25 février 1848 : Première proclamation du droit au travail

vendredi 12 octobre 2018.
 

Le droit au travail est proclamé par le Gouvernement provisoire de la Seconde République mis en place dans la nuit du 24 au 25 février. Trois jours d’émeutes parisiennes ont permis de faire chuter la Monarchie de Juillet et de restaurer une République.

Le Gouvernement, à l’instigation de son aile gauche représentée par Louis Blanc et l’ouvrier Albert, « s’engage à garantir du travail à tous les citoyens ; il reconnaît que les ouvriers doivent s’associer entre eux pour jouir du bénéfice de leur travail ». La Seconde République veut assurer un travail aux 190 000 ouvriers et artisans parisiens touchés par la crise économique de 1846, particulièrement actifs dans la chute de la monarchie. Mais plus encore, c’est l’affirmation du rôle central de ce que l’on appelle aujourd’hui l’économie sociale et solidaire et la base de l’indemnisation des chômeurs.

Louis Blanc réclamait un « ministère du travail », avec des moyens propres et conséquents. Il n’obtient que la création les ateliers nationaux, structure chargée d’employer les chômeurs afin de rendre effectif le droit au travail. Ces ateliers prennent une forme d’organisation militaire. Les ouvriers qui y sont employés sont aussi gardes nationaux, ce qui doit permettre « de défendre la patrie ». Ces ateliers connaissent un succès tel qu’ils ont du mal à fournir du travail à tous.

Mais l’élection d’une assemblée conservatrice au printemps 1848, entraîne, le 21 juin, la fermeture des ateliers nationaux et déclenche « les Journées de juin ». Leur répression sanglante éteint l’espoir soulevé par la Révolution de Février 1848 et marque une rupture entre les socialistes partisans de la République sociale et les tenants de la République bourgeoise.

Un siècle et demi plus tard, le combat pour le droit au travail demeure une bataille emblématique de la gauche. Le préambule de la constitution de 1946 affirme le « droit d’obtenir un emploi », ce qui légitime l’indemnisation des chômeurs. Mais le traité de Lisbonne, en contradiction avec la déclaration universelle des Droits de l’Homme ne reconnaît que « le droit de travailler et la liberté de chercher un emploi ». La nuance est plus que symbolique.


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