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Le météorologue Florian Clément a dressé le bilan de l’année 2024 avec un constat implacable : le bassin d’Arcachon, comme le reste de la planète, se réchauffe inexorablement
Comme l’an passé, Florian Clément a publié un bilan de l’année 2024. Et le constat est implacable : le réchauffement climatique suit inexorablement son cours. La température moyenne sur le Bassin et sur le Val de l’Eyre a été de 14,6 degrés sur l’année, soit 0,8 degré de plus que sur la période 1991-2020, 1,2 degré de plus que sur la période 1981-2010 et même 2,5 degrés de plus que sur la période 1951-1980.
Florian Clément y voit une « anomalie thermique positive assez marquée même si 2024 est moins allée dans les extrêmes que 2023 et 2022 à ce niveau-là. À l’échelle mondiale, 2024 est déjà la première année à atteindre les + 1,5 degré de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle. Le seuil fixé par les fameux accords de Paris en 2016 qui risque donc vite de ne plus être d’actualité même s’il faudra le mesurer plusieurs années pour confirmer son franchissement ». Voilà pour le global, même si, cet été, on avait tendance à ne pas trouver les températures très chaudes.
Côté précipitations, fin mars, « on sort progressivement de l’hiver avec des cumuls records sur six mois glissants approchant parfois les 900 millimètres ». Le mètre de pluie est dépassé cette année sur toutes les stations. Notons, quand même, l’orage du 18 juin, où 45 millimètres de pluie sont tombés en moins d’une heure sur le Cap Ferret, dont 33 millimètres en dix-huit minutes.
Le passage de la dépression Karlotta dans la nuit du 10 au 11 février est marquant. « Sur le papier, Karlotta n’a rien d’exceptionnel et pourtant avec l’aide d’un coefficient de marée de 107, elle fait déborder le bassin comme on a rarement vu, assure Florian Clément. Sur la jetée d’Eyrac à Arcachon, le Service hydrographique et océanographique de la Marine mesure une hauteur d’eau de 5,49 m, le niveau de référence enregistré lors de Xynthia en 2010 est dépassé de 3 centimètres. L’ampleur de la submersion comparée au caractère relativement faible du coup de vent nous rappelle que l’eau monte au fil des années et qu’il en faut de moins en moins pour que le bassin prenne ses aises. » Le réchauffement climatique est une réalité qui a des conséquences.
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