Une étude inédite révèle 10.000 ans de présence humaine dans les Pyrénées espagnoles

dimanche 28 juin 2026.
 

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À l’aide de la datation au carbone, des chercheurs ont retracé la chronologie d’un parc national situé dans les Pyrénées espagnoles. Leurs échantillons de données issus de 380 sites du Parc national d’Aigüestortes et lac Saint-Maurice (Estany de Sant Maurici) permettent de confirmer une occupation humaine pendant plusieurs milliers d’années en montagne.

Une base de données inédite accessible à tous. Après 20 ans de fouilles archéologiques dans le Parc national d’Aigüestortes et lac Saint-Maurice, dans les Pyrénées espagnoles, les chercheurs de l’Université autonome de Barcelone ont publié les résultats d’analyse de 124 échantillons datés au carbone 14, issus de 45 sites. Ces recherches publiées dans la revue Archeologica Data mettent notamment en lumière plus de 10.000 ans d’occupation humaine continue dans cette région des Pyrénées, sur des sites situés à plus de 2.000 mètres d’altitude.

Selon Ermengol Gassiot, directeur du Groupe d’archéologie de haute montagne (GAAM), cette base de données représente "la première série systématique de datations absolues publiée publiquement pour une zone de haute montagne des Pyrénées". Comme le relève Phys.org, les résultats confirment la présence humaine continue au-dessus de 2.000 mètres d’altitude pendant plus de 10.000 ans et montrent que trois des sites fouillés présentent des datations continues s’étendant sur plusieurs milliers d’années.

La confirmation d’une occupation humaine continue pendant 10.000 ans

Les plus anciennes traces de cette occupation humaine dans les Pyrénées espagnoles remonteraient ainsi au tout début de la période de l’Holocène, il y a plus de 10.000 ans. Ces traces ont été retrouvées dans l’abri sous roche d’Obagues de Ratera, à 2.320 mètres d’altitude.

Cet endroit a particulièrement interpellé les chercheurs car les analyses ont confirmé une occupation humaine qui a traversé le Mésolithique au Néolithique (la fin du Néolithique, datée entre 5.300 et 4.500 ans avant notre ère), le Chalcolithique, l’âge de Bronze jusqu’au début de l’âge du Fer, puis le Haut Moyen Âge jusqu’aux XIXe et XXe siècles. "Il s’agit d’une séquence temporelle exceptionnelle, que l’on retrouve très rarement sur les sites catalans, et pas seulement en haute montagne", commente Guillem Salvador, coauteur de l’étude.

D’autres localisations du Parc national d’Aigüestortes et lac Saint-Maurice, la Cova del Sardo et l’abri de Portarró, indiquent des traces d’occupation qui remontent respectivement à 7.500 ans et 7.300 ans.

Une classification chronologique de 380 sites documentés pendant plus de 20 ans

Cette base de données désormais publique regroupe donc 20 ans de travaux de recherches dirigés par Ermengol Gassiot. Outre les preuves d’une occupation humaine tout au long de l’Holocène, ces résultats permettent notamment de nuancer les croyances selon lesquelles les zones de haute montagne sont des espaces vierges.

"Ces données nous permettent de retracer cette histoire et révèlent un fait essentiel : les sites situés en haute montagne, des lieux que nous jugerions inaccessibles et inhospitaliers, témoignent souvent de longues périodes d’occupation humaine", souligne l’archéologue. Au total, 380 sites ont été passés au crible.

Par Jeanne Martin, Journaliste généraliste


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