![]() |
Alors que ces 3, 4 et 5 février les étudiants vont désigner leurs représentants aux CROUS, des « syndicats » étudiants d’extrême droite se font tristement connaître pendant cette campagne, comme d’habitude, en agressant, insultant, menaçant des étudiants de gauche. Ces violences ne sont pas des faits divers : elles sont organisées et ont pour but d’intimider les étudiants qui ont le malheur de ne pas être racistes et réactionnaires comme eux, de faire reculer les libertés dans les universités
D’un côté, l’UNI, le syndicat étudiant historique de la droite, fondé en réaction à Mai 68 par les gros bras louches du gaullisme. Jusqu’en 2022, l’UNI reste l’organisation étudiante officieuse de la droite, de l’UMP à LR. Depuis la dernière présidentielle, l’organisation est tiraillée entre fidélité à LR, ou ralliement à Zemmour, Le Pen… Ces derniers mois, plusieurs membres de l’UNI se sont distingués par des sorties antisémites, racistes, et autres saluts nazis.
Pour aller plus loin : L’UNI : ce « syndicat » étudiant truffé de nazis
https://linsoumission.fr/2025/02/17...
Fidèle à ses traditions, et quoi qu’elle s’en défende, l’organisation persiste dans ses bras tendus. Le militant antiraciste Ilies Djaouti a révélé, le 2 février, une vidéo montrant le secrétaire général de l’UNI, Mathis Gachon en soirée, portant un sweat floqué du logo de son syndicat, faire un salut nazi en chantant sur un chant colonial, hilare. Et l’une des participantes de rigoler : « il a fait un sieg », en référence au cri nazi « sieg Heil ». Difficile pour lui de démentir par la suite, comme il l’a fait par le passé pour couvrir ses petits copains d’extrême droite.
https://linsoumission.fr/2025/03/13...
Et il a du travail pour dissimuler les crasses de ses militants. À Grenoble, un membre de l’UNI a été filmé, bousculant et menaçant un étudiant. D’après le Poing levé, qui a publié les images, la même personne aurait « gifl[é] une étudiante et menac[é] : « on va vous planter bande de salopes ». Bien loin de l’image de la « droite républicaine » propre sur elle.
Cette violence se retrouve aussi dans les propositions de l’extrême droite pour l’université, comme celle qui veut limiter l’accès aux logements CROUS aux étudiants étrangers, qui seraient « favorisés ». Les mêmes étudiants étrangers que le gouvernement (soutenu par le PS) vient de priver d’APL. Des macronistes à l’extrême droite, c’est la même brutalité sociale et raciste qui frappe les étudiants étrangers.
D’un autre côté, la Cocarde est le petit frère bruyant, geignard et un peu agité de l’UNI. Fondée en 2015 par des proches de Jordan Bardella, suite à une scission de l’UNI, la Cocarde est devenue très vite un vivier de recrutements de militants et d’assistants parlementaires pour le Rassemblement National. Sans surprise, dans la droite lignée des organisations étudiantes réactionnaires, la Cocarde a le goût de la violence en groupe, toujours sur un fond idéologique raciste, antisocial, LGBTIphobe…
Pour aller plus loin : Hommage à Jean-Marie Le Pen, vivier de recrutement pour le RN, agressions… Sous les cravates, la réalité de la « Cocarde étudiante »
Son objectif affiché pour cette campagne CROUS : prendre la place de l’UNI comme syndicat historique des étudiants de droite. Ainsi, sa concurrente est taxée de « centriste » sur les réseaux de la Cocarde : intéressant quand on sait les positions de fond de l’UNI et son attachement à un folklore très en vogue de 1933 à 1945. Est-ce à dire que la Cocarde se positionne d’elle-même plus à droite que des néonazis ?
À vrai dire, il y a autant de différence entre l’UNI et la Cocarde qu’entre Chemises noires et Chemises brunes. Sur le plan idéologique, pas de différence, ou si peu : « préférence/priorité nationale » contre les étudiants étrangers, obsession sécuritaire, partenariats entre le CROUS et le privé pour le logement étudiant (et donc enrichissement des propriétaires)…
Sur la forme, les mêmes violences qu’à l’UNI. À Aix-en-Provence, la branche locale du syndicat Union étudiante (UE) a publié une vidéo de membres de la Cocarde en train d’insulter et de menacer des militants de l’UE, pour les empêcher de faire campagne aux élections CROUS.
À Nanterre, ce sont pas moins de 24 membres de la Cocarde, cagoulés, armés de battes et de poings américains, qui débarquent devant l’université. Face à la mobilisation pacifique des étudiants contre la présence de l’extrême droite, la Cocarde répond par des coups. Une étudiante est frappée à la tête au poing américain. « Ça fait deux jours que je n’arrive pas à dormir. Le traumatisme crânien, que l’on pensait léger, altère mes sens. Frappée sur le côté droit, je ne vois qu’à moitié de cet œil et n’entends plus de cette oreille », raconte-t-elle à Streetpress.
« J’ai été blessé au niveau des mains. J’ai perdu un morceau de peau et pas mal de sang », raconte un autre. Le tout sur fond d’insultes racistes, transphobes et d’une campagne islamophobe contre les syndicats étudiants de Nanterre. De plus, le syndicat étudiant FSE pointe le rôle trouble de la police, qui aurait « escorté et protégé les militants de la Cocarde jusqu’au quai du RER au lieu de protéger les étudiants ». Comme syndicat « antisystème » et « dissident », la Cocarde a des questions à se poser : la police est encore de son côté.
Par Alexis Poyard
| Date | Nom | Message |