Avec les offices municipaux de lutte contre les discriminations, les Insoumis veulent faire de leurs villes un creuset de la nouvelle France

lundi 2 mars 2026.
 

Dans quelques semaines, le peuple pourra compter sur les mairies insoumises pour ancrer ces luttes. Chacune d’entre elles se dotera d’un office communal ou intercommunal de lutte contre les discriminations. Les élu·es insoumis·es préfigureront les politiques de rupture avec le néolibéralisme qui pourrit la vie et divise le peuple. La constitution de la Nouvelle France commencera dans les communes.

« Notre poids politique et électoral dérange »

Ces élections municipales interviennent alors que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon fête ses dix ans d’existence. Insoumis… mais à quoi ? À l’ordre établi par une oligarchie accrochée à ses privilèges.

En une décennie, un travail patient a permis de conquérir la confiance des classes populaires, et d’attirer des attaques proportionnelles à cette progression. Car son poids politique et électoral dérange.

La séquence actuelle en témoigne. Les positions insoumises sont caricaturées, amalgamées, déformées pour mieux être disqualifiées. LFI est accusée tour à tour d’islamisme, d’autoritarisme, d’antisémitisme, voire de criminalité. Ces anathèmes ne disent rien de son projet ; ils traduisent surtout le mépris social adressé aux classes populaires que LFI représente.

La banalisation du projet sexiste, raciste, xénophobe, LGBTIphobe et validiste

Pendant ce temps, l’extrême droite progresse et impose son agenda. Son projet est intrinsèquement violent, et il bénéficie aujourd’hui de relais institutionnels et médiatiques puissants, du Rassemblement national aux médias de Bolloré. La crise du néolibéralisme a nourri une colère populaire que les réactionnaires détournent vers des boucs émissaires, tandis que les élites centristes reprennent leurs thèmes au nom de l’ordre et de la stabilité.

La diabolisation de La France insoumise s’inscrit dans ce contexte : isoler la principale force d’opposition pour banaliser l’extrême droite et affaiblir le camp social, antiraciste, féministe et écologiste.

Face à cette dynamique, la réponse ne peut être le repli ni la quête de respectabilité envers la bourgeoisie. Elle doit être le renforcement d’un front antifasciste et populaire. La crise actuelle n’est pas seulement une menace : elle révèle les tensions d’un système à bout de souffle, et rend la rupture non seulement nécessaire, mais possible.

Les discriminations comme obstacle à combattre

Selon le Défenseur des droits, une personne sur cinq déclare avoir été victime de discriminations en France. Il est nécessaire de combattre toutes les formes de dominations et d’exploitation. Celles contre les femmes, les personnes racisées, immigrées, LGBTI+, handicapées.

Dans la bataille pour l’inclusion, les communes insoumises doivent se dresser contre la banalisation des violences sexistes, racistes et LGBTIphobes. Ces dernières sont massives et largement sous-déclarées : seules 4 % des personnes victimes de violences racistes, 6 % des femmes victimes de violences sexuelles et 5 % des victimes d’injures homophobes osent déposer plainte.

Selon les auteur·ices de l’ouvrage « Pour un nouveau communalisme », « ce déficit de recours s’explique par le manque d’accès à l’information, d’accompagnement juridique, ainsi que par la défiance, souvent légitime, envers les institutions policière et judiciaire ». Les municipalités insoumises seront en ce sens des espaces de soutien, d’accueil et d’accompagnement des victimes.

Les offices de lutte contre les discriminations : des « communes refuges » pour les droits universels

Les candidat·es insoumis·es proposent ainsi la création d’un office communal ou intercommunal de lutte contre les discriminations. Cela permettra de mieux connaître la réalité locale des discriminations et de mettre en œuvre des politiques pour répondre aux besoins des habitant·es.

Il s’agira d’associer les associations et les habitants (tirés au sort), leur permettre de mener des auditions d’experts, commander des rapports et de présenter leurs recommandations au conseil municipal.

Cet office sera central dans les politiques de lutte contre les discriminations. Un budget participatif lui sera dédié et spécifique, avec des appels à projets citoyens et une mise en œuvre de campagnes pour lutter contre les discriminations.

Enfin, ils permettront le recueil et le signalement de discriminations par la mise en place de permanences, en lien avec le CCAS et/ou les associations.

Les mairies insoumises, en plus d’être des « communes refuges » pour les minorités humiliées et menacées, préfigureront l’extension des droits nouveaux. Elles agiront concrètement pour l’émancipation de chacun et chacune. « Les communes peuvent, en créant les conditions d’un peuple nouveau fondé sur un égalitarisme renouvelé, être le creuset de la nouvelle France. Elles doivent tenir bon sur l’idée que la solidarité municipale est la richesse de ceux qui ont le moins et que la défense des droits des minorités, y compris à l’échelle locale, profite toujours in fine au plus grand nombre ».

Par Lilian Davy


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