Municipales 2026 – « On va gagner, j’en suis sûre ! » : À Avignon, Mathilde Louvain (LFI) lance sa campagne dans une salle pleine à craquer

dimanche 1er février 2026.
 

Mathilde Louvain a lancé la campagne de La France insoumise pour les élections communales d’Avignon, samedi 24 janvier, à l’occasion d’un meeting ayant rassemblé plus de 400 personnes. Fort de la présence de Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire LFI à l’Assemblée, et de Raphaël Arnault, député LFI-NFP de la 1re circonscription du Vaucluse, cet incontestable succès, l’enthousiasme des habitant·es des quartiers populaires présent·es sur place, leur affluence record comme leur détermination envoient un message retentissant à la ville.

À Avignon, l’Union populaire pour battre l’extrême droite

Comme en témoigne la présence massive des habitant·es des quartiers populaires de Monclar, Saint-Chamand, Barbière et des Grands-Cyprès, mobilisé·es par des militant·es et sympathisant·es PCF et LFI la semaine durant sur les marchés et tout l’après-midi à l’occasion d’un porte-à-porte géant, ce rendez-vous tant attendu a été placé sous le signe de l’espoir et de la lutte antifasciste.

Raphaël Arnault, député LFI-NFP du Vaucluse – dressant le parallèle entre la montée de la haine xénophobe outre-Atlantique et la hausse des crimes et discours islamophobes en France – en a ainsi fait le leitmotiv de la campagne des militant·es vauclusien·nes présent·es, en masse, dans une salle du château de Saint-Chamand complètement bondée : « Nous ne céderons rien, pas plus face à l’extrême droite locale et son agenda raciste que face au candidat Galzi, ancien éditorialiste passé par CNews et qui a osé comparer le voile à l’uniforme nazi ! »

Devant un public conquis, il a rappelé que le mouvement social et la gauche de rupture locale avaient, en 2024, battu l’extrême droite en se rassemblant, et que « cette union populaire n’avait pas été le fait des partis, mais qu’elle s’était construite à la base, grâce à des sympathisant·es, des militant·es et des syndicalistes qui savent se rassembler et qui ont compris qu’on ne pouvait pas avancer divisé·es face aux dangers fascistes, à la logique libérale, raciste et austéritaire ! »

Chasser les ténèbres pour faire régner la lumière

Après avoir rappelé l’importance de la mobilisation de la jeunesse pour contrer les multiples incarnations de l’extrême droite, ses manœuvres et manipulations pour tenter d’imposer nationalement son récit culturel raciste – et après avoir cité le lieutenant révolutionnaire et défunt président burkinabè assassiné en 1987, Thomas Sankara : « Une jeunesse mobilisée est dangereuse, une jeunesse mobilisée est une jeunesse qui effraie même les bombes atomiques » – Mathilde Panot, ovationnée, a rappelé les scores de Jean-Luc Mélenchon lors du 1er tour de la présidentielle de 2022.

Le leader insoumis était « arrivé largement en tête, concrètement avec en tout 15 points d’avance et 37 % des suffrages exprimés ! Là où la candidature du Parti socialiste n’enregistrait que… 1,5 % ! », ainsi que l’arrivée en tête des insoumis·es aux dernières élections européennes, avec plus de 20 %.

Une réussite sur laquelle elle a invité les militant·es à construire la victoire de Mathilde Louvain et de sa liste pour les élections communales de mars 2026, « pour, à un an des élections présidentielles, mettre dehors les macronistes », responsables de la montée de l’extrême droite dans le pays. « En 2017, année de l’élection de Macron, il y avait 8 députés d’extrême droite, et ils sont maintenant 143, signe que pour battre l’extrême droite, il faut en finir avec la macronie et ses complices », a-t-elle rappelé.

En outre, dans une ville encore marquée par la polémique raciste alimentée par la fachosphère autour de la naissance d’un enfant prénommé Zayd, Mathilde Panot lui a souhaité la bienvenue et est également revenue sur le climat machiste et islamophobe du pays : « Oui, en France, sous Emmanuel Macron, une soignante est licenciée parce qu’elle porte un calot, quand Jean-Marc Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs, reste sur les plateaux télé ! »

Face à cela, a-t-elle ajouté à l’adresse de la salle, « vous avez de la chance d’avoir une jeune femme militante comme tête de liste ! Une femme qui, je le sais, est de celles qui font de la politique non pour elles-mêmes, mais pour les autres ! Alors avec elle, force à vous pour la victoire, les ami·es ! » Et de conclure en invitant à « chasser les ténèbres pour faire régner la lumière » sur une citation du poète turc Nâzim Hikmet : « Si je ne brûle pas, si tu ne brûles pas, si nous ne brûlons pas, comment les ténèbres deviendront-elles clarté ? »

« Désolée de parler d’abord des gens qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux ! »

Après les passages des oratrices et orateurs de la société civile, du Parti communiste français et de Génération·s, Mathilde Louvain a ensuite souligné quels étaient pour elle les sujets problématiques et les chantiers nécessaires à poursuivre, dans une agglomération « pétrie d’inégalités », une ville et un département « les plus pauvres de France », avec « une ville pleine de contrastes et d’inégalités : 20 % de chômage à Avignon, 33 % de pauvreté » (15 % à l’échelle nationale), en ajoutant : « Avec ces chiffres-là, désolée de parler d’abord des personnes qui ont besoin qu’on s’occupe d’elles ! »

« Je veux avoir le pouvoir d’agir pour les Avignonnais et Avignonnaises ! » Rappelant combien la ville paie le prix fort du désengagement de l’État sur des sujets essentiels comme l’accès aux soins, le droit à la sûreté ou encore l’éducation, elle a souligné à quel point l’émancipation collective et la perspective communaliste lui étaient chères : « On a une réelle problématique de santé publique. Quand on parle de bâti scolaire, c’est un risque que courent nos enfants. Je suis maman, j’ai des enfants dans les écoles publiques, et je vous dis que quand on parle de fenêtres qui tiennent avec du scotch, d’inondations, etc., au sein des écoles communales, ce n’est pas possible ! La ville d’Avignon doit se refuser d’être face à cette situation ! »

Et ce d’autant qu’Avignon compte 8 000 enfants scolarisé·es, « une force pour la ville, mais qui implique que l’on mette plus de moyens humains pour les accompagner dans leur croissance et dans leur émancipation future ! »

« Il va falloir aller chercher le rapport de force ! »

Se refusant d’abandonner la ville à l’extrême droite, et prônant « la dignité, l’émancipation, tout ce qui nous rassemble », Mathilde Louvain a exposé le cœur de son projet, « le refus du statu quo » face au tout-libéral, dans une ville « avec un énorme vivier associatif », « un immense potentiel agricole » et « une ville déjà militante », qui a pu compter sur les militant·es insoumis·es pour être « parmi les premières à combattre le génocide en Palestine ».

Elle « entrera donc dans le rapport de force avec l’État quand ce sera nécessaire », par exemple en mettant en place, pour les rendre accessibles à toutes et tous, « des votations citoyennes sans condition de nationalité et à partir de 16 ans », mais aussi avec « la reconstitution d’une régie publique de l’eau ».

« On veut une ville juste et solidaire, contrairement au libéral qu’on nous impose en haut ! »

Forte également des résultats des enquêtes populaires menées depuis plus d’un an « en porte-à-porte, sur le logement, montrant un parc privé tout-puissant, un parc public défaillant », Mathilde Louvain a insisté sur les mesures que son programme et sa liste porteront pour « vivre dignement dans la ville » : « Le logement est une des premières portes d’entrée pour améliorer les conditions de vie. On fera un pôle dédié pour s’assurer que les bailleurs sociaux font leur travail, déjà ! Ensuite, on va aller contrôler les loyers, les encadrer ! Et il nous faudra aussi contrôler l’imposition des multipropriétaires, qui font du Airbnb alors que les besoins dans cette ville sont en constante hausse ! »

Au niveau de l’accès aux soins, la candidate LFI à la mairie d’Avignon a annoncé qu’elle mettrait en place des centres municipaux de santé, « mais qui seront aussi des lieux de prévention, d’écoute de la parole, avec un bon nombre de personnes formées ».

Sur le « vivre-ensemble », Mathilde Louvain a aussi défendu « une ville qui combatte toutes les discriminations, l’antisémitisme, l’islamophobie, le sexisme, les discriminations faites aux personnes LGBT, pour combattre toutes les inégalités, et car elle est là, la rupture face à un monde libéral qu’on nous impose en haut ! »

Pour ce faire, elle souhaite, « avec un soutien évident aux associations qui œuvrent déjà au quotidien » sur ce champ, instaurer en synergie avec elles un observatoire communal des discriminations, « qui sera à la fois un espace de sensibilisation et d’actions ».

Rappelant son engagement syndical dans le secteur culturel, Mathilde Louvain a enfin conclu son intervention en s’engageant à faire davantage pour « créer du lien » : « Plus d’événements, partout, en lien avec les habitant·es, en mettant en partage afin qu’ils soient accessibles à toutes et tous ! »

Sur ce point, elle a rappelé la transversalité des mesures nécessaires pour garantir davantage de mise en commun des programmations de spectacles et de représentations, par exemple en améliorant la desserte des transports publics au niveau de l’agglomération, ou encore avec des voies cyclables mieux aménagées.

Par Sylvain Nandan


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