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Les électeurs républicains et démocrates de Floride étaient appelés mardi 18 août à désigner leurs candidats pour les midterms de novembre. Voici ce qu’il faut en retenir.
La socialiste Angie Nixon était en lice pour le poste de sénateur occupé par Marco Rubio avant qu’il devienne secrétaire d’État. Elle l’a emporté de 13 points face au vétéran Alex Vindman, soutenu par l’establishment démocrate. Une victoire tout aussi éclatante que surprenante, alors que son adversaire disposait d’un budget de campagne 16 fois supérieur au sien.
Mais dans ces primaires démocrates, le désir de dégagisme est parfois plus fort que la puissance financière. « Les sondages montrent que la majorité des sympathisants démocrates sont mécontents de leur parti. Ils l’expriment à travers ces votes antisystème », relève Serge Jaumain, professeur à l’université libre de Bruxelles.
Les républicains de Floride se frottent les mains. Ils estiment qu’une candidate socialiste sera plus facile à battre qu’un modéré parce qu’elle sera moins rassembleuse, moins susceptible d’attirer à elle les indépendants et les électeurs déçus par Donald Trump. A fortiori dans un État qui penche à droite.
En Floride, bastion du mouvement Maga, le résultat a de quoi surprendre : Cory Mills et Catalina Lauf, tous deux candidats à la Chambre des représentants, ont perdu malgré le soutien de Donald Trump. Le scénario tend à se répéter. Dans l’Iowa, dans le Minnesota, en Géorgie, en Caroline du Sud, mais aussi hier dans le Wyoming, les candidats au poste de gouverneur soutenus par le président ont tous été battus. Une tendance qui s’explique par un mécontentement croissant envers le locataire de la Maison Blanche, jusque dans son propre camp. Mais aussi en raison du profil de certains candidats. Cory Mills, en l’occurrence, est accusé de menace et de harcèlement par une ancienne compagne.
Byron Donalds n’avait pas le soutien du gouverneur sortant Ron DeSantis. Il l’a tout de même emporté avec 47% des voix, loin devant son premier concurrent. S’il gagne en novembre, il deviendra le premier Afro-Américain à occuper ce poste dans un État du Sud. Mais pour cela, il devra battre celui que les démocrates ont désigné hier : David Jolly, un ancien républicain passé dans les rangs adverses l’année dernière. Certains républicains craignent que les électeurs blancs des comtés ruraux préfèrent rester chez eux le 3 novembre plutôt que de voter pour un candidat noir. Byron Donalds a néanmoins toutes ses chances : la dernière fois qu’un démocrate est devenu gouverneur de Floride remonte à 1994.
Les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti du président. Celles-ci ne devraient pas faire exception. Pour obtenir la majorité au Congrès, les démocrates devront faire basculer quatre sièges au Sénat et trois à la Chambre des représentants. Mais le redécoupage électoral auquel les républicains de Floride ont procédé le 10 juin dernier pourrait leur compliquer la tâche. Alors que le Grand Old Party détient actuellement 24 des 28 circonscriptions de l’État, ce nombre pourrait passer à 28 si ce gerrymandering portait ses fruits. Soit quatre sièges de plus à la Chambre des représentants.
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