Jean-René Garinaud, ce candidat RN qui exonère les SS du massacre d’Oradour-sur-Glane

mercredi 28 janvier 2026.
 

Après les révélations de Libération sur les publications racistes, colonialistes et révisionnistes de Jean-René Garinaud, le Rassemblement national s’est empressé de retirer l’investiture de son candidat aux municipales de Condat-sur-Vienne. Trop tard : l’affaire dévoile une fois de plus ce que le parti de Jordan Bardella tente désespérément de dissimuler derrière sa stratégie de normalisation.

Quand la propagande russe rencontre le révisionnisme d’extrême droite

En 2022, Jean-René Garinaud partageait sur son compte Facebook, aujourd’hui disparu, une fausse information attribuant le massacre d’Oradour-sur-Glane à des Ukrainiens. Ce message s’inscrit dans une campagne de désinformation russe dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine. Pour le candidat RN, l’occasion était belle de surfer sur la propagande anti-ukrainienne pour salir la mémoire du village martyr.

Face à ces affirmations mensongères, Benoît Sadry, président de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane, a tenu à rétablir la vérité historique dans une interview accordée à France 3 Nouvelle-Aquitaine : « Non, il n’y avait pas du tout d’Ukrainiens à Oradour. Aujourd’hui, on connaît l’effectif de la division dans les moindres détails ».

Le massacre perpétré le 10 juin 1944 par la division nazie SS Das Reich a fait 643 victimes. Les recherches historiques, notamment les travaux de l’historienne allemande Andrea Erkenbrecher et l’enquête menée avec le procureur de Dortmund entre 2011 et 2013, ont permis d’établir avec précision la composition de cette division : des soldats allemands, des Autrichiens et des Français incorporés de force. Aucun Ukrainien.

Quand le Rassemblement national prétend découvrir les publications de son candidat

Soutenu depuis le début de l’année par Albin Freychet, délégué départemental du RN en Haute-Vienne, Jean-René Garinaud a vu son investiture retirée uniquement après les révélations de la presse. Dans un communiqué, le parti affirme ne pas avoir eu connaissance de ces publications. Une défense bien commode qui interroge sur le sérieux de ce parti.

Cette affaire révèle surtout la persistance d’un problème structurel au sein du RN. Benoît Sadry le rappelle dans l’article de France 3 Nouvelle-Aquitaine : « Il y a des propos révisionnistes absolument tous les jours. » Face à cette prolifération de la haine en ligne, les associations de mémoire se trouvent démunies.

Le révisionnisme, une vieille habitude de l’extrême droite

Le cas de Jean-René Garinaud n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de l’extrême droite : instrumentaliser l’histoire, la déformer, la réécrire au gré des besoins politiques du moment. Par ailleurs, un collectif d’historiens conduit par Alya Aglan et Nicolas Offenstadt avait d’ailleurs publié en 2022 un tract chez Gallimard, Zemmour contre l’histoire, afin de contester les manipulations de l’histoire par Éric Zemmour et l’extrême droite. Preuve qu’il reste du travail face à cette entreprise systématique de falsification de l’histoire.

En 2022, relayer la propagande russe sur Oradour permettait de servir un double objectif : discréditer l’Ukraine dans le contexte de l’invasion russe et continuer d’entretenir le trouble sur l’un des crimes nazis les plus documentés commis en France.

Le retrait d’investiture de Jean-René Garinaud n’empêchera d’ailleurs pas ce dernier de se présenter aux municipales de Condat-sur-Vienne, simplement sans l’étiquette RN. Le parti se défausse ainsi de toute responsabilité tout en laissant son candidat poursuivre sa carrière politique. En bref, une opération de communication qui ne trompe personne : derrière la normalisation du RN, les vieux démons du révisionnisme et du racisme continuent de prospérer.


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