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La critique radicale de l’idéologie de la performance par le biologiste Olivier Hamant est non seulement parfaitement pertinente mais a des implications politiques considérables.
Nous partageons ici une interview du biologiste Olivier Hamant sur l’excellent site alternatif Elucid traitant notamment des notions de performance et de robustesse et de la coopération face à la compétition. Ces analyses rejoignent remarquablement celles de La France Insoumise.
Élucid – « On a perdu le contrôle » : le culte de la performance accélère l’effondrement ! (Olivier Hamant) Cette page contient l’interview vidéo d’Olivier Hamant réalisée par Olivier Berruyer. L’article a été publié le 27 juin 2026 et été mis en avant début juillet. https://elucid.media/environnement/...
Site web associé : Institut Michel Serres – pour les ressources et les biens communs https://institutmichelserres.fr/?ut...
Olivier Hamant a réalisé plusieurs conférences notamment dans des sites universitaires qui approfondissent les notions de performance et de robustesse abordées dans l’interview précédent.
Conférence d’OlivierHamant sur la robustesse https://www.google.com/search?q=Sit...
Comment sortir du culte de la performance https://www.youtube.com/watch?v=TEN...
Des informations sur la biographie de Olivier Hamant avec Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivie...
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Voici un résumé des idées Olivier Hamant sur les notions de performance , de robustesse, de compétition et de coopération .
Performance vs robustesse Hamant part d’une observation issue de la biologie végétale : le vivant n’est pas performant, il est robuste. La performance, c’est l’addition de l’efficacité (atteindre un objectif) et de l’efficience (avec le moins de moyens possible) — elle ouvre la voie de l’optimisation et de la compétition. Or ce n’est pas la logique des organismes vivants.
Le vivant gaspille, et c’est précisément ce qui le rend robuste, c’est-à-dire capable de s’adapter aux fluctuations. Pour Hamant, la robustesse se construit sur des contre-performances : elle nécessite des marges de manœuvre, du « jeu dans les rouages », c’est-à-dire des redondances, de l’hétérogénéité, des lenteurs, des erreurs, de l’imprécision — tout ce que nos sociétés cherchent au contraire à éliminer au nom de la performance.
Un principe qu’il emprunte à l’ingénierie et à la cybernétique résume l’idée : un système très performant est un système très canalisé, donc fragile. Et la robustesse est un système stable et viable malgré les fluctuations — la capacité à rester debout, à fonctionner, quand tout autour bouge, change, vacille. Sa conclusion est volontairement provocatrice : ceux qui veulent éliminer toute vulnérabilité par le contrôle absolu (il cite le transhumanisme) oublient qu’on n’est invulnérable que lorsqu’on est mort.
Compétition vs coopération Sur ce point, Hamant s’appuie sur une loi biologique générale : quand il y a de l’abondance de ressources, cela stimule la compétition ; c’est quand il y a pénurie que les êtres vivants basculent vers la coopération. La domestication de la nature depuis le Néolithique a créé une abondance artificielle de ressources qui a, selon lui, entretenu nos réflexes compétitifs — à rebours de ce que ferait un écosystème en tension.
Aujourd’hui, face à la raréfaction des ressources matérielles, Hamant pense qu’un basculement est possible, voire nécessaire : quand on arrive à la fin de l’abondance matérielle, on bascule vers l’abondance des interactions — comme le font les êtres vivants lorsqu’ils passent de la compétition à la coopération face à une pénurie, en multipliant les interactions. Il va jusqu’à dire que la coopération n’est pas un supplément d’âme mais une loi du vivant, la symbiose dominant sur Terre, à travers les réseaux entre racines, champignons, bactéries et climats.
Il nuance toutefois : toute coopération ne se vaut pas. La coopération véritable se vit dans un territoire ; la coopération numérique, elle, éloigne du territoire — ce n’est plus de la coopération, c’est de l’addiction. C’est pourquoi il valorise particulièrement les structures comme les coopératives (Scop, Scic), qui incarnent ce retour à la coopération ancrée, mutualisant les ressources locales.
Le fil qui relie les deux couples de notions Pour Hamant, performance et compétition vont ensemble, tout comme robustesse et coopération. Dans le monde vivant, des espèces passent de la compétition à la coopération selon l’état de leur environnement, stable ou en pénurie, et il voit dans l’émergence actuelle de modèles coopératifs (conventions citoyennes, ateliers de réparation, agroécologie) un signe positif de basculement, une réponse au contexte instable que nous traversons.
Sa thèse politique et sociale : nos sociétés doivent viser la robustesse à tous les niveaux — une voie qui est aussi une manière de se réconcilier avec la nature, en formant des coopérateurs plutôt que des compétiteurs. Il ne s’agit pas de demander plus d’efforts et de performance, mais de rendre désirable la robustesse : le monde des liens, des projets joyeux, des interactions fertiles, des territoires vivants.
Ces idées sont développées notamment dans La Troisième Voie du vivant (Odile Jacob, 2022) et Antidote au culte de la performance : la robustesse du vivant (Gallimard, 2023).
On remarque aisément que ces idées rejoignent celle de la philosophie politique de la France Insoumise qui vise la construction de l’harmonie entre les hommes et entre les hommes et la nature. Certains lecteurs pourraient s’étonner que l’auteur ne se réfère pas à la tyrannie de la performance dans le système capitaliste et dans l’idéologie néolibérale. Or, ce culte de la performance s’est développé aussi dans les systèmes socialistes – étatiques comme en URSS. D’un côté le taylorisme, de l’autre le stakhanovisme. Il s’agit donc en réalité d’une critique dépassant celle du cadre capitaliste : il s’agit de critiquer la notion de performance mise en avant dans les sociétés productivistes.
Olivier nous met en garde, par ses idées, contre une planification écologique de type bureaucratique fondé sur la performance. Il montre que le culte de la performance est incompatible avec une véritable démocratie qui, pour fonctionner, nécessite du débat, de la contradiction et donc du temps contrairement à un fonctionnement dictatorial.
Cet intellectuel ne s’inscrit pas dans la mouvance d’une organisation politique qui, par nature, est en compétition avec d’autres mais cherche à s’adresser à un maximum de citoyens d’une manière transversale pour avoir un maximum d’audience pour ce qui constitue bien, en réalité, un combat idéologique progressiste
Hervé Debonrivage.
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