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Alors que l’incendie en Gironde est toujours en cours, et a déjà ravagé plus de 43.000 hectares, certains habitants ont pu se rendre dans leur maison qu’ils ont dû évacuer il y a quelques jours. C’est le cas d’Yves, habitant, du Porge. Sur place, il a découvert sa maison entièrement détruite. Un sentiment de désolation qui se mêle à la colère ce mardi sur RMC. Il estime qu’il va falloir "demander des comptes" à l’Etat, et explique qu’un collectif d’habitants est en cours de création.
"C’est une vision d’horreur". Le Porge est l’une des communes qui a été la plus touchée par l’immense incendie qui ravage la Gironde. Sur RMC, lundi 27 juillet, le maire, Martial Zaninetti, a indiqué que 183 maisons ont été détruites par l’incendie. Cela représente 20% des habitations de la commune.
Parmi les maisons détruites, il y a celle d’Yves Brugieregarde. Il vit au Porge depuis 15 ans et a pu retourner lundi sur place pour constater les dégâts. Invité de RMC ce mardi 28 juillet, il témoigne :
“C’est l’apocalypse. C’est inimaginable. Il ne reste vraiment plus rien. Il y a quelques murs qui sont debout, mais il ne reste rien, tout s’est effondré. À l’intérieur de la maison, on ne reconnaît même pas les meubles. Je suis entré dedans et comme les cloisons ont disparu à un moment, j’étais perdu dans ma propre maison, je ne savais pas dans quelle pièce j’étais. C’est terrifiant”, appuie-t-il.
Il ajoute :
“À l’intérieur de la maison, on ne reconnaît même pas les meubles. Je suis entré dedans et comme les cloisons ont disparu à un moment, j’étais perdu dans ma propre maison, je ne savais pas dans quelle pièce j’étais. C’est terrifiant”.
Si le temps est encore à la désolation, pointe déjà la colère. Car pour Yves Brugieregarde, de nombreuses interrogations persistent, et il attend des réponses.
“On ne comprend pas comment un pays qui se dit être une puissance mondiale peut faillir et permettre que 183 maisons disparaissent comme ça, que des familles soient brisées”, appuie-t-il.
Il pointe notamment du doigt le temps mis par les pompiers pour débuter l’intervention. En effet, comme l’indiquait le marie du Porge lundi, au démarrage du feu, les pompiers au sol n’ont pas pu intervenir tout de suite, car ils devaient attendre les renforts aériens qui auraient mis quelques heures à arriver. "Si c’est vrai, c’est dramatique car ce serait deux heures de perdues", lance Yves.
Une situation qui l’interroge, alors qu’un collectif "est en train de se monter" avec d’autres habitants pour réaliser "une action commune".
"Il va falloir demander des comptes à l’Etat. Comment cela a pu avoir lieu ? On a entendu des décisions qui peuvent sembler aberrantes", lance-t-il.
"Dans le village la parole commence à gronder un peu. Il y a beaucoup de colère. On veut des réponses et on veut qu’on nous aide”, appuie-t-il.
Autre question qui perdure pour l’instant, c’est l’origine du feu. Celui-ci aurait pu être déclenché par un chantier de débroussaillage sous une ligne électrique réalisé par un prestataire d’Enedis. Une piste confirmée par le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, lundi. "Le feu semble bien avoir pour origine un chantier, qui avait débuté juste avant", indiquait-il.
Et Yves s’inquiète aussi de ce qui va arriver après. Avec notamment les déclarations aux assurances.
“On va être confronté aux assurances, à leur ignominie. Ils vont nous parler de coefficient de vétusté et tout. Mais une vie ce n’est pas une question de vétusté”, souffle-t-il très ému.
Pour Yves, comme pour les autres habitants du Porge, la question de l’avenir est très flou. À l’heure actuelle, difficile de s’imaginer vivre de nouveau ici. “On est parti vite, mais en pensant que c’était juste une mesure de précaution et quand je suis revenu, c’est la désolation totale. Je ne sais pas comment on pourra revivre à cet endroit-là. Il y a l’aspect psychologique”, indique-t-il.
Et il ajoute : “Moi ça ne fait que 15 ans que j’habite au Porge, il y a des gens, c’est toute leur vie, c’est des maisons de familles depuis plusieurs générations. Et puis comment reconstruire, comment se projeter ? Pour le moment, c’est très difficile”.
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