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A un mois et demi du premier tour des élections municipales, près de 500 personnes se sont rassemblées à Alpexpo, dans le sud de Grenoble, pour assister au meeting de Manuel Bompard, venu soutenir la liste insoumise menée par Allan Brunon. Une affluence marquante, qui témoigne de la dynamique prise par la campagne depuis son lancement en septembre dernier.
À l’occasion de ce meeting, le coordinateur du mouvement insoumis, entouré sur scène d’une douzaine de membres de la future liste insoumise, a salué l’engagement militant et l’aspiration à la solidarité exprimés par le public. Il a dédié la soirée « aux peuples iraniens, kurdes, palestiniens », inscrivant d’emblée ce rendez-vous municipal dans une perspective internationale.
Après une journée de rencontres avec les habitants de la métropole, les intervenants sont entrés en salle sous les ovations du public. Pendant plus de deux heures, les prises de parole se sont succédé autour des enjeux de cette élection locale à portée nationale : lutte contre les discriminations, résistance à la montée de l’extrême droite, solidarité avec les peuples en lutte, et ambition sociale et écologique pour les quartiers populaires.
Lauren Viguier, colistière et animatrice de la soirée, a ouvert le meeting en rappelant l’ancrage électoral de la France insoumise à Grenoble : 39 % pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, 21 % aux européennes, et la victoire confisquée des candidats du NFP lors des législatives anticipées. Elle a surtout désigné le principal adversaire de cette campagne : l’abstention. Les militants, a-t-elle rappelé, mènent un travail quotidien d’inscription sur les listes électorales, appelant les habitants à s’inscrire avant le 4 février pour pouvoir voter les 15 et 22 mars prochains.
Après la prise de parole de la députée de la circonscription, qui a condamné les tirs ayant visé le local de campagne d’Allan Brunon ainsi que les coupes budgétaires gouvernementales, Mohamed Fofana, militant du droit au logement et figure de la CGT-Livreurs à vélo, est monté sur scène accompagné de plusieurs collègues.
Sa prise de parole, très applaudie, a mis en lumière la précarité des travailleurs ubérisés, l’exploitation des sans-papiers et la nécessité d’une solidarité concrète face aux politiques d’austérité. Après avoir rappelé le suicide récent de l’un de ses camarades et demandé une minute de silence, il a dénoncé des conditions de travail et de vie devenues intenables.
À Grenoble, le début de campagne a en effet été marqué par plusieurs expulsions de sans-papiers, justifiées par une prétendue lutte contre les marchands de sommeil. Faute de solutions proposées par la préfecture comme par la municipalité écologiste, plus de 150 personnes délogées ont dû occuper le bâtiment de la Métropole dans des conditions extrêmement précaires.
Colistière d’Allan Brunon, Kenza Doukhi, militante antiraciste originaire du quartier de la Villeneuve, a retracé son parcours et son engagement contre le racisme, le fascisme et le colonialisme. Elle a dressé un constat sévère des renoncements de la social-démocratie et du scepticisme d’habitants trop souvent trahis par des politiques se réclamant de la gauche.
Se revendiquant de la Gen Z, elle a résumé la ligne insoumise en une formule claire : « Un pacte égalitaire contre le pacte inégalitaire et raciste des forces fascisantes. »
Pour les intervenants, le communalisme insoumis doit être pensé comme une bifurcation politique profonde, articulant les rapports de force locaux aux enjeux globaux.
Un rappel d’autant plus appuyé qu’après plus de trois ans de massacres à Gaza, la municipalité écologiste d’Éric Piolle n’a toujours pas mis fin au jumelage de Grenoble avec la ville israélienne de Rehovot, toujours affiché sur le site officiel de la mairie.
Accueilli sous les applaudissements, Manuel Bompard a insisté sur la nécessité de faire résonner les politiques municipales avec les combats internationaux. Mais pour cela, a-t-il rappelé, une première bataille doit être gagnée : celle du vote. Refus des partenariats avec Israël, opposition aux accords commerciaux comme celui entre l’UE et Mercosur, accueil digne des personnes déplacées par les guerres, la misère et la crise climatique, accès au logement, aux soins et à une alimentation saine : autant d’engagements rendus possibles par l’élection de maires insoumis.
Il s’est également attaqué à la surenchère sécuritaire qui traverse la campagne grenobloise, notamment autour de la vidéosurveillance. Même la candidate de la prétendue « union de la gauche », construite sans la première force de gauche de la ville, s’y est ralliée. Manuel Bompard a rappelé des faits simples : Nice et Nîmes, parmi les villes les plus vidéosurveillées de France, ont vu les infractions augmenter.
Dans une ville régulièrement stigmatisée par les médias d’extrême droite, cette obsession sécuritaire évite surtout de penser des politiques publiques ambitieuses et efficaces.
Ciblant Alain Carignon, ancien maire condamné pour corruption et partisan d’un arsenal liberticide mêlant caméras et armement de la police municipale, Allan Brunon a conclu la soirée en rappelant que la sécurité ne se décrète pas à coups de gadgets répressifs.
Les militants insoumis, qui ont frappé à plus de 10 000 portes, voient ce que les habitants expriment réellement : logements dégradés, accès difficile aux soins, alimentation trop chère, disparition des commerces et des services publics dans les quartiers populaires, qui concentrent pourtant 40 % de la population grenobloise. C’est cette insécurité sociale qui nourrit les violences.
Alors qu’un nouveau budget d’austérité, soutenu par le PS, s’apprête à être voté à l’Assemblée, réduisant encore les moyens de la santé, de l’éducation, de la culture et des collectivités, l’urgence est claire. Face aux renoncements de la gauche d’accompagnement, une seule voie se dessine : une gauche de rupture, incarnée à Grenoble par la liste « Faire Mieux pour Grenoble », dont le programme détaillé est désormais public.
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