5 janvier 1757 Dernier supplice public en France pour Robert François Damiens

vendredi 8 janvier 2021.
 

Ce 5 janvier 1757, Louis XV reçoit un coup de couteau qui le blesse légèrement. L’agresseur se nomme Robert François Damiens, domestique de son état.

Après un jugement inique, il est condamné à « faire amende honorable devant la principale porte de l’église de Paris » où il devait être « mené et conduit dans un tombereau, nu, en chemise, tenant une torche de cire ardente du poids de deux livres », puis « dans le dit tombereau, à la place de Grève, et sur un échafaud qui y sera dressé, tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite tenant en icelle le couteau dont il a commis le dit parricide, brûlée au feu de souffre, et sur les endroits où il sera tenaillé, jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix résine brûlante, de la cire et souffre fondus et ensuite son corps tiré et démembré à quatre chevaux et ses membres et corps consumés au feu, réduits en cendres et ses cendres jetées au vent ».

Son supplice s’étend sur toute la journée, il ne meurt en effet, qu’à la fin de son écartèlement qui dure plus de 2 heures, les bourreaux ayant oublié de couper préalablement les tendons pour faciliter cette opération.

Ce supplice est le dernier à s’être produit en France avant leur suppression par la Révolution Française.

Michel Foucault débute son ouvrage « Surveiller et punir » par la description de ce supplice. Dans celui-ci, il note la disparition de la peine - souffrance physique infligée au corps du condamné (supplice) et affirme qu’elle est remplacée par une peine - souffrance morale infligée à l’âme (privation de liberté).

Au supplice qui avait pour objectif de montrer au peuple toute la supériorité du pouvoir souverain lorsqu’on bafoue la loi qu’il a édictée, espérant ainsi dissuader et contrôler par la peur, les Lumières opposent une idée louable : instituer une punition juste assez forte en représentation pour dissuader, mais pas trop pour éviter une souffrance. Cela suppose entre autres des peines individualisées et variées. Cependant, c’est la détention qui est devenue la forme essentielle du châtiment.

Il convient de s’interroger sur le principe d’enfermement et, de manière encore plus urgente, sur les conditions de détention. Nous devons aujourd’hui mettre en œuvre une politique pénitentiaire humaine.


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