Familles monoparentales : l’enjeu d’une lutte contre la précarité pour les municipales

vendredi 6 février 2026.
 

Familles monoparentales. En France, les foyers composés d’une personne seule résidant avec ses enfants représentent 25 % des familles avec enfants, contre moins de 10 % dans les années 1970. Cette augmentation flagrante, que vivent aujourd’hui plus de 6 millions de personnes, se conjugue le plus souvent au féminin. De fait, le fruit des séparations mène à ce que 81 % de ces monoparents soient des femmes ayant reçu la garde de leurs enfants. Un enjeu fondamental en vue des élections municipales, que les insoumis prennent à bras le corps.

Des familles vivant de plein fouet les inégalités sociales

En 2022, le taux de pauvreté des familles monoparentales atteignait 31 %, soit deux fois plus que le reste de la population.

Cette concentration de la précarité se répercute sur les enfants, qui en 2018 étaient 40 % en situation de « pauvreté monétaire » (publication CAF). Cette pauvreté infantile révèle un risque accru de précarité alimentaire. Ces foyers deviennent en partie dépendants d’aides associatives comme Les Restos du Cœur, pour qui les enfants de moins de 5 ans représentent 15 % des personnes accueillies (128 000 bébés accompagnés en 2024). Ces structures deviennent un point d’ancrage nécessaire, jusqu’à proposer des solutions d’hébergement temporaire.

Cette situation s’explique par bien des facteurs structurels. L’INSEE rappelle qu’en 2023, pour un tiers des enfants vivant avec une mère seule, celle-ci est sans emploi. Concilier activité professionnelle et parentalité relève souvent du casse-tête, faute de solutions de garde accessibles. À cela s’ajoute un éloignement durable de l’emploi lié aux interruptions de carrière, qui réduit les perspectives professionnelles.

Même lorsqu’elles travaillent, les femmes perçoivent encore en moyenne des salaires inférieurs de 22 % à ceux des hommes. Beaucoup se retrouvent dépendantes de la pension alimentaire versée par l’ex-conjoint. Or, celle-ci s’élève en moyenne à 190 euros par mois, alors que le coût réel de l’entretien d’un enfant est estimé à au moins 625 euros mensuels.

La séparation constitue donc un facteur majeur de précarisation : le niveau de vie des mères chute en moyenne de 19 %, contre 2,5 % seulement pour les hommes. Les pères en situation de monoparentalité sont proportionnellement plus souvent propriétaires de leur logement, occupent des postes de cadres et sont moins exposés au chômage.

Pour aller plus loin : Municipales 2026 – L’engagement de longue date de LFI en faveur des familles monoparentales

https://twitter.com/L_insoumission/...

Un système qui s’acharne sur eux

Alors même que ces familles dépendent de revenus insuffisants, le système fiscal aggrave leur précarité. Lors de la niche parlementaire de La France insoumise en novembre 2025, Sophia Chikirou, députée et candidate à la mairie de Paris, a porté une proposition de loi visant à exclure la pension alimentaire perçue de l’assiette fiscale.

Des parents isolés, déjà en grande difficulté, sont imposés sur une somme entièrement destinée aux besoins de leurs enfants. Pire tartufferie, cette même pension constitue une niche fiscale pour le parent qui la verse. Adopté en commission des affaires sociales, malgré l’obstruction du RN, le texte répond à un impératif d’équité et pourrait améliorer concrètement la vie de milliers d’enfants.

Comme l’avait rappelé la députée en commission, c’est tout un « régime fiscal, judiciaire et social » qui contribue à maintenir ces familles dans la précarité. Le flicage est omniprésent : 32 % des contrôles de la CAF ciblent des familles monoparentales, alors qu’elles ne représentent que 12 % des bénéficiaires. Du fait de l’obstruction du RN et des macronistes, l’Assemblée nationale n’avait pas se prononcer sur ce texte avant la fin de la niche parlementaire.

Dans la bataille des municipales, les Insoumis avancent avec une proposition majeure : la carte famille monoparentale. Celle-ci permettrait ainsi une priorisation de l’accès à certains services tels que les crèches municipales, les logements sociaux et les centres de santé municipaux. Elle accordera également des tarifs préférentiels aux transports en commun et aux services culturels et sportifs, et permettra des lieux et temps de répit comme l’accompagnement aux devoirs, un accueil psychologique et des séjours de vacances.

Une bataille à la croisée de la politique de la ville et du logement

Les peines ne s’arrêtent pas là pour autant. Les pensions versées au parent gardant ne tiennent pas compte de ses conditions de vie, comme le coût du logement. Cela conduit ces parents et leurs enfants à rogner sur leur habitat. Contraints de déménager, en 2023, c’est, selon l’INSEE, 23 % des familles monoparentales qui vivent dans un « logement suroccupé » (où il manque au moins une pièce par rapport à la composition du ménage).

Cette précarité résidentielle nourrit un phénomène de ségrégation spatiale. Les familles monoparentales sont surreprésentées dans les quartiers prioritaires, où elles composent près du double des foyers par rapport aux autres territoires urbains. De par leur situation instable, elles sont en première ligne face à la crise du logement. Elles subissent la flambée des prix des quarante dernières années et l’inaction de la droite et du RN sur le logement social.

Voilà pourquoi l’engagement des élus locaux pour les quartiers populaires et contre le mal-logement est un enjeu central des municipales de mars 2026.

https://twitter.com/L_insoumission/...

À Lille, Lahouaria Addouche, candidate à la mairie, dresse un constat alarmant : 50 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Les parents isolés luttent au quotidien, coincés entre logements inadaptés et inflation galopante. La charge mentale est immense lorsqu’il s’agit d’élever des enfants dans de telles conditions, exposant nombre d’entre eux au décrochage scolaire.

La tête de liste LFI livre ce témoignage d’une habitante dont le fils a trouvé refuge auprès de dealers du quartier. Non par délinquance, mais par un besoin sincère de stabilité et d’appartenance.

Ces familles assument seules ce que les politiques publiques locales et nationales doivent urgemment prendre en charge. L’accompagnement des foyers monoparentaux est déjà un mot d’ordre de la bataille sociale des municipales.


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