Révélations : Tondelier lance la purge contre les pro-Mélenchon et pro-Glucksmann

dimanche 28 juin 2026.
 

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Les écologistes sont-ils sur le point de se couper de leurs deux personnalités publiques les plus visibles sur la scène politique ?

Les 13 et 14 juin derniers, le conseil fédéral des Écologistes a adopté une motion prévoyant l’exclusion de tout adhérent qui se présenterait face à un candidat officiellement investi par le parti ou qui apporterait son soutien à une candidature concurrente. Selon les informations du Média TV, cette séquence ne constitue toutefois qu’un volet d’une offensive politique plus large engagée depuis plusieurs semaines au sein du parti.

Une tribune, préparée par des soutiens de la motion portée par Marine Tondelier lors du récent congrès, était ainsi en cours de rédaction afin de recadrer publiquement plusieurs figures du mouvement. Sans les citer frontalement comme adversaires, le texte visait de manière peu subtile la députée Sandrine Rousseau et le sénateur Yannick Jadot, à qui il était reproché de prendre leurs distances avec la stratégie défendue par la direction actuelle. Au cœur des tensions : la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

Une tribune avant la purge ?

"Nous le rappelons, pour celles et ceux qui souhaiteraient réécrire l’histoire ou ont du mal avec les faits : la participation des Écologistes à une primaire de la gauche et des Écologistes pour désigner le/la candidat·e de rassemblement à la présidentielle de 2027 et la désignation de Marine Tondelier comme candidate des Écologistes à la primaire ont été validées par plus de 80% des militant·es" écrivent les auteurs de ce projet de tribune, dont Le Média s’est procuré en exclusivité le texte.

Un argument qui s’appuie sur le vote organisé en décembre 2025. Mais celui-ci portait explicitement sur l’hypothèse d’une primaire commune à l’ensemble de la gauche et des écologistes, un scénario qui, à ce stade, paraît de plus en plus hypothétique.

Mais ce projet de tribune ne s’arrête pas uniquement à la critique, elle identifie d’abord les personnes ciblées : "Sous les sunlights et dans les haut-parleurs de ces derniers jours, nous avons : l’affichage de l’une de nos figures nationales avec les leaders d’une construction politique autour d’un candidat déclaré de longue date" Cette partie fait référence, de manière peu subtile au sénateur Yannick Jadot, ex-candidat à la présidentielle, qui a participé au meeting de Raphaël Glucksmann, aux Docks d’Aubervilliers.

Plus loin, les initiateurs de cette tribune poursuivent leurs critiques en visant plus explicitement une responsable écologiste : Sandrine Rousseau, sans toutefois, elle non plus, oser la nommer.

Ses auteurs dénoncent « la déclaration d’une autre de nos figures nationales » qui aurait qualifié d’« irresponsable » la stratégie validée par le parti après l’annonce de la candidature d’un autre dirigeant de gauche. Ils l’accusent également d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux des citations « tronquées » de Marine Tondelier, omettant selon eux ses appels à l’union de la gauche et des écologistes, tout en relayant des extraits choisis afin de susciter des soutiens extérieurs et de discréditer la direction du parti.

On était au premier meeting de Glucksmann (et on a rencontré ses soutiens...) Raphaël Glucksmann a réuni ses soutiens aux Docks de Paris, à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, pour son premier grand…

La parlementaire avait effectivement récemment reproché à la direction écologiste d’avoir placé le destin de la primaire « entre les mains des socialistes » tout en prenant ses distances avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. Elle affirmait également qu’une partie importante des militants écologistes souhaitait soutenir une candidature Mélenchon dès le premier tour et jugeait risquée la perspective d’une candidature écologiste autonome « alors que le RN est aux portes du pouvoir ». Des prises de position qui ont manifestement suscité l’irritation des rédacteurs de la tribune.

« C’est un grand signe de fébrilité » de la part de Tondelier, déplore Sandrine Rousseau

Ces derniers vont jusqu’à appeler la députée et le sénateur écologiste, à clarifier leur position et à en tirer les conséquences organisationnelles. « Alors, soyez enfin transparent·es : annoncez clairement que vous soutenez dès maintenant une autre candidature que celle validée par le parti et ses instances souveraines. Énoncez vos choix et assumez-les, en tirant la conclusion qui s’impose : vous devez vous mettre en retrait du parti », écrivent-ils.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), le sénateur du Rhône Thomas Dossus, membre du bureau politique des Écologistes, a toutefois essayé de relativiser l’importance de nos révélations, affirmant que « l’auteur de la tribune l’a retirée, donc aucune publication n’est prévue ». Un élément qui interroge sur le calendrier réel de rédaction du texte. Celui-ci mentionne en effet pourtant le meeting de lancement de campagne de Raphaël Glucksmann, organisé il y a seulement quatre jours et selon nos informations, la tribune a été transmise dans la boucle fédérale le 12 juin par le chef de file de Marine Tondelier en Île-de-France pour le congrès à venir.

« Tondelier s’est mise dans la merde toute seule en faisant croire aux membres du parti que Glucksmann et Melenchon pouvaient participer à la même primaire » Un cadre des Écologistes

Contactée par Le Média, Sandrine Rousseau réagit avec ironie à cette séquence interne : « Les écologistes vont réussir l’exploit d’exclure tous les débatteurs avant de débattre de la ligne »... avant de pointer également l’effacement depuis 2021 des personnalités nationales : lors de la primaire des écologistes, trois candidats EELV étaient représentés, à savoir Eric Piolle (suspendu des écologistes en 2025 après l’ouverture d’une enquête pour concussion), Yannick Jadot et Sandrine Rousseau.

"Quand on n’a pas d’argument au fond sur une stratégie ni suffisamment de soutiens en interne pour la faire passer, on n’a plus qu’une solution : virer les détracteurs. C’est un grand signe de fébrilité de la direction du parti" déplore Sandrine Rousseau, qui avait déjà décrit la violence qu’elle subissait, sur Le Fauteuil du Média TV.

En interne, la stratégie solitaire de Tondelier sous vernis unioniste est désormais loin de plaire aux militants, comme à certains élus. "Elle (ndlr : Tondelier) s’est mise dans la merde toute seule en faisant croire aux membres du parti que Glucksmann et Mélenchon pouvaient participer à la même primaire" souligne un élu écologiste au Média TV, consterné par la situation du parti.


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