Les manifestations en Iran : à la croisée de la politique intérieure et de la géopolitique.

vendredi 30 janvier 2026.
 

Rappel : notre article : pour une vision globale de l’Iran https://www.gauchemip.org/spip.php?...

Nous avons constitué un annuaire d’une multitudes de sites de site alternatifs pour permettre d’avoir une pluralité d’analyses sur n’importe quel sujet de politique nationale ou internationale sans être assujetti aux médias dominants qui sont pour la plupart contrôlés par des milliardaires ou leurs amis dans les médias dits du secteur publique.

Nous avons pris ici comme thème : les manifestations et leur répression en Iran au dernier trimestre 2025 et en janvier 2026. Ce qui frappe, après examen des différentes vidéos et articles, c’est une certaine diversité des approches et surtout le caractère souvent lacunaire de celles-ci. Par exemple, certains sites omettent de parler du contexte géopolitique dans lequel se trouve Iran : menaces d’intervention militaire des USA, ingérence de services de renseignements étrangers, aucune référence aux sanctions économiques que subit l’Iran depuis 40 ans. En revanche le caractère autoritaire et répressif du régime en place et unanimement bien mentionné. La nature diverse des protestations et revendications des différents groupes de manifestants n’est pas signalée dans chaque site et si l’on fait la synthèse de ces différentes sources d’information, on obtient le résultat suivant Une première catégorie protestant contre la politique économique et sociale du gouvernement qui se divise elle-même en deux sous parties : une partie qui dénonce l’inflation et donc une baisse du pouvoir d’achat etc., une autre partie plus radicale remettant en cause le régime lui-même par son incompétence économique, sa corruption et pour certains le caractère autoritaire de sa politique religieuse. Un deuxième groupe est constitué de manifestants armés que certains considèrent comme des milices armées par les services de renseignements étrangers et dont une partie serait constituée d’azéris et de kurdes. Leur finalité serait de faire dégénérer la manifestation et provoquer des tirs à balles réelles par les forces de police ou de l’armée du régime conduisant ainsi à une déstabilisation suivie d’un renversement soit par une révolution intérieure soit par une intervention militaire extérieure. L’expérience récente d’assassinat de généraux et de scientifiques iraniens par des éléments infiltrés du Mossad maintenant bien documentée rend plausible l’ingérence d’éléments étrangers le gouvernement déstabilisateurs dans les manifestations. Le gouvernement iranien prétend avoir procédé à des arrestations de tels éléments : nous verrons si la « mission d’établissement des faits » de l’ONU confirmera ou non ces affirmations. Le troisième groupe est constitué de manifestants soutenant le régime en place et protestant contre des ingérences étrangères préparant possiblement un renversement du gouvernement par une intervention militaire extérieure. Cette analyse globale ne figure que sur le site « veille stratégique » de Sylvain Ferreira, historien de la guerre.

Concernant la coupure d’Internet l’explication se répartit sur plusieurs sites : d’une part brouiller et interdire les communications entre les manifestants quels qu’ils soient ; brouiller les communications entre les milices armées et éviter la communication avec des agents extérieurs certains sites indiquent que des milliers d’outils de communication Starlink ont été livrés aux manifestants et protestataires pour maintenir les communications. Un autre site indique que russes ou chinois auraient envoyé au gouvernement iranien des outils de brouillage pour neutraliser ces liaisons Starlink. Ces explications n’excluent évidemment pas celle utilisée par les médias grand public : le gouvernement iranien a coupé Internet pour éviter à tous les manifestants de pouvoir s’exprimer et communiquer entre eux ou émettre des images gênantes pour le pouvoir. C’est d’ailleurs la technique qu’avait utilisée le gouvernement français lors des troubles en Nouvelle-Calédonie.

La vidéo 7 montrent que les médias dominants dissimulent un certain nombre de faits qui ne sont pas occultés dans les vidéos précédentes. Cela a pour mission de diaboliser au maximum le régime contesté et de justifier ainsi selon les modalités choisies par l’oligarchie atlantiste un renversement du gouvernement en place y compris par une intervention militaire extérieure. La déléguée à la commission des droits de l’homme de l’ONU est d’ailleurs consciente de ce danger. (Voir plus loin)

Cette analyse globale utilisant plusieurs sources d’information ne justifie en rien le caractère autoritaire, les carences et la répression disproportionnée e du pouvoir en place mais permet de ne pas se rendre complice d’une opération de déstabilisation extérieure d’un régime même si celui-ci nous paraît extrêmement critiquable. C’est le peuple iranien lui-même qui doit décider de son sort. Cela montre une fois de plus que la manipulation de l’information repose sur la dissimulation de faits qui contredisent le narratif dominant. Mais, comme d’habitude, les personnes sous l’emprise totale ou partielle du discours simpliste atlantiste considéreront ces faits ou possibilité comme de la propagande défendant le gouvernement iranien.

1 – les vidéos

Vidéo 1 : Mohammad Maraindi : Émeutes violentes et une guerre massive en vue (en Iran) Source : Glenn Diesen Français (site norvégien de politique internationale) https://www.youtube.com/watch?v=e 9Yy4tvG-w0 six frère Informations sur l’universitaire iranien Mohammad Marandi il est professeur d’orientalisme à l’université de Téhéran. Il est diplômé de cette même université et de l’Université de Birmingham (Royaume-Uni), où il a obtenu son doctorat sur Lord Byron et l’orientalisme. Il est proche du pouvoir de Téhéran et est en accord avec une politique anti-impérialiste contre les USA.

Vidéo 2 : Veille stratégique animée par Sylvain Ferreira, historien de la guerre. Il adopte une approche descriptive et non normative en géopolitique.

Sur l’Iran : à partir de la huitième minute https://www.youtube.com/@vschaineof... Vidéo 3 : On veut faire tomber le régime iranien : analyse de Youssef Hindi il écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’islam et du judaïsme et sur l’impérialisme américain. De bonnes perspectives historiques en géopolitique. https://www.youtube.com/watch?v=rXb... Une autre interview de Youssef Hindi : la stratégie du croissant de feu. Source : Culture et racines et Onde de choc (ODC) https://www.cultureetracines.com/ac...

Vidéo 4 : Douglas McGregor, ancien responsable militaire américain. Source Glenn Diesen Une attaque des États-Unis contre l’Iran : vers une guerre mondiale https://www.youtube.com/watch?v=S7z...

Vidéo 5 : source : Paix et guerre. Site de Caroline Galactéros. À partir de la 37e minute. Les docteurs en sciences politiques, colonel et ancienne enseignante à l’école de guerre.

https://www.youtube.com/watch?v=2Yz... Vidéo 6 : source CGTN (chinois) Manifestations massives soutenant le régime iranien mais oui, ils existent, c’est un fait. https://www.youtube.com/watch?v=FIh...

Vidéo 7 : la vérité sur les manifestants pacifistes iraniens en image. Source : Hers média et Investigaction la répression ne scelle pas seulement abattu sur les manifestants pacifistes mais aussi sur des manifestants armés. https://www.youtube.com/watch?v=UPs... https://www.youtube.com/shorts/jAPa... https://www.youtube.com/shorts/aCz4... 8

Vidéo 8 : le chaos en Iran : ils sont en train de tous nous tuer. Source Real média Image de la répression féroce du gouvernement iranien. https://www.youtube.com/watch?v=iFQ...

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2 – Quelques articles sur les manifestations en Iran.

Écho d’Iran : source Mediapart https://www.gauchemip.org/spip.php?...

En Iran, danser devant la mort pour briser le silence. https://www.gauchemip.org/spip.php?...

Analyse de l’Iris : institut des relations internationales et stratégiques Association privée créée en 1991 par Pascal Boniface, reconnue d’utilité publique en 2009. Sources de financement : 1/3 ministères des armées ; 1/3 entreprises privées ; 1/3 frais de scolarité des étudiants.

https://www.iris-france.org/nouvell...

** 3 – Les limites

Il serait illusoire de penser que la consultation d’une pluralité de sites officiels ou alternatifs permet d’avoir une vision factuelle définitive d’une situation complexe comme celle existante en Iran. Cette limitation résulte de plusieurs facteurs : 1) de l’aveu même de plusieurs observateurs, y compris du Haut Conseil des droits de l’homme de l’ONU, nous ne possédons pas de toutes les informations factuelles pour décrire l’événement dans sa totalité. 2) l’approche pour rendre compte de l’événement est-elle normative, prescriptive ou descriptive ? 3) la présence de biais idéologiques favorisée par une approche normative ; 4) dans un contexte de guerre informationnelle des professionnels du mensonge et de la guerre cognitive sont sans cesse en action dans les médias grand public.

Il est donc souhaitable d’utiliser d’autres outils comme l’intelligence artificielle et vérifier les résultats avec un moteur de recherche si nécessaire.

** 4 – Crédit, que fait l’ONU ?

Si l’on parle des droits de l’homme sur le plan international, on peut se référer évidemment à l’ONU tout en restant néanmoins distancier car nous savons que cette organisation est largement dominée par les USA ne serait-ce que par sa contribution financière considérable pour son fonctionnement. (Entre 22 % et 26 % selon le mode de calcul). Mais, malgré ses imperfections, l’ONU reste une référence qu’il faut conserve et améliorer r comme le rappelle à juste titre Jean-Luc Mélenchon.

La réaction du Haut conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Nous utilisons ici l’intelligence artificielle Gemini est un moteur de recherche sur ce thème (aboutissants ou sites Real média.)

Concernant les manifestations en Iran de décembre 2025 et janvier 2026, il n’existe pas, à ce jour, de rapports de l’ONU validant la thèse d’une présence organisée de groupes minoritaires armés au sein des manifestants.

Voici l’état actuel des informations provenant des organes des Nations Unies et des organisations internationales :

1. Position officielle de l’ONU Les déclarations du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (notamment celles de Volker Türk en janvier 2026) qualifient les manifestations de « majoritairement pacifiques ». L’ONU a condamné l’usage « disproportionné » et « meurtrier » de la force par les autorités iraniennes, faisant état de milliers de victimes.

2. Reconnaissance de groupes armés : une allégation de Téhéran La mention de groupes armés apparaît exclusivement dans les communications officielles du gouvernement iranien adressées à l’ONU :

Dans une lettre datée du 14 janvier 2026 (référence S/2026/30), le représentant de l’Iran auprès du Conseil de sécurité accuse des « groupes terroristes et armés » d’avoir infiltré les manifestations pour transformer des revendications économiques en émeutes violentes.

Le gouvernement iranien a affirmé que des membres des forces de sécurité ont été tués lors d’attaques qu’il qualifie de terroristes.

3. Rapports sur les régions de minorités ethniques Les Nations Unies et des ONG comme Amnesty International ont noté que la répression a été particulièrement brutale dans les régions peuplées de minorités ethniques (comme le Lorestan, l’Ilam ou les zones kurdes). Toutefois :

Les rapports indiquent que si des actes de violence isolés ont pu se produire, il n’y avait aucune menace imminente justifiant l’usage généralisé d’armes à feu par les autorités.

L’ONU a précisément exprimé son inquiétude quant à la stigmatisation des minorités par le régime pour justifier une violence accrue dans ces régions.

En résumé ONU : Soutient que les manifestants sont civils et pacifiques ; demande une enquête indépendante sur les massacres.

Gouvernement Iranien : Prétend l’existence de groupes armés et terroristes (souvent liés selon lui à l’étranger) pour légitimer la répression.

L’ONU n’a pas « reconnu » l’existence de ces groupes ; elle a simplement pris acte des accusations portées par l’Iran tout en continuant de dénoncer la brutalité de la répression contre la population civile.

** Vérification de l’Intelligence artificielle avec moteur de recherche. Source : https://news.un.org/fr/story/2026/0...

23 janvier 2026 Droits de l’homme Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi la répression meurtrière des manifestations en Iran qui a entraîné la mort de « milliers » de personnes, dont des enfants.

Des vidéos montrent des centaines de morts parmi les civils et les forces de sécurité, a déploré Volker Türk, pour qui cette répression ne résout rien et risque d’aggraver les violations des droits humains, l’instabilité et les effusions de sang, maintenant et pour les mois à venir.

S’exprimant à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies consacrée à l’Iran à Genève, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué que cette situation dramatique s’inscrit dans un contexte plus large. Il a ainsi rappelé que les manifestations actuelles ne sont que les dernières d’une longue série de mobilisations du peuple iranien en faveur du changement.

L’Iran demeure inflexible Malgré ces revendications pacifiques, la réponse des autorités a été brutale. « Des manifestants pacifiques auraient été tués dans les rues et dans des zones résidentielles, y compris dans des universités et des établissements médicaux », a déclaré M. Türk.

Il a fait état d’« indications crédibles » sur des interventions des forces de sécurité à l’intérieur de centres médicaux, dans le but d’arrêter des protestataires venus y recevoir des soins.

Or « dans un développement effrayant, le chef du pouvoir judiciaire a déclaré plus tôt cette semaine que leur travail venait de commencer et qu’il n’y aurait aucune clémence pour les personnes détenues », s’est inquiété M. Türk, rappelant que Téhéran reste l’un des pays qui exécute le plus d’individus au monde. En 2025, au moins 1 500 personnes auraient été exécutées, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente.

Appel à mettre fin aux procès sommaires Cette inquiétude est renforcée par les messages contradictoires des autorités iraniennes concernant le sort des manifestants détenus, certains responsables affirmant que les exécutions ne sont pas à l’ordre du jour tandis que d’autres continuent de les menacer de la peine de mort.

Face à cette incertitude et à ces menaces, le chef des droits de l’homme de l’ONU invite Téhéran à reconsidérer sa position, à faire marche arrière et à mettre fin à sa répression brutale, notamment aux procès sommaires et aux peines disproportionnées.

En outre, il exhorte la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour remédier à l’impact des sanctions sur les droits humains du peuple iranien.

Cependant, les discours agressifs et les menaces risquent d’aggraver la situation alors qu’il est impératif de réduire les tensions dans toute la région.

Rhétorique de plus en plus répressive Dans ce contexte, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran invite la communauté internationale à intervenir. Pourtant, cette intervention nécessaire se heurte à une rhétorique de plus en plus répressive, qui qualifie les manifestants pacifiques de « terroristes », d’« émeutiers » ou de « mercenaires ».

« Le Guide suprême et le président ont appelé à une action sévère, le chef du pouvoir judiciaire exigeant des poursuites accélérées sans clémence », a affirmé Mai Sato. Cette campagne de stigmatisation s’accompagne de mesures de répression massives à l’encontre des manifestants.

Selon la Mission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur l’Iran, cette répression massive se traduit par une situation critique dans les hôpitaux et les morgues, qui sont « débordés par un nombre important de victimes ».

« Nous sommes hantés par les images de parents en deuil à la morgue improvisée de Kahrizak, dans la ville de Téhéran, cherchant les corps de leurs proches parmi ce qui semble être des centaines de sacs mortuaires empilés les uns sur les autres », a fustigé la Présidente de la Mission, Sara Hossain.

Cependant, la Mission note que toute menace ou intervention militaire unilatérale par des États tiers reste contraire au droit international.

Ali Bahreini, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, s’adresse au Conseil des droits humains sur le conflit entre Israël et l’Iran. UN Human Rights Council/Hongdao Yang Ali Bahreini, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, s’adresse au Conseil des droits humains sur le conflit entre Israël et l’Iran. La défense de Téhéran Face à cette sombre situation décrite par des responsables de l’ONU et des experts indépendants, Téhéran a adopté la même stratégie de défense que celle de ces derniers jours, en soulignant que ces « événements ont délibérément dégénéré en violences organisées, notamment des attentats terroristes, des destructions de biens et des actions armées contre des civils et les forces de l’ordre ».

En conséquence, « les personnes reconnues coupables d’infractions liées aux émeutes seront pleinement responsables devant la justice », a déclaré l’ambassadeur Ali Bahreini, Représentant permanent de l’Iran auprès de l’ONU à Genève.

Cette session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme, réclamée lundi par l’Islande, a adopté une résolution prolongeant de deux ans le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, créée en novembre 2022 à la suite à la répression des manifestants dénonçant la mort en détention de la jeune iranienne Mahsa Amini.

Le Conseil des droits de l’homme a aussi décidé de prolonger d’un an le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran. La résolution a également demandé à la Mission d’établissement des faits de mener une enquête d’urgence sur la répression des manifestations qui ont débuté le 28 décembre 2025.

* Le Haut conseil des droits de l’homme demande qui tient une « mission d’établissement des faits » ? * Voici le texte de la résolution obtenue à partir de l’intelligence artificielle Grok avec sa source.

Référence officielle du document : Symbole du document : A/HRC/S-39/1 (adoptée à partir du projet A/HRC/S-39/L.1, tel que révisé oralement). Titre : "Deteriorating situation of human rights in the Islamic Republic of Iran, especially in the context of the repression of nationwide protests" (Situation détériorée des droits de l’homme en République islamique d’Iran, en particulier dans le contexte de la répression des manifestations nationales). Date d’adoption : 23 janvier 2026. Session : 39e session spéciale du Conseil des droits de l’homme. Vote : Adoptée par 25 voix pour, 6 contre et 16 abstentions.

Le texte complet de la résolution (basé sur le projet adopté, disponible publiquement) est le suivant : Préambule : Guidé par les buts et principes de la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, les Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme et d’autres instruments internationaux pertinents relatifs aux droits de l’homme, Rappelant toutes les résolutions adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran, y compris la résolution 80/220 de l’Assemblée générale du 22 décembre 2025 et la résolution 58/21 du Conseil du 3 avril 2025, Réaffirmant la responsabilité primordiale des États de respecter, protéger et réaliser tous les droits de l’homme et libertés fondamentales en vertu du droit international des droits de l’homme et d’assurer la pleine jouissance de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales de toutes les personnes sur leur territoire et soumises à leur juridiction, Réaffirmant également son engagement ferme envers le droit international, le plein respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la République islamique d’Iran, Exprimant une grave préoccupation concernant la situation actuelle des droits de l’homme en République islamique d’Iran dans le contexte des manifestations qui ont commencé en décembre 2025 au bazar de Téhéran avec des griefs économiques et se sont propagées à travers le pays tout au long du mois de janvier 2026, exprimée par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et par plusieurs procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme, Exprimant une profonde préoccupation concernant la répression violente sans précédent des manifestations pacifiques par les forces de sécurité en République islamique d’Iran, y compris des rapports crédibles d’exécutions illégales de manifestants, y compris des enfants, et l’utilisation d’une force excessive et létale, entraînant la mort de milliers de manifestants pacifiques et un grand nombre de manifestants blessés, Exprimant également une profonde préoccupation concernant les arrestations et détentions arbitraires de manifestants, y compris des enfants, et les disparitions forcées et détentions incommunicado, Profondément préoccupé par la coupure prolongée d’Internet et le blackout des communications intentionnellement imposés par les autorités iraniennes depuis le 8 janvier, en violation du droit international des droits de l’homme, réitérant sa condamnation sans équivoque des mesures prises pour empêcher la documentation complète des violations et abus des droits de l’homme, ou perturber la capacité des personnes à chercher, recevoir ou transmettre des informations en ligne, ainsi que d’autres mesures qui empêchent ou perturbent l’accès à une connectivité significative, Notant avec préoccupation la récurrence ces dernières années de mouvements de protestation nationaux qui ont été accueillis par une violence d’État et des schémas similaires de violations, y compris l’utilisation d’une force excessive et létale contre les manifestants par les forces de sécurité, les arrestations et détentions arbitraires, Alarmé par les nombres sans précédent d’exécutions en 2025 en République islamique d’Iran, selon les rapports, et exprimant une profonde préoccupation concernant les risques d’utilisation illégale de la peine de mort contre les manifestants récemment arrêtés. Affirmant les droits inaliénables de tous les Iraniens à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, ainsi que leurs droits à la liberté d’expression, à la liberté d’association et de réunion pacifique, et à la liberté de religion ou de conviction, et réaffirmant que chacun doit pouvoir exprimer ses griefs ou aspirations de manière pacifique, y compris par des manifestations publiques, Soulignant la nécessité d’assurer la responsabilité pour les violations des droits de l’homme et de mettre fin à l’impunité pour les graves violations des droits de l’homme et tout crime international, ce qui est essentiel pour la prévention de nouvelles violations, et rappelant l’obligation de la République islamique d’Iran d’assurer des enquêtes rapides, efficaces, indépendantes, transparentes et impartiales sur toutes les violations alléguées des droits de l’homme,

Partie opérative : Déplore vivement la répression violente des manifestations pacifiques entraînant la mort de milliers de personnes, y compris des enfants, et un grand nombre de personnes blessées, ainsi que l’arrestation de milliers en lien avec les manifestations nationales qui ont commencé le 28 décembre 2025, Exhorte le gouvernement de la République islamique d’Iran à respecter, protéger et réaliser ses obligations en matière de droits de l’homme et à prendre toutes les mesures nécessaires pour arrêter et prévenir les exécutions extrajudiciaires, d’autres formes de privation arbitraire de la vie, les disparitions forcées, les violences sexuelles et fondées sur le genre, les arrestations et détentions arbitraires, les détentions incommunicado et la torture et autres traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants, y compris contre les manifestants pacifiques ; Appelle le gouvernement de la République islamique d’Iran à cesser l’intimidation et le harcèlement ciblés des victimes, des survivants et de leurs familles et à assurer leur accès à la vérité, à la justice et à des réparations, y compris des dédommagements, et que les auteurs soient tenus pleinement responsables, en conformité avec les garanties d’un procès équitable en vertu du droit international des droits de l’homme ; Affirme l’obligation de la République islamique d’Iran de respecter, protéger et réaliser les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion des Iraniens, et d’éliminer les obstacles structurels et juridiques à la liberté d’expression, à la liberté d’association et de réunion et au droit de participer à la vie politique et publique ; Appelle le gouvernement de la République islamique d’Iran à restaurer pleinement l’accès à Internet, et souligne l’importance de maintenir un accès national libre, ouvert, interopérable, fiable et sécurisé à Internet, contribuant aux libertés d’opinion, d’expression et de réunion ; Décide de prolonger le mandat de la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République islamique d’Iran, pour une période supplémentaire de deux ans conformément à la résolution 58/21 du Conseil des droits de l’homme du 4 avril 2025, à compter de la fin de la 61e session, pour présenter un rapport au Conseil des droits de l’homme lors de ses 64e et 67e sessions, et pour présenter une mise à jour orale, suivie d’un dialogue interactif, sur la mise en œuvre du mandat à l’Assemblée générale lors de ses 81e et 82e sessions ; Demande à la mission internationale indépendante d’établissement des faits de mener une enquête urgente sur les allégations de violations et abus graves des droits de l’homme récents et en cours, et les crimes perpétrés en relation avec les manifestations qui ont commencé le 28 décembre 2025, y compris pour d’éventuelles poursuites judiciaires futures conformément à son mandat, et de présenter au Conseil un rapport sur ses conclusions lors d’un dialogue interactif à sa 63e session, suivi d’un briefing oral à l’Assemblée générale lors d’un dialogue interactif conjoint à sa quatre-vingt-et-unième session ; Décide de prolonger le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran pour une période supplémentaire d’un an, à compter de la fin de la 61e session, afin de continuer à surveiller la situation actuelle des droits de l’homme, y compris les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, et de mesurer les progrès dans la mise en œuvre des recommandations, et demande au Rapporteur spécial de soumettre un rapport au Conseil des droits de l’homme à sa 64e session par le biais d’un dialogue interactif conjoint avec la mission d’établissement des faits, et à l’Assemblée générale à sa 81e session ; Encourage le Rapporteur spécial et la mission d’établissement des faits à coopérer étroitement, en vue de promouvoir la synergie ; Demande au Secrétaire général et au Bureau du Haut-Commissaire de fournir toutes les ressources et l’expertise nécessaires pour permettre à la mission d’établissement des faits et au Rapporteur spécial de s’acquitter de leur mandat et exhorte tous les organes des Nations Unies à coopérer pleinement avec la mission d’établissement des faits et le Rapporteur spécial pour répondre rapidement à toute demande formulée par eux, y compris en ce qui concerne l’accès à toutes les informations et documentations pertinentes ; Appelle le gouvernement de la République islamique d’Iran à coopérer pleinement avec la mission d’établissement des faits et avec le Rapporteur spécial, à leur accorder un accès sans entrave au pays sans délai et à leur fournir toutes les informations nécessaires pour permettre l’accomplissement approprié de leurs mandats.

* Conclusion On constate que dans une situation complexe comme celle examinée ci-dessus faisant intervenir à la fois des considérations de politique intérieure et de géopolitique, il est difficile, malgré une pluralité de sources de connaître la réalité effective des faits. Cette difficulté est bien confirmée par la décision du HCDH de faire fonctionner une mission d’établissement des faits. Des policiers ont été tués par balles, des photos ont été prises ce qui semble confirmer l’existence de manifestants armés mais qui étaient-ils ? D’où provenaient leurs armes ? La police a-t-elle tiré contrer des manifestants non armés ? Quel était le nombre de manifestants armés ? Quel a été le nombre exact de morts ? Sur qui ont tiré les manifestants armés ? A-t-on la preuve de la présence d’agents extérieurs ? Le gouvernement iranien prétend avoir arrêté des agents du Mossad dans les manifestations : il serait facile pour la commission d’enquête de l’ONU de le vérifier. Une technique classique de la propagande de guerre et de transformer l’ennemi à abattre comme un monstre sanguinaire justifiant ainsi dans les médias la nécessité d’une intervention militaire. Or il faut tout de même savoir qu’une telle intervention peut conduire à une troisième guerre mondiale nucléaire. Il est donc nécessaire dans une situation aussi dangereuse de ne pas se contenter d’approximations et d’analyses tronquées.

5 – heureusement, l’établissement d’un fait n’est pas toujours difficile : l’obligation du port du voile pour les femmes en Iran

** Levons le voile sur le voile.

L’article 638 du Code pénal islamique de l’Iran (adopté en 1996 et toujours en vigueur) punit les femmes qui apparaissent en public sans le hijab islamique prescrit (hejab-e-shar’i), les obligeant ainsi à le porter sous peine d’emprisonnement de 10 jours à 2 mois ou d’une amende de 50 000 à 500 000 rials.

equalitynow.org

Notez que des lois plus récentes, comme la loi sur la chasteté et le hijab promulguée en 2024, renforcent ces dispositions avec des peines plus sévères, mais l’article 638 reste la base légale principale dans le Code pénal.

*La nouvelle loi sur le hijab obligatoire en Iran, officiellement intitulée « Loi pour la protection de la famille par la promotion de la culture de la chasteté et du hijab » (ou « Hijab and Chastity bill »), a été votée par le Parlement iranien (Majlis) le 20 septembre 2023.

Ce projet de loi, qui renforce fortement les sanctions pour non-respect du port du voile (amendes élevées, peines de prison jusqu’à 15 ans, flagellations, peines de mort dans certains cas extrêmes, fermeture d’entreprises, interdictions de voyager, etc.), a été rédigé initialement en mai 2023 par le pouvoir judiciaire, puis modifié et étendu à 74 articles par la commission judiciaire du Parlement. Il a ensuite été approuvé par le Conseil des gardiens de la Constitution en septembre 2024, et son entrée en vigueur était prévue pour le 13 décembre 2024 (annoncée par le président du Parlement Mohammad-Bagher Ghalibaf fin novembre 2024).

Cependant, cette loi a été suspendue (ou ajournée) peu avant son application effective : Le 14 décembre 2024, le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) a ordonné la suspension de sa mise en œuvre, en raison de craintes de troubles sociaux, de protestations massives (similaires à celles de 2022 après la mort de Mahsa Amini) et de critiques internes (y compris du président réformiste Massoud Pezeshkian, qui l’a qualifiée d’« ambiguë » et en besoin de réforme).

Cette suspension a été confirmée et prolongée en 2025 (notamment au printemps 2025), et la loi reste en limbo juridique en 2026 : elle n’a pas été abrogée, mais elle n’est pas appliquée en tant que telle. L’obligation de voile repose toujours sur l’article 638 du Code pénal islamique (depuis les années 1980), et des formes d’application alternatives persistent (surveillance électronique, amendes via caméras, pressions sur les entreprises, etc.), mais sans les mesures extrêmes prévues par cette nouvelle loi. En résumé : Vote principal au Parlement : 20 septembre 2023. Approbation finale (Conseil des gardiens) : septembre 2024. Suspension : dès décembre 2024, et toujours en vigueur aujourd’hui.

Cette situation reflète les tensions internes au régime entre factions dures et craintes de nouvelles contestations populaires.

Il faut souligner que l’obligation du port du hijab (voile islamique) en Iran remonte à la période immédiatement postérieure à la Révolution islamique de 1979. Dès 1980-1981, des mesures administratives et des ordres d’Ayatollah Khomeini ont imposé le hijab dans les institutions publiques, et en avril 1983, le Parlement iranien (Majlis) a adopté une loi formelle rendant le hijab obligatoire pour toutes les femmes en public. Cependant, l’article 638 du Code pénal islamique (spécifiquement du Livre 5, relatif aux ta’zirat et peines dissuasives) qui criminalise explicitement le non-port ou le port « impropre » du hijab, avec des peines d’emprisonnement, n’a été introduit qu’en 1996.Date exacte d’adoption : 22 mai 1996 (date de vote du Livre 5 du Code pénal islamique, intitulé « Loi relative aux peines discrétionnaires et dissuasives »). Contenu pertinent de l’article 638 (traduction courante) : Toute personne qui commet ouvertement un acte harām (péché) dans les lieux publics ou sur les routes est punie en plus de la sanction prévue pour l’acte lui-même, d’une peine d’emprisonnement de 10 jours à 2 mois ou de flagellation jusqu’à 74 coups. Note : Les femmes qui apparaissent dans les lieux publics et sur les routes sans porter le hijab islamique seront condamnées à une peine d’emprisonnement de 10 jours à 2 mois ou à une amende de 50 000 à 500 000 rials.

Avant 1996, les violations du hijab étaient sanctionnées de manière plus générale (souvent par des peines corporelles comme la flagellation, sous des dispositions ta’zir plus larges), mais c’est en 1996 que la peine d’emprisonnement a été explicitement ajoutée pour ce motif. Le Code pénal a été révisé et consolidé en 2013 (avec 728 articles au total), mais les sources récentes (y compris des rapports de 2023-2025 d’Amnesty, Human Rights Watch et d’autres) continuent de citer l’article 638 comme base légale pour punir le non-respect du hijab. En résumé : Obligation générale du hijab → dès 1979-1983. Article 638 spécifique (avec peine d’emprisonnement) → adopté le 22 mai 1996. ** * En même temps, et contradictoirement, en tout cas avec nos normes occidentales, la république islamique a fait progresser considérablement la scolarisation des femmes. Avant la révolution islamique de 1979, le nombre de femmes ayant fait des études supérieures était compris entre 1 % et 3 %. Puis il y a eu une progression continue et elles sont maintenant 50 % à avoir fait des études supérieures. En 2022,60 % des étudiantes universitaires étaient des femmes. Il y a eu un léger fléchissement depuis : elles sont en moyenne 50 % – 55 %. Les taux sont encore plus élevés dans les disciplines scientifiques. (source : banque mondiale et unesco) Une autre contradiction, en tout cas apparente pour nous, et que la structure familiale chiite donne une place centrale à la femme selon l’anthropologue Emmanuel Todd. Cela se traduit notamment par un droit successoral favorable au sexe féminin contrairement à la structure sunnite. La structure familiale nucléaire chiite favorise aussi d’égalité homme/femme Là encore on se rend compte que la réalité est complexe.

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