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L’Homo sapiens sera-t-il tué par sa complexité ?
L’Homo sapiens apparut il y a environ 300 000 ans et la seule espèce de la trentaine d’hominines ayant commencé à apparaître il y a 7 millions d’années à avoir survécu.
Mais ce mammifère doté de fonctions cognitives très développées a dorénavant la capacité de s’autodétruire en tant qu’espèce. Nous attirons donc notre et votre attention sur l’évolution de ce curieux animal.
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Conférence de Jean-Jacques Hublin paléoanthropologue au collège de France sur le thème :
Origine et expansion de l’Homo sapiens.
Conférence organisée par le réseau des bibliothèques de Paris. Durée de la vidéo : 1h32
Jean-Jacques Hublin est auteur du livre : Homo sapiens, une espèce invasive (édition fayard)
on peut visionner la vidéo avec le lien suivant :
https://www.youtube.com/watch?v=uzv...
Commentaires HD : une conférence claire, pédagogique qui s’écoute agréablement.
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Pour compléter son information sur les origines de l’Homo sapiens et les différentes variétés d’espèce humaine (hominidés) le lecteur intéressé pourra réaliser avec le texte qui suit un voyage de remontée du temps en s’arrêtant aux différentes stations suivantes, du présent vers le passé :
station 1 : Homo sapiens
station 2 – les Hominines
Station 3 : les hominidés
Station 4 : les primates
station 5 : origine et diversification des mammifères.
On s’est donc arrêté aux environs de 200 millions d’années pour éviter d’avoir un voyage trop long et fatigant.
Nous sommes encore loin des origines du monde animal qui remonte à 635 millions d’années est à l’origine de la vie qui remonte à 3,8 milliards d’années.
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Avec cette chronologie, nous avons ensuite indiqué les différentes productions techniques et artistiques des hominines dont l’Homo sapiens. Évidemment il s’agit ici simplement d’indiquer les grandes étapes d’un processus d’évolution sans aucune prétention à l’exhaustivité.
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Apparition des Mammifères : Les mammifères apparaissent il y a environ 200 millions d’années, pendant le Mésozoïque, plus précisément au Trias supérieur. Leur apparition marque une évolution significative parmi les vertébrés.
Ancêtre commun des mammifères : Les mammifères descendent d’un groupe de reptiles appelés les synapsides. Le plus ancien ancêtre commun identifié des mammifères actuels est Morganucodon, un petit animal insectivore qui vivait il y a environ 205 millions d’années. Diversification des Mammifères
Monotrèmes (Protothériens) : Ce groupe inclut les ornithorynques et les échidnés, qui pondent des œufs.
Marsupiaux (Métathériens) : Ces mammifères donnent naissance à des jeunes très peu développés qui continuent leur croissance dans une poche ventrale. Exemples : kangourous, koalas.
Placentaires (Euthériens) : Ce groupe est le plus diversifié et comprend la majorité des mammifères modernes. Les jeunes se développent entièrement à l’intérieur de l’utérus de la mère, grâce à une structure appelée le placenta. Exemples : carnivores, rongeurs, cétacés, primates.
Les premiers primates apparaissent il y a environ 65 millions d’années, après l’extinction des dinosaures, ouvrant de nombreuses niches écologiques. Ils étaient des créatures arboricoles ressemblant à des lémuriens actuels.
Diversification des Primates :
Prosimiens : Incluent les lémuriens, les loris, et les tarsiers.
Singes du Nouveau Monde (Platyrrhini) : Singes d’Amérique centrale et du Sud, comme les capucins et les ouistitis.
Singes de l’Ancien Monde (Cercopithecoidea) : Incluent les macaques, les babouins et les colobes, présents en Afrique et en Asie.
Comprennent les grands singes comme les gibbons, les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés et les humains.
Évolution des Hominoïdes et des Hominidés
Séparation des Hominoïdes : Les hominoïdes se séparent des autres primates il y a environ 25 à 30 millions d’années. Les hominoïdes incluent les gibbons et les grands singes (famille des Hylobatidae pour les gibbons et Hominidae pour les grands singes et les humains).
Les orangs-outans se séparent des autres hominidés il y a environ 14 à 16 millions d’années.
Les gorilles se séparent de la lignée menant aux humains et aux chimpanzés il y a environ 8 à 10 millions d’années.
La séparation entre la lignée humaine et celle des chimpanzés a eu lieu il y a environ 5 à 7 millions d’années.
Au stade de la recherche en 2023 anthropopaléontologie, on dénombre environ une trentaine « d’espèces » d’hominines .
Premiers Hominines :
Sahelanthropus tchadensis : Environ 7 millions d’années.
Orrorin tugenensis : Environ 6 millions d’années.
Ardipithecus : Environ 4,4 à 5,8 millions d’années, avec des espèces comme
Ardipithecus ramidus et Ardipithecus kadabba.
Australopithecus : Environ 4 à 2 millions d’années, avec des espèces comme
Australopithecus afarensis, Australopithecus africanus, Australopithecus anamensis, Australopithecus garhi, et Australopithecus sediba.
Paranthropus : Environ 2,5 à 1 million d’années, avec des espèces comme
Paranthropus aethiopicus, Paranthropus boisei, et Paranthropus robustus.
Genre Homo : Environ 2, 2000 lignes 8 millions d’années à aujourd’hui, avec des espèces comme Homo habilis, Homo rudolfensis, Homo erectus, Homo ergaster, Homo heidelbergensis, Homo neanderthalensis, Homo sapiens, Homo naledi, Homo floresiensis, Homo luzonensis, Homo antecessor, et Homo longi.
Espèces du Genre Homo et Hybridations
Homo habilis : Apparition il y a environ 2,8 millions d’années, extinction il y a environ 1,5 million d’années.
Homo erectus : Apparition il y a environ 1,9 million d’années, extinction il y a environ 110 000 ans.
Homo neanderthalensis : Apparition il y a environ 400 000 ans, extinction il y a environ 40 000 ans.
Homo sapiens : Apparition il y a environ 300 000 ans, c’est notre espèce actuelle.
Hybridations : Des cas d’hybridation ont eu lieu entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis, ainsi qu’entre Homo sapiens et Homo denisova, contribuant à l’évolution de notre espèce.
Le génome de l’Homo sapiens actuel contient entre 2 % et 3 % de gènes néandertaliens.
Conclusion
Les mammifères, apparus il y a environ 200 millions d’années, ont évolué à partir des synapsides. Les primates, une branche spécifique des mammifères placentaires, ont émergé il y a environ 65 millions d’années et se sont diversifiés en plusieurs sous-groupes. Les hominoïdes se sont séparés des autres primates il y a environ 25 à 30 millions d’années, avec les hominidés apparaissant il y a environ 14 à 16 millions d’années. Les premiers représentants du genre Homo sont apparus il y a environ 2,8 millions d’années.
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Les productions techniques et symboliques des hominines
1 – Les premiers outils en pierre connus, appelés outils oldowayens, apparaissent il y a environ 2,6 millions d’années. Ces outils étaient principalement des éclats de pierre utilisés pour couper et gratter. Le biface, pierre taillée sur deux faces, apparaît il y a environ 1,7 millions d’années.
Espèce associée : Homo habilis est souvent considéré comme le premier fabricant de ces outils, bien que certains outils plus anciens aient été trouvés en association avec des fossiles d’australopithèques.
Instruments pour tuer
Les outils plus complexes, tels que les haches acheuléennes, apparaissent vers 1,76 million d’années. Ces outils étaient utilisés non seulement pour couper des plantes mais aussi pour abattre des animaux.
Espèce associée : Homo erectus est souvent lié à la culture acheuléenne. Ces outils montrent une évolution significative par rapport aux outils oldowayens, indiquant une augmentation de la sophistication et de l’habileté technique.
La pierre polie apparaît bien plus tardivement au néolithique il y a environ 10 000 ans à la même époque que l’agriculture. (Entre -10 000 et -5000 selon les régions du globe).
2 – L’utilisation du feu.
Premières traces de feu utilitaire
Les preuves d’utilisation contrôlée du feu remontent à environ 1 million d’années, avec des traces plus certaines et répandues datant d’environ 800 000 ans.
Espèce associée : Homo erectus est également associé aux premières preuves de contrôle du feu. Des sites comme celui de Wonderwerk Cave en Afrique du Sud montrent des preuves de feux contrôlés datant de cette période.
L’utilisation d’un feu entretenu semble dater de 400 000.
3 – Premières sépultures
Les premières sépultures intentionnelles datent d’environ 100 000 ans. Ces pratiques funéraires témoignent d’une conscience de la mort et peut-être de croyances spirituelles ou religieuses.
Espèce associée : Les Néandertaliens (Homo neanderthalensis) sont parmi les premiers à montrer des preuves de sépultures intentionnelles. Des sites tels que Shanidar en Irak montrent des preuves de rituels funéraires néandertaliens.
Homo sapiens montre également des sépultures intentionnelles dès ses premières apparitions. Les sites de Skhul et Qafzeh en Israël, datant de 100 000 à 130 000 ans, montrent des sépultures de Homo sapiens.
Ces étapes marquent des avancées importantes dans le développement cognitif, social et technologique des premiers humains, témoignant de l’évolution complexe de nos ancêtres.
4 – Les premiers habitats ou abris.
Les premières traces d’habitats humains datent d’environ 400 000 à 500 000 ans. Ces premiers abris étaient souvent des structures temporaires faites de matériaux trouvés sur place, comme des branches, des pierres, et des peaux d’animaux.
Quelques exemples importants :
Les abris sous roche : Des cavités naturelles dans des falaises ou des formations rocheuses étaient utilisées par les premiers humains pour se protéger des intempéries. Ces abris sous roche offrent une protection naturelle contre les éléments.
Les huttes de branches et de peaux : Les premiers humains construisaient des huttes rudimentaires en utilisant des branches d’arbres, des feuilles, et des peaux d’animaux. Ces structures simples offraient une protection de base contre le froid et la pluie.
Les cabanes de mammouths : En Europe, il y a environ 15 000 à 20 000 ans, des groupes de chasseurs-cueilleurs ont construit des structures plus élaborées en utilisant des os de mammouths pour former des cadres, recouverts ensuite de peaux de mammouths et de terre.
Les habitations en terre et en bois : Au Néolithique, avec le développement de l’agriculture et la sédentarisation, les humains ont commencé à construire des maisons plus permanentes en utilisant des matériaux comme la terre, l’argile, et le bois. Ces habitations étaient plus durables et offraient une meilleure protection et un confort accru.
Les premières traces de constructions humaines montrent une progression de structures temporaires à des habitations plus permanentes et sophistiquées, reflétant l’évolution des modes de vie et des technologies de nos ancêtres.
Quelques détails sur l’habitation des grottes.
Les premières grottes habitées datent du Paléolithique, une période qui commence il y a environ 2,5 millions d’années et se termine vers 10 000 av. J.-C. Les plus anciennes traces d’occupation humaine dans des grottes remontent à cette époque.
Quelques exemples notables :
Grottes de Sterkfontein (Afrique du Sud) : Ces grottes contiennent des fossiles d’hominidés datant de plus de 2 millions d’années, parmi les plus anciens vestiges de l’humanité.
Grottes de Zhoukoudian (Chine) : Elles abritent des vestiges de l’Homo erectus, connus sous le nom d’Homme de Pékin, datant d’environ 770 000 à 230 000 ans.
Grottes de Lascaux (France) : Connues pour leurs peintures rupestres, ces grottes sont habitées et décorées par des humains modernes (Homo sapiens) il y a environ 17 000 ans.
Grottes de Chauvet (France) : Ces grottes contiennent des peintures rupestres et des traces d’occupation humaine datant d’environ 30 000 à 32 000 ans.
Ces sites montrent que les humains et leurs ancêtres ont utilisé des grottes pour se protéger des intempéries, des prédateurs et pour mener des activités culturelles et artistiques.
5 – Les objets décoratifs et de parure.
Les premiers objets décoratifs et les premières parures chez les hominines apparaissent au cours du Paléolithique moyen et supérieur, il y a environ 100 000 à 40 000 ans. Voici quelques points clés sur ces découvertes :
Paléolithique moyen (environ 300 000 à 40 000 ans avant le présent) :
Homo neanderthalensis : Les Néandertaliens ont fabriqué des objets décoratifs, comme des coquillages perforés et des dents d’animaux utilisées comme pendentifs. Les découvertes de sites comme celui de la grotte de Krapina en Croatie montrent que les Néandertaliens utilisaient des griffes d’aigle comme ornements.
Homo sapiens (les premiers humains modernes) : Des preuves de perles en coquillage provenant de sites comme Blombos Cave en Afrique du Sud, datées d’environ 75 000 ans, montrent que les premiers Homo sapiens créaient et portaient des objets décoratifs.
Paléolithique supérieur (environ 40 000 à 10 000 ans avant le présent) :
Homo sapiens : Cette période voit une explosion dans la variété et la complexité des objets décoratifs. On trouve des colliers en os, en ivoire, en coquillage, ainsi que des figurines sculptées, comme la célèbre "Vénus de Willendorf" datant d’environ 25 000 ans.
Les sites archéologiques en Europe, comme celui de Dolní Věstonice en République tchèque, montrent des preuves d’utilisation d’argile cuite pour fabriquer des figurines, des outils et des objets de parure.
Ces objets indiquent non seulement des compétences techniques avancées, mais aussi des aspects symboliques et sociaux complexes, comme la notion de statut, de prestige et d’identité culturelle chez les premiers humains.
6 – Les premières peintures et dessins connus dans l’histoire de l’humanité apparaissent il y a environ 30 000 à 40 000 ans. Voici quelques points clés concernant ces premières œuvres d’art :
Les peintures rupestres de la grotte Chauvet en France datent d’environ 36 000 ans avant notre ère. Ces œuvres représentent divers animaux tels que des chevaux, des rhinocéros, des lions, des buffles et des mammouths. La grotte de Lascaux, également en France, célèbre pour ses peintures détaillées d’animaux, date d’environ 17 000 ans avant notre ère.
Art mobilier :
Des objets d’art portables tels que des sculptures et des gravures sur os, ivoire ou pierre apparaissent également à cette époque. Par exemple, la Vénus de Hohle Fels, une statuette en ivoire de mammouth découverte en Allemagne, date d’environ 35 000 à 40 000 ans avant notre ère. Art rupestre dans d’autres régions :
En Espagne, les peintures de la grotte d’Altamira, célèbres pour leurs représentations de bisons, datent d’environ 14 000 à 18 000 ans avant notre ère.
En Indonésie, sur l’île de Sulawesi, des peintures rupestres datant d’environ 40 000 ans ont été découvertes, représentant des mains humaines et des animaux.
Ces découvertes montrent que l’expression artistique fait partie intégrante de l’humanité depuis des dizaines de milliers d’années, témoignant de la capacité de nos ancêtres à créer des œuvres symboliques et esthétiques.
Il est courant de dire que les chasseurs-cueilleurs apparaissent avec l’Homo sapiens il y a environ 300 001 et et disparaissent, avec quelques exceptions locales, il n’y a environ 10 000 ou 7000 ans avec l’apparition de l’agriculture. Les premières traces de pêche connue, em bord de mer) datent de 42 000 ans.
Mais comment se nourrissait plus anciennement encore les hominines ?
Les hominines, qui incluent les ancêtres directs et les proches parents de l’Homo sapiens, se nourrissaient de diverses manières tout au long de leur évolution. Leur régime alimentaire variait en fonction de leur environnement, des outils dont ils disposaient et de leur capacité à exploiter différentes sources de nourriture. Voici un aperçu des principales stratégies alimentaires des hominines :
1. Collecte de végétaux :
Fruits et baies : Les hominines cueillaient des fruits et des baies sauvages, qui étaient une source importante de vitamines et de glucides.
Feuilles et herbes : Ils consommaient également des feuilles, des herbes, des tubercules et des racines.
Graines et noix : Les graines et les noix étaient riches en graisses et en protéines et jouaient un rôle crucial dans leur alimentation.
2. Chasse :
Petits animaux : Les premiers hominines chassaient des petits animaux comme les rongeurs, les oiseaux et les reptiles.
Gros gibier : Avec le développement de techniques de chasse plus sophistiquées et d’outils comme les pointes de lance, ils ont commencé à chasser des animaux plus gros comme les antilopes, les bisons et les mammouths.
3. Pêche et collecte de fruits de mer :
Poissons : Les hominines vivant près des cours d’eau et des côtes pêchaient des poissons.
Fruits de mer : Ils ramassaient également des coquillages, des crustacés et des mollusques.
4. Charognage :
Viande de carcasse : Les hominines étaient parfois charognards, récupérant la viande et la moelle des carcasses laissées par les prédateurs.
5. Utilisation d’outils :
Outils en pierre : Les premiers outils en pierre, comme les éclats et les bifaces, étaient utilisés pour découper la viande et broyer les végétaux.
Outils en os et en bois : Plus tard, ils ont développé des outils en os et en bois pour améliorer leur efficacité dans la chasse et la collecte.
6. Techniques de cuisson :
Maîtrise du feu : La maîtrise du feu, qui est apparue il y a environ 1 à 1,5 million d’années, a permis aux hominines de cuire les aliments, rendant la viande plus facile à digérer et détruisant les parasites et les agents pathogènes.
En somme, les hominines ont évolué pour devenir des omnivores opportunistes, capables de tirer parti d’une large gamme de ressources alimentaires. Cette flexibilité alimentaire a été cruciale pour leur survie et leur adaptation à divers environnements à travers le temps. Cela a permis aussi au cerveau des hominines de se développer même si l’on a toujours tendance à considérer que l’usage de la main a été aussi un facteur de son développement cérébral. Jean-Jacques Hublin attire notre attention sur ce phénomène alimentaire et aussi le rôle de la complexité des rapports sociaux chez l’Homo sapiens.
Ses fonctions cognitives seront-elles suffisamment développées et partagées pour gérer pacifiquement cette complexité et éviter son autodestruction ? La situation politique internationale actuelle donne à cette question toute son acuité.
8. 1 – Le langage oral.
Les indications paléoanthropologiques sur l’origine du langage oral chez les humains et les hominines sont limitées, mais elles existent et proviennent de plusieurs sources de preuve indirectes :
Anatomie du crâne et du larynx :
Hyoïde : L’os hyoïde, qui soutient la langue et est essentiel pour la parole, a été trouvé chez des Néandertaliens. Sa similitude avec l’os hyoïde des humains modernes suggère que ces hominines avaient la capacité physique de produire des sons complexes.
Forme du crâne : L’étude de la base du crâne des fossiles peut donner des indices sur la position du larynx. Chez les humains modernes, un larynx plus bas permet une plus grande variété de sons.
Traces cérébrales :
Les empreintes internes de crânes fossiles (endocasts) peuvent révéler des informations sur la taille et la forme du cerveau. Les régions associées au langage chez les humains modernes, comme l’aire de Broca, peuvent laisser des marques sur la surface interne du crâne. Archéologie :
Outils et art : La sophistication des outils et des artefacts culturels (comme les peintures rupestres et les sculptures) peut indiquer des capacités cognitives avancées qui sont souvent associées à des compétences linguistiques complexes.
Organisation sociale : Des preuves de comportements sociaux complexes, comme les enterrements et les structures de vie avancées, suggèrent une communication avancée qui pourrait inclure le langage oral.
Génétique :
FOXP2 : Ce gène est lié à la capacité de parole et de langage chez les humains modernes. Les Néandertaliens et les Dénisoviens possédaient une version de ce gène similaire à celle des humains modernes, ce qui pourrait indiquer qu’ils avaient des capacités linguistiques.
Comparaison avec les primates :
En comparant les capacités vocales et cognitives des primates non humains, les scientifiques peuvent faire des inférences sur l’évolution de la communication vocale chez les hominines.
Malgré ces indices, il est important de remarquer que le langage ne laisse pas de traces fossiles directes. Les conclusions sur l’origine du langage oral chez les hominines sont donc basées sur des preuves indirectes et des interprétations de données anatomiques, archéologiques et génétiques.
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es premières traces de langage écrit chez les hominines, spécifiquement l’Homo sapiens, remontent à la période de la fin du Néolithique, vers la fin du 4e millénaire avant notre ère.
Premières Traces de Langage Écrit
Proto-écriture (vers 3500-3000 avant notre ère)
Mésopotamie (Sumérien) : Les premiers systèmes d’écriture ont été développés dans la région de Sumer, en Mésopotamie. Les Sumériens ont utilisé un système appelé cunéiforme, composé de pictogrammes qui représentaient des objets ou des concepts.
Sept écritures a été retrouvées sur des tablettes d’argile datant de -3400.
Égypte : Les hiéroglyphes égyptiens, un autre système de proto-écriture, ont également émergé à peu près à la même époque -3200. Cette écriture a été retrouvée graver sur des monuments ou sur des rouleaux de papyrus.
Apparition de l’écriture alphabétique.
La première écriture alphabétique connue date d’environ 1800 avant notre ère. Elle a été inventée par les peuples sémitiques de la région du Proche-Orient, notamment les Cananéens. Cet alphabet est souvent appelé l’alphabet protosinaïtique ou proto-cananéen. Il comportait environ 22 signes représentant des sons consonantiques, ce qui en fait un alphabet consonantique ou abjad.
L’écriture arabe, quant à elle, date du 4ème siècle de notre ère. Elle dérive de l’alphabet nabatéen, qui lui-même dérive de l’alphabet araméen. L’alphabet arabe s’est développé dans la péninsule arabique et comporte 28 lettres représentant des sons consonantiques et certains sons voyelles grâce à des diacritiques.
L’alphabet phénicien.
Origines et Caractéristiques :
L’alphabet phénicien est apparu vers le 11ème siècle avant J.-C. dans la région de la Phénicie, située le long de la côte de l’actuel Liban.
Il est composé de 22 lettres, toutes consonantiques. Cet alphabet est considéré comme un abjad, où chaque symbole représente une consonne, laissant les voyelles à être protestantes déduites par le lecteur.
C’était un alphabet linéaire et simple, ce qui le rendait facile à apprendre et à utiliser, notamment pour les commerçants.
Or Cet alphabet a eu une influence considérable sur la formation d’autres alphabets comme l’alphabet grec à ajouter des voyelles, l’alphabet latin et d’autres encore.
Pour éviter une tendance ethnocentrique, il faut tourner son regard au-delà de l’Europe ou du Moyen-Orient.
Chine :
Écriture sur os oraculaires (Jiaguwen) :
Période : Dynastie Shang (environ 1600-1046 av. J.-C.).
Description : Les inscriptions sur os oraculaires (écailles de tortue et omoplates de bœuf) sont parmi les plus anciennes formes d’écriture en Chine. Elles étaient utilisées à des fins divinatoires.
Caractéristiques : Les caractères étaient gravés puis soumis à la chaleur pour créer des fissures, interprétées par les devins. Ces inscriptions témoignent de l’utilisation d’un système d’écriture complexe et développé à cette époque.
Écriture sur bronze (Jinwen) :
Période : Dynastie Shang et Zhou (environ 1046-256 av. J.-C.).
Description : Les inscriptions sur objets en bronze, souvent des vases rituels, étaient utilisées pour enregistrer des événements importants et des actes religieux.
Caractéristiques : Les caractères étaient coulés dans le bronze, montrant une évolution et une formalisation de l’écriture.
Autres régions d’Asie
Écriture de la vallée de l’Indus :
Période : Civilisation de l’Indus, environ 2600-1900 av. J.-C.
Description : Cette écriture est encore largement indéchiffrée. Les inscriptions se trouvent sur des sceaux, des poteries et d’autres objets.
Caractéristiques : Les symboles sont variés et semblent avoir eu des fonctions administratives et religieuses.
Écriture Brahmi :
Période : Vers le 3ème siècle av. J.-C. (Inde ancienne).
Description : L’écriture Brahmi est l’une des plus anciennes écritures en Inde, précurseur de nombreux systèmes d’écriture en Asie du Sud et du Sud-Est.
Au Japon :
Les premières traces d’écriture trouvées au Japon remontent à l’introduction de l’écriture chinoise, qui a été introduite au Japon via la Corée au cours de la période Kofun (vers le 3ème au 7ème siècle après J.-C.). Cette introduction est souvent attribuée aux érudits et aux artisans coréens qui ont émigré au Japon. Voici quelques points clés :
Tablettes de bois et d’argile : Des fragments de tablettes de bois et d’argile inscrites avec des caractères chinois ont été découverts dans les anciens tumulus funéraires de la période Kofun. Ces inscriptions étaient utilisées pour des fins administratives et rituelles.
Documents administratifs : L’écriture chinoise a été adoptée par la cour impériale japonaise et utilisée pour la documentation officielle. Les premiers documents administratifs connus sont des décrets et des listes de tributs, datant des 5ème et 6ème siècles.
Amérique du Sud
Les premières formes d’écriture chez les Mayas et les Aztèques remontent à des périodes différentes.
Les Mayas
L’écriture maya, connue sous le nom de glyphe maya ou glyphes mayas, est apparue autour du 3ème siècle avant notre ère. Cependant, des preuves suggèrent que les premières formes d’écriture maya pourraient dater d’encore plus tôt, peut-être même du 1er millénaire avant notre ère. Les inscriptions les plus anciennes ont été trouvées sur des stèles, des céramiques et des codex (livres pliés en accordéon). L’écriture maya était extrêmement sophistiquée, combinant des éléments logographiques (où un symbole représente un mot) et syllabiques (où un symbole représente une syllabe).
Les Aztèques
L’écriture aztèque, souvent appelée écriture nahuatl ou codex aztèque, est apparue plus tardivement par rapport aux Mayas. Les premières traces d’écriture aztèque datent du 14ème siècle de notre ère. Cette écriture était moins développée que celle des Mayas et se composait principalement de pictogrammes (des dessins représentant des objets ou des concepts) et de quelques éléments phonétiques. Les codex aztèques, réalisés sur des supports comme le papier d’écorce (amatl), le cuir ou le tissu, contiennent des informations historiques, religieuses et administratives.
Synthèse un point commun à toutes ces écritures c’est qu’elles ont permis le développement des rapports administratifs, politiques et commerciaux ; la diffusion des religions ; la conservation et la transmission de la mémoire historique et plus généralement la transmission des connaissances entre Homo sapiens. L’invention de l’écriture coïncide avec le développement des cités – États. L’écriture et la lecture ont largement contribué au développement cognitif de l’Homo sapiens et à gérer la complexité sociale.
La diffusion de l’écriture a demandé un temps très variable d’une région à l’autre. (Voir par exemple le Japon).
Il faut remarquer aussi ce fait fondamental : la capacité de lire et d’écrire a été très longtemps réservée à un groupe d’Homo sapiens privilégié. Même dans les pays dits « développés », l’alphabétisation de la population est un phénomène très récent à l’échelle de l’histoire.
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Il ne s’agissait évidemment pas dans ce long article de faire une rétrospective historique du développement scientifique, technique et encore moins philosophique ou artistique de l’invention de l’agriculture et de l’élevage jusqu’à nos jours en passant par les différentes révolutions industrielles .
Nous avons simplement replacé l’Humain dans un processus d’évolution biologique, technique et culturel en montrant sa robustesse adaptative et sa grande fragilité comme espèce prédatrice d’elle-même et de son environnement.
** Hervé De Bebonrivage
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