Budget 2026 : sept prix Nobel exhortent la France à adopter un impôt sur les ultra-riches

mercredi 16 juillet 2025.
 

Dans une tribune publiée dans le journal « Le Monde » ce lundi 7 juillet, sept prix Nobel d’économie ont appelé à mettre en place un impôt sur les patrimoines des plus riches en France.

« Ils n’ont jamais été aussi riches mais ils contribuent peu, par rapport à leurs capacités, aux charges communes », écrivent sept prix Nobel de l’économie dans une tribune parue ce lundi 7 juillet 2025 dans le journal Le Monde.

Dans celles-ci, ces derniers appellent la France à mettre en place un impôt minimum sur les patrimoines des plus riches en France sur le modèle de la « taxe Zucman ». Celle qui vise à instaurer un impôt de 2 % sur le patrimoine des 1 800 Français qui possèdent plus de 100 millions d’euros, avait été rejetée au Sénat en juin dernier. Elle pourrait rapporter autour de 20 milliards d’euros par an, selon ses promoteurs.

Avec l’impôt sur les ultrariches, « la France a l’occasion, de nouveau, de montrer la voie au reste du monde », soulignent les sept lauréats de la prestigieuse distinction économique.

Les milliardaires possèdent en patrimoine l’équivalent de 14 % du PIB

Parmi les signataires de la tribune figurent notamment les Nobel d’économie 2024 Daron Acemoglu et Simon Johnson, ceux de 2019 Esther Duflo et Abhijit Banerjee, ceux de 2001 George Akerlof et Joseph Stiglitz, ainsi que celui de 2008 Paul Krugman, la plupart étant de nationalité américaine.

Selon ces économistes reconnus à l’international, « les ultrariches sont particulièrement prospères en France. Les milliardaires mondiaux possèdent en patrimoine l’équivalent de 14 % du PIB de la planète, d’après le magazine Forbes ; les Français près de 30 % du PIB hexagonal ».

Un moyen de « montrer l’exemple »

Taxer les patrimoines au travers d’un impôt plancher exprimé en pourcentage « est efficace, car il s’attaque à toutes les formes d’optimisation, quelle qu’en soit la nature », poursuivent ces économistes. « Il est ciblé, car il touche principalement, parmi les contribuables les plus fortunés, ceux qui ont recours à l’optimisation fiscale ».

Lire aussi : Plus de milliardaires, de plus en plus riches : pour Oxfam, « la situation n’est pas durable »

Les auteurs saluent aussi les discussions internationales allant en ce sens et la proposition au G20 d’instaurer un impôt minimal mondial sur les milliardaires équivalent à 2 % du patrimoine, rejetée l’an dernier.

Malgré tout, « le mouvement international est lancé », affirment-ils, jugeant qu’« il n’y a pas de raison d’attendre la finalisation d’un accord international, il faut au contraire y œuvrer en montrant l’exemple, comme la France a su le faire par le passé » avec l’instauration de la TVA en 1954.


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