Un collectif d’anciens élèves dénonce des violences dans des écoles catholiques du réseau des Lasalliens

vendredi 6 février 2026.
Source : Le HuffPost
 

Une vingtaine d’anciens élèves d’établissements relevant de la congrégation des Frères des écoles chrétiennes dénoncent des violences physiques et sexuelles subies durant leur scolarité, comme le révèle France Inter. Un collectif de victimes vient d’être créé pour porter ces accusations et réclamer une reconnaissance des responsabilités de l’institution.

Les témoignages recueillis évoquent des punitions corporelles, des humiliations répétées ainsi que des agressions sexuelles commises sur des mineurs de moins de 15 ans. Les faits dénoncés auraient eu lieu dans plusieurs établissements lasalliens et s’étaleraient sur plusieurs décennies. L’enquête de « Cash Investigation » sur le périscolaire choque les candidats à la mairie de Paris

Les victimes demandent notamment l’ouverture complète des archives de la congrégation, un appel national à témoignages et la création d’un fonds de réparation destiné à indemniser les préjudices subis. Elles critiquent une reconnaissance jugée insuffisante et des indemnisations qu’elles estiment inadaptées à l’ampleur des faits. « Potentiellement, on a un petit Bétharram dans chaque établissement puisqu’on avait dans tous ces établissements un prédateur ou un bourreau », confie Philippe, un des co-fondateurs du collectif de victimes au micro de France Inter.

Des accusations prises « très au sérieux »

La congrégation des Frères des écoles chrétiennes, qui gère aujourd’hui quelque 150 établissements, affirme prendre ces accusations « très au sérieux ». Elle rappelle avoir mis en place une cellule d’écoute dès 2014 et assure procéder à des signalements systématiques à la justice lorsque des faits susceptibles de qualification pénale sont portés à sa connaissance. Selon l’institution, « 72 saisines de la cellule d’écoute de la Congrégation ont été enregistrées » précise un communiqué. Celles-ci portent sur des faits « qui auraient été commis des années 1950 jusqu’à 1980 », 70 d’entre elles ont donné lieu à des indemnisations financières.

Cette nouvelle prise de parole s’inscrit dans un contexte plus large de libération des témoignages au sein de l’enseignement catholique privé, après plusieurs affaires récentes. Les membres du collectif estiment que les violences décrites ne relèvent pas de cas isolés et dénoncent un fonctionnement qu’ils jugent systémique.

Article de Anne-Fleur Andrle


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