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L’heure des comptes a sonné : le budget 2025 présenté hier soir en conseil des ministres par le nouveau patron de Bercy, Antoine Armand, est un budget de rupture avec les années Macron. Fini le « quoiqu’il en coûte », terminé les baisses d’impôts et autres suppressions de taxes. La France est dans le rouge, Michel Barnier nous le répète avec des chiffres qui donnent le vertige : la dette de la France atteint 3.159 milliards d’euros, 110 % du PIB. Il s’agit de trouver 60 milliards d’euros.
« On doit faire des choix courageux maintenant pour s’éviter des choix douloureux plus tard », a expliqué le ministre des comptes publics Laurent Saint-Martin.
Comme déjà annoncé, « les plus riches » devront verser une « contribution exceptionnelle » mais une telle contribution sera aussi demandée à 400 grandes entreprises, comme par exemple la compagnie de transport maritime CGA-CGM. S’y ajoutera un dividende exceptionnel d’EDF. Le budget proposé épargne les fonctions régaliennes mais rogne sur l’hôpital, sur l’école ou sur les pensions de retraite puisque leur revalorisation sera gelée jusqu’en juillet 25.
Suppressions de postes dans la fonction publique, tour de vis dans l’audiovisuel public, budget des sports en forte baisse, coupes radicales sur les primes à l’apprentissage, coup de rabot sur les aides à l’achat de voitures électriques et forte hausse du malus sur les véhicules polluants… Autres perdants, les collectivités locales et la sécurité sociale qui perd quasiment 5 milliards d’euros, avec un transfert des charges vers les complémentaires santé, qui vont logiquement augmenter leurs tarifs.
La liste des dépenses en baisse est un long catalogue à la Prévert et il n’y a guère que la défense, la diplomatie, la justice et la police qui passent entre les gouttes. Même l’éducation nationale est ciblée : son budget reste stable mais 4000 postes seront supprimés, « une saignée monstrueuse » selon les syndicats.
Le chef du gouvernement va être très seul pour défendre son budget. « Ce budget est une calamité », vitupérait le chef de LFI Jean-Luc Mélenchon, hier soir sur le réseau social X. « Un budget où on prend aux pauvres pour donner aux riches », dénonçait le socialiste Philippe Brun… « Pas de rupture avec la mauvaise gestion des 50 dernières années », lançait le député RN Jean-Philippe Tanguy.
La cure de rigueur que Michel Barnier veut imposer aux Français a toutefois une vertu : elle impose de regarder en face ce qu’on n’a pas voulu voir pendant des années. Mais contrairement à ce que le Premier ministre a promis le cœur sur la main, on voit bien que les efforts demandés n’épargneront pas les plus modestes.
Jean-Marcel Bouguereau
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