Une étude universitaire l’affirme : les États-Unis sont désormais entrés en guerre civile

jeudi 5 février 2026.
 

En moins de vingt jours, la police de l’immigration américaine a délibérément tué deux citoyens américains engagés contre la politique migratoire violente voulue par Donald Trump. Deux morts qui secouent le pays, les institutions et l’équilibre américain. Une étude de l’Université de Pennsylvanie prévenait en 2024 : ce sont les ingrédients d’une guerre civile.

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Les images du meurtre d’Alex Pretti, infirmier abattu de dix coups de feu tirés à bout portant par la police de l’immigration (ICE) ce samedi 24 janvier 2026 à Minneapolis, ont fait le tour du monde. Elles viennent s’ajouter à celles qui circulent chaque jour autour des méthodes agressives et violentes des policiers de l’ICE. À son corps défendant, Minneapolis, grande ville du Minnesota, est devenue le symbole de la résistance face à cette violence institutionnalisée. C’est peut-être là que se jouent les premières heures d’une nouvelle guerre civile américaine.

En octobre 2024, rappelle le média indépendant HR News, des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie avaient créé une simulation pour tenter d’expliquer comment une guerre civile pourrait commencer aux États-Unis. Dans leur scénario, les universitaires, menés par Claire Finkelstein, imaginaient un déploiement de forces de l’ordre dans une grande ville suivi d’une résistance des pouvoirs locaux, d’une immobilisation des tribunaux et d’un conflit ouvert entre les autorités locales et fédérales. C’est exactement ce qui est en train de se passer à Minneapolis.

L’avenir des États-Unis se joue peut-être à Minneapolis

C’est le 7 janvier 2026 que le scénario imaginé par les chercheurs a commencé à se dérouler dans le Minnesota. Le pouvoir fédéral avait lancé quelques jours plus tôt l’Opération Metro Surge. Des centaines d’agents ICE ont alors déferlé sur cette ville démocrate de 430 000 habitants pour y arrêter le plus de personnes présumées immigrées illégales. Parce qu’elle s’opposait à une intervention de l’ICE, Renee Nicole Good, trente-sept ans, est morte, tuée sous les balles du bras armé de la politique migratoire de Donald Trump.

Minneapolis est l’une des villes où la résistance a toujours été vive. En 2020, c’est là que George Floyd avait été tué par la police. Là que les habitants s’étaient soulevés pour créer et faire prospérer le mouvement Black Lives Matter. La mort de Renee Nicole Good et d’Alex Pretti vient renforcer cette volonté de se battre contre le pouvoir en place et ses décisions mortifères. D’autant qu’au niveau fédéral, on insiste pour ne pas mener d’enquête sur les circonstances de leurs morts.

Les juges n’agissent pas et les militaires attendent leurs ordres

Dans un article publié dans The Guardian, Claire Finkelstein démontre que les autorités du Minnesota – et son gouverneur Tom Walz, démocrate et colistier de Kamala Harris lors des dernières élections – sont aujourd’hui dans une véritable guerre idéologique avec le pouvoir fédéral mené par Donald Trump.

Plutôt que de chercher à désamorcer les tensions causées par les meurtres commis par l’ICE – sans parler des violences systémiques lors des arrestations et dans les centres de rétention – Washington accuse l’État démocrate d’obstruction aux forces de l’ordre.

Puisque les événements s’enchaînent sans répit, les tribunaux locaux et fédéraux n’ont ni le temps ni peut-être l’envie de se saisir de ces sujets. Un immobilisme qui rend la démocratie américaine caduque. Reste le pouvoir militaire. Donald Trump pourrait décider d’envoyer des troupes à Minneapolis pour faire cesser la révolte. Auront-elles, si le besoin se fait ressentir, le cran de remettre les ordres en question ? L’avenir du pays tient peut-être à cette question.

Article de Lola Breton


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