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Après plusieurs mois de réflexion, d’errances, d’espérances, et je l’avoue de douleurs, je tiens à informer les électeurs de la région Nouvelle-Aquitaine de mon départ du Groupe Ecologiste. Parce qu’une sanction tout aussi illégale qu’inapplicable a été votée à mon encontre.
Je tiens d’abord à rappeler un fait simple : je ne suis pas adhérent des Écologistes. Je n’ai jamais sollicité une quelconque investiture de ce parti politique et ne relève d’aucune de ses procédures disciplinaires. Je suis un élu écologiste indépendant, libre de mes engagements et de mes positions, mandaté par les électrices et les électeurs de Nouvelle-Aquitaine.
À ma connaissance, je n’ai fait l’objet d’aucune procédure disciplinaire. Aucun grief n’a été formulé à l’encontre de mon action au sein du Conseil régional. Aucun reproche n’a été exprimé concernant mon implication dans les travaux de l’assemblée régionale ou de la Commission permanente. Aucune insuffisance, aucun manquement, aucune faute dans l’exercice de mes responsabilités institutionnelles n’ont été identifiés. J’ai même reversé consciencieusement une partie de mes indemnités au parti écologiste alors que rien ne m’y obligeait.
J’ai exercé mes responsabilités avec sérieux, loyauté et constance au service des valeurs écologistes, de la justice sociale, de l’égalité, de la lutte contre les discriminations et de la transition écologique.
Lors des élections municipales de mars 2026, j’ai fait le choix, à Bordeaux, de rejoindre la liste conduite par La France insoumise.
C’est essentiellement sur l’abandon des quartiers populaires et le refus d’un projet politique municipal à la hauteur du crime contre l’humanité que fut l’esclavage des noirs, que s’est cristallisée ma divergence stratégique avec l’ancienne majorité écologiste menée par Pierre Hurmic.
J’ai assumé ce choix local en toute transparence. Il ne remettait nullement en cause mon engagement régional ni ma loyauté envers le groupe Ecologiste.
Que des élus écologistes me reprochent d’avoir exprimé des divergences stratégiques et d’avoir œuvré à un rassemblement tel que l’immense majorité des Françaises et des Français l’a voulu pour s’opposer à l’extrême droite et à son projet raciste lors des élections législatives de 2024 est révélateur.
Je regrette moins cette décision que la manière dont elle a été prise. En effet, elle a été prononcée sans #procédure contradictoire, sans que nous ayons été entendus, sans qu’aucune #durée ne soit précisée et sans qu’aucun fondement explicite dans le #règlement intérieur ne soit invoqué pour la « justifier.
En ce qui me concerne, cette décision est non seulement irrégulière, mais également irresponsable. En tant que membre de la commission permanente, je suis appelé à me prononcer sur des rapports et des délibérations préparés en amont au sein du groupe politique.
En m’excluant de ces réunions, on me prive de la possibilité de participer aux échanges, de défendre mes positions, d’amender les propositions ou même de prendre connaissance des arbitrages collectifs avant le vote. Je me retrouve ainsi contraint de délibérer sur des dossiers que je n’ai pas pu examiner avec mes collègues, ce qui nuit à la qualité du travail collectif comme au bon exercice de mon mandat.
Une majorité est libre d’organiser ses responsabilités ; encore faut-il qu’elle le fasse dans le respect des principes de transparence et d’équité qu’elle revendique. Voir l’un des conseillers régionaux les plus identifiés publiquement, en raison de ces engagements, sanctionné disciplinairement de manière aussi absurde pour avoir exprimé des désaccords stratégiques en dit long sur les dérives et les paradoxes mortifères dans lesquels notre camp politique s’enfonce à quelques mois de l’élection présidentielle.
Au-delà de ma situation, cette décision fait écho aux débats qui traversent aujourd’hui Les Écologistes à l’échelle nationale. À l’approche de 2027, des tensions et menaces sont agitées à l’endroit de plusieurs dirigeants d’un mouvement qui semble incapable de faire vivre le pluralisme qu’il revendique.
Un mouvement qui s’est construit contre les logiques d’appareil, en faveur de l’horizontalité, de la participation et de la diversité des sensibilités politiques, semble aujourd’hui privilégier une forme de discipline bureaucratique où le désaccord devient un motif de mise à l’écart.
Quant à moi, je ne me tairai pas. Je continuerai à défendre une autre conception de l’engagement politique et le rassemblement de la Gauche, des Écologistes aux Insoumis. La loyauté n’est pas la docilité. Le pluralisme n’est pas l’uniformité. Une coalition est plus forte lorsqu’elle accepte le débat, respecte les parcours de chacun et considère la diversité des engagements comme une richesse plutôt qu’une menace.
Les responsabilités peuvent être retirées. Elles ne retirent ni la confiance des électrices et des électeurs, ni notre liberté de défendre nos convictions.
Je poursuivrai donc mon mandat avec la même détermination, au service de la justice sociale, de la transition écologique, de la lutte contre toutes les discriminations et du rassemblement des forces progressistes. Parce que je reste convaincu que l’avenir de la gauche et de l’écologie ne se construira ni par les exclusions ni par le conformisme, mais par le débat, le respect mutuel et la confiance.
KARFA SIRA DIALLO
Fondateur et Directeur de l’association internationale Mémoires & Partages - Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine
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