Emmanuel Grégoire comme pigeon dans la farce

vendredi 13 février 2026.
 

Quelle savoureuse pièce de théâtre de boulevard cette campagne municipale des socialistes parisiens et de leurs commensaux. Leur candidat maire, est le sieur Grégoire, actuel premier adjoint de la maire Anne Hidalgo. Il l’a trahie. Justice immanente : il sait déjà qu’il ne sera jamais maire, quoiqu’il arrive. C’est déprimant pour faire campagne. Et ça le rend plus poussif que jamais.

En effet, il a lu les confidences dans le journal « Le Figaro ». C’est là que le président du groupe Horizons (dissident macroniste tendance Edouard Philippe) au Conseil de Paris a vendu une mèche que d’aucuns croyaient bien cachée. Il révèle qu’on a voulu l’associer à un complot entre les membres de la liste Bournazel (macroniste) et certains PS pour désigner celui qui pourrait « réunir tout le monde au troisième tour ». Le troisième tour, c’est le dimanche après le résultat des élections quand le Conseil de Paris élit le maire.

Du coup, Grégoire vient de découvrir que son fauteuil de maire est devenu un siège éjectable pour lui. Et le bouton « ON » a été armé. Voici la recette de la mécanique. Primo, Gregoire a dit qu’il ne ferait jamais alliance avec LFI et les Verts populaires de la liste Chikirou. « Ni au premier ni au deuxième tour ». Il l’a dit et répété il y a encore trois jours. Et alors ? Avec qui compte-t-il gagner le « troisième tour » puisqu’il est certain de n’avoir aucune majorité absolue sans LFI ? Avec Bournazel. Mais pour vaincre les réticences, il faudra un sacrifice rituel du PS. Ça tombe bien les candidat.es remplaçants ne manquent pas.

Le Figaro a demandé confirmation au démissionnaire. Le Figaro : « Vous faites donc référence à un autre candidat de gauche, et non au socialiste Emmanuel Grégoire ? », « Oui » répond le petit rapporteur. Et il précise : « Plusieurs candidats en secret font campagne et des noms sont déjà testés auprès de certains conseillers de Paris, dont j’ai fait partie. Cela est inacceptable pour les électeurs. » En secret ! Des noms sont testés ! Du diable si tous ces gens vont se souvenir des électeurs une semaine après avoir été élus s’ils ont déjà oublié le nom de leur candidat un mois avant ! Donc le concours du remplacement est ouvert.

Du coup le Grégoire c’était déjà pas un aigle. Le voilà pigeon de l’élection. Le jus est faible. Ça se voit. Il vient de publier un « programme ». Les débiteurs de « Libération » disent que c’est le même que celui de Chikirou. Donc il faudrait voter tout de suite Grégoire dit le journal de la haine anti LFI. Les « journalistes » ânonnent ce refrain. Mais maintenant on sait que voter Grégoire, c’est élire un inconnu caché. Mais qui ? Le recopiage du programme insoumis ne trouble pas le bulletin paroissial de la petite gôche parisienne. Sans doute parce que les plumes de service doivent trop de choses à vingt-cinq ans de copinage avec la mairie. On raconte ?

Pourtant, le plagiat de Grégoire va loin. Le programme et la liste Chikirou s’appellent « le Nouveau Paris populaire ». Celui que vient d’éditer le zombie PS Grégoire s’appelle… « Paris populaire ». Pourri à souhait. La force de conviction sur laquelle compte ce radeau de la méduse de Grégoire, c’est la force de confusion. À Paris, on connaît. Danielle Simonnet faisait déjà campagne contre la dirigeante CGT Céline Verzeletti investie par les insoumis, en se réclamant du NFP, et même de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute fait-elle déjà partie du complot Bournezélien, car ses compétences en matière de trahison trouveront leur emploi.

Car pour les sales coups Grégoire est entouré de toutes les compétences. Être le premier adjoint d’une candidate maire qui fait 20 000 voix sur deux millions d’habitants dans une ville qu’il dirige avec elle, cela demande un bon niveau de compétence en sabotage. Et pour les conseils juridiques ? Grégoire a déjà le must. L’immense Valette-Valla, l’ancien patron de Tracfin, est là ! Lui-même. « La Lettre A » nous l’apprend. Certes, il en a été « débarqué en mars 2024 après un rapport de l’Inspection des services de renseignement(ISR) pointant des problèmes de management (LL du 28/02/24) ». « Débarqué », c’est le mot de cette lettre confidentielle (pub gratuite), « problème de management », c’est la version officielle de ladite Lettre A.

Mais des témoins préférant garder leur anonymat, mentionnent aussi autant l’inquiétude créée par ses étranges comportements et déplacements aux Émirats arabes unis et ses coups tordus. Comme par exemple, mais pas exclusivement, contre le député insoumis Carlos Martens Bilongo. Il y a aussi l’affaire Sihem Souid qui accuse Tracfin d’avoir inventé de toute pièce une escroquerie contre sa propre affaire. Emmanuel Grégoire reçoit donc de l’ex-barbouze un « coup de main ». Il serait intervenu bénévolement – c’est bien précisé – sur des questions juridiques liées à la campagne. Lesquelles ? Mystère. Il n’y avait donc personne d’autre de compétent parmi la bande de bras cassés qui dirige la ville depuis vingt-cinq ans ?

« Guillaume Valette-Valla – raconte la Lettre A – est aujourd’hui conseiller référendaire à la Cour des comptes. Il y avait déjà officié dans les fonctions de secrétaire général adjoint (à la mairie de Paris) avant de rejoindre le service de renseignement de Bercy. Le magistrat gravite dans la sphère socialiste depuis de nombreuses années », dit la Lettre A. On connaît. Ici, Valette-Valla évoluait aussi depuis 2012 dans les bandes hollandistes au sommet des hiérarchies. Puis il avait été placé à la tête de Tracfin par Macron devenu président. La Lettre A en raconte aussi une bien bonne : « il avait été approché par l’équipe de la socialiste Anne Hidalgo,qui souhaitait le recruter pour diriger sa campagne présidentielle de 2022. Une proposition déclinée par l’intéressé. » Malin le serin ! Mais quel ingrat !

« Contacté, Guillaume Valette-Valla indique avoir fourni son aide sur son temps libre, à côté de son activité professionnelle qu’il exerce à temps partiel. » précise la Lettre A. Le reste du temps ? Il donne des coups de main. C’est évident et cela va de soi. « Tout le monde le sait » comme dirait Grégoire. En tous cas l’appoint d’un conseiller en coups tordus d’un si haut niveau, lié à son pire concurrent devrait être pris au sérieux par Grégoire. Son vieux pote du cabinet de Jean-Marc Ayrault a trop d’appétit.


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