Suis-je devenu un « soutien » à Marine Le Pen car je défends les voies légales de recours

mardi 26 novembre 2024.
 

Suis-je devenu un « soutien » à Marine Le Pen parce que je demande que la peine d’inéligibilité ne lui soit pas appliquée avant l’épuisement des voies légales de recours contre le jugement dans son ensemble – quel qu’il soit – qui lui sera imposé. Tel est le « journalisme » version BFM et France info. D’autres jouent sur mon refus des peines « automatiques ». Une certaine « gôche » abonde, comme chaque fois qu’il s’agit d’essayer de me nuire. Simplifions mes remarques pour ceux qui croiraient sur parole les « journalistes » et leurs répétiteurs. Mon souci est que le droit soit constant et non à la tête du client ni à celle de mes humeurs personnelles. Ça vaut à l’international comme au national. Et cela n’a rien à voir avec une appréciation ni sur ce qu’elle a fait ni sur ce que je pense d’elle.

« Peine automatique » : c’est l’autre nom de la « peine plancher ». Si la peine automatique est bonne dans ce cas, alors c’est vrai dans tous les autres. Ça tombe bien : c’est la revendication de la droite et du RN. Dans leur bouche ça s’appelle « peine plancher ». Plus besoin de juge. Un délit constaté, aussitôt on applique une « peine plancher ». Pas de contextualisation des faits, ni de circonstances atténuantes, pas de hiérarchisation des peines. Clic clac. Avec des peines planchers, ChatGPT remplace un juge sans problème. Je préfère qu’elle remplace un journaliste (ce qui est déjà en cours) car elle, au moins, reconnaît ses erreurs et les corrige. Nuance : je suis partisan de la peine d’inéligibilité dans tous les cas de corruption d’un élu. En effet, son vote devient la propriété de ceux qui le payent et non celle des gens qui l’ont élu. Assez simple à comprendre sans y voir une « contradiction » ?

« Voie de recours » : dans la justice de l’État de droit, tout jugement est susceptible de recours (appel, cassation, etc.). Les gens de notre sorte pensent qu’une Justice sans recours n’est pas une Justice respectueuse des droits de l’Homme. Tant que les recours ne sont pas épuisés, la peine ne s’applique pas. Le problème s’aggrave quand, sur l’ensemble d’un jugement, une partie s’exécuterait tout de suite avant l’exécution des recours, tandis que l’autre partie ne s’appliquerait pas en attendant les recours. Une caricature pour bien me faire comprendre : vous êtes condamné à une amende pour avoir volé des oranges et à avoir la main coupée. Peine applicable avec recours : le tout. Peine applicable immédiatement : la main coupée. On vous la rendra si votre jugement est cassé ou modifié en appel ?

« Voie de recours » (bis) : dans de nombreux pays dans le monde, la justice n’est pas aussi remarquable qu’en France indépendante et non politique. Parfois elle est utilisée pour abattre un opposant politique. On l’a vu avec Lula emprisonné pendant deux ans, ensuite blanchi et élu Président de la République du Brésil (220 millions d’habitants). Les inculpations, jugements et peines d’inéligibilité interviennent souvent avant une élection. Partout nous réclamons qu’elle ne soit pas appliquée, ou du moins pas avant l’épuisement des voies de recours prévues par la justice de ces pays. Nous disons pareil en France, même s’il s’agit de madame Le Pen. Nous l’avions fait aux Philippines en faveur d’une sénatrice du parti de droite libérale, par exemple.

Marine Le Pen a bien de l’hypocrisie à dénoncer un procédé auquel elle a eu elle-même recours contre ses adversaires. Dont moi. Elle a donné son accord pour qu’une conseillère régionale fasse contre moi un signalement à la justice. Au contraire d’elle, nous n’essayons pas d’utiliser la justice à nos fins.


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