israélien, planifiée étape par étape, soutenue et financée en toute connaissance par les gouvernements occidentaux, dont la France.
D’après les dernières études réalisées, entre 100 000 et 200 000 Palestiniens ont été massacrés, directement ou indirectement, par l’armée génocidaire de Netanyahu. Le 18 juillet, les députées insoumises Gabrielle Cathala et Emma Fourreau embarqueront sur une nouvelle flottille de la liberté pour faire route vers Gaza et briser le blocus illégal qui tue par la famine la population gazaouie.
Dans le point de situation #304 du 9 juillet 2025, les données de l’OCHA montrent :
Durant la première semaine de juillet 2025, l’armée israélienne a tué 668 Gazaouis et blessé 2 817 personnes.
Depuis le 7 octobre 2023, les frappes israéliennes sur Gaza ont causé :
57 680 morts par balles ou bombes, dont plus de 70 % de femmes, enfants et personnes âgées (OCHA).
137 409 blessés, souvent sans possibilité de soins, 4500 personnes amputées, handicapées à vie
De nombreuses victimes ont été tuées dans des abris, des camps de tentes, ou lors de distributions alimentaires.
« Par exemple, le 3 juillet 2025, vers 13 h 30, une école déclarée comme refuge à l’armée israélienne a été touchée dans le quartier d’Al Rimal, au centre de la ville de Gaza, tuant 11 Palestiniens, dont cinq femmes, et en blessant de nombreux autres. Des corps calcinés ont été retrouvés parmi les victimes. De plus, le 6 juillet, vers 14 h, une salle de classe d’une école de l’UNRWA, aussi déclarée comme refuge, a été touchée dans le camp d’Ash Shati’ (Plage), à l’ouest de la ville de Gaza, tuant 20 Palestiniens, dont des enfants et au moins une femme, et en blessant d’autres… »
Près d’un Gazaoui sur trois passe des journées entières sans manger selon une évaluation du Programme Alimentaire Mondial (PAM) du 5 juillet 2025. Et de plus en plus de personnes risquent de mourir de faim.
« C’est ma quatrième visite à Gaza depuis le début du conflit. La situation est la pire que j’aie jamais vue. Il est difficile de trouver les mots pour décrire le niveau de désespoir dont j’ai été témoin. Des gens meurent en essayant simplement d’obtenir de la nourriture. Nos cuisines sont vides ; on y sert maintenant de l’eau chaude avec un peu de pâtes flottant dedans. Une mère m’a raconté qu’elle était allée dans une cuisine dans l’espoir de trouver un repas chaud et qu’elle s’était évanouie. Il n’y avait rien à manger et qu’elle était rentrée chez elle sans rien pour ses enfants. Un père que j’ai rencontré avait perdu 25 kg au cours des deux derniers mois. Les gens meurent de faim, alors que nous avons de la nourriture juste de l’autre côté de la frontière. »
Carl Skau, Directeur exécutif adjoint et Directeur des opérations du PAM, 2 juillet 2025
Environ 493 000 Palestiniens (25 % de la population) sont au dernier stade de l’insécurité alimentaire aiguë de niveau 5 (catastrophique) (voir notre article).
Les distributions alimentaires sont insuffisantes, irrégulières, et dangereuses : sur les 69 demandes d’autorisation d’assistance humanitaire faites auprès de l’armée israélienne entre le 2 et 8 juillet, 64 % ont été refusées par l’armée, annulées ou entravées par les bandes organisées et armées par Israël. Les fours collectifs sont à l’arrêt du fait du blocus complet du carburant. Le personnel est régulièrement ciblé par l’armée israélienne, Les prix ont explosé : +500 % pour le pain, +900 % pour l’eau potable.
Sur 36 hôpitaux, seuls 17 sont partiellement fonctionnels, souvent sans services spécialisés fonctionnels (imagerie, anesthésie, réanimation, …). Le 8 juillet, le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la suspension des activités de la clinique médicale Az Zaytoun qu’il gère dans la ville de Gaza, à la suite de bombardements. De graves pénuries de médicaments essentiels et de fournitures médicales perturbent gravement les services de santé dans tous les hôpitaux, tandis qu’environ 50 camions de fournitures de l’OMS sont bloqués par Israël à Al-Arish et en Cisjordanie.
Du fait du blocus du carburant, la possibilité de prodiguer des soins intensifs se réduit de jour en jour (dialyse, réanimation, couveuses pour prématurés, chirurgie). D’autant plus que la famine et le manque d’hygiène augmentent la gravité des pathologies. Notamment les nouveaux nés (voir notre article), femmes enceintes en carence alimentaire, le nombre croissant de naissances prématurées, les épidémies infectieuses.
Le personnel soignant est ciblé spécifiquement avec 1 580 professionnels de santé tués depuis octobre 2024
« Le 2 juillet, le Dr Marwan Al Sultan, cardiologue de renom et directeur de l’hôpital indonésien, a été tué lorsqu’un immeuble résidentiel de la ville de Gaza a été touché. Il a été tué, ainsi que sa femme, sa sœur, sa fille et son gendre. Le 2 juillet, Healthcare Workers Watch – Palestine a rapporté que le médecin était le 70e professionnel de santé tué par les forces israéliennes en 50 jours. Le 5 juillet, un médecin en obstétrique-gynécologie a été tué, ainsi que ses trois enfants, lorsque leur tente a été touchée à Al Mawasi, à l’ouest de Khan Younis. Le 4 juillet, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a signalé qu’un membre du personnel de l’hôpital de campagne de la Croix-Rouge, à Rafah, avait été blessé par une balle perdue dans l’exercice de ses fonctions. Par ailleurs, deux techniciens médicaux d’urgence du Croissant-Rouge palestinien (CRP) ont été blessés après qu’une zone proche a été touchée alors qu’ils prodiguaient des soins d’urgence aux blessés à Jabalya Al Balad, dans le nord de Gaza. »
OCHA, point de situation #304, 9 juillet 2025
Les épidémies explosent
Le gouvernement israélien est directement responsable de ces épidémies du fait de la destruction des infrastructures d’hygiène et l’organisation de la famine.
95 % de la population n’a aucun accès à une eau potable sûre. L’armée israélienne a détruit les puits, bloque le carburant et les pièces de rechange pour les usines de dessanilisation.
Les stations d’épuration ont été détruites, les latrines débordent dans les camps, aggravant la contamination fécale.
La famine affaiblit les défenses immunitaires de la population
Citons pour la première semaine de juillet
Méningite : Le Dr Rik Peeperkorn de l’OMS (déclaration du 4 juillet 2025) fait état d’une augmentation inquiétante des cas de méningite chez les enfants, avec des centaines d’infections signalées
Hépatite A : L’OMS a confirmé la propagation rapide de l’hépatite A (plus de mille nouveaux cas par semaine), maladie très contagieuse.
Diarrhée : L’OCHA et l’OMS ont signalé plus de 20000 cas de diarrhée aiguë. Les personnes les plus vulnérables en grand danger
Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées à plusieurs reprises, souvent vers des zones déjà surpeuplées, comme Rafah et la zone de Mawasi, où les conditions de vie sont très dures. Le surpeuplement extrême dans les abris de fortune et les camps de déplacés est une source majeure de détresse et favorise la propagation des maladies.
Dans ces conditions épouvantables, les personnes les plus faibles sont en grand danger : 17000 enfants orphelins seuls, personnes âgés, personnes handicapées, femmes enceintes, personnes atteints de maladie chronique, de cancers.
Un génocide minitieusement organisé et planifié ayant déjà tué entre 10 % et 14 % de la population de Gaza
Dans cet article, nous avons résumé des études du Lancet montrant qu’il fallait multiplier par quatre les données de mortalité par balles ou bombes pour avoir une idée de la mortalité réelle à Gaza. Et ce n’est pas difficile à comprendre à la lecture des rapports hebdomadaires de l’ONU et des organisations humanitaires. Actualisées au 10 juillet 2025, ces études montrent qu’entre 10 % et 14 % de la population gazaouie a été exterminée.
Et rappelons aussi ce rapport de l’universitaire israélien Yakoov Garb de début juin montrant que le contrôle de l’aide humanitaire, l’organisation de la famine, les tueries arbitraires avaient pour but de terroriser la population afin de tous les Palestiniens confiner dans une minuscule enclave au sud de Gaza et de les déporter massivement. Stratégie que viennent de confirmer au grand jour les génocidaires israéliens, sans critiques ni freins des gouvernements occidentaux (Times of Israël et Haaretz).
Les Insoumis du Pic Saint Loup (34)
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