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Les municipales amènent leur lot de têtes de liste, dont un certain nombre de candidats et candidates RN au passé trouble, voire carrément abjects. Parmi eux, Julio Pichon, candidat à la mairie de Saint Nazaire, qui se fait remarquer pour ses nombreuses insultes et injures sur le réseau social X (anciennement twitter). Entre propos sexistes, racistes, homophobes, cette brebis galeuse représente bien le troupeau des candidats RN.
Julio Pichon, ancien candidat des départementales 2021 pour Les Républicains (LR), rejoint le Rassemblement National en 2023. Candidat pour le parti des Le Pen lors des législatives 2024, et maintenant tête de liste pour les municipales de Saint Nazaire, ce transfuge ne se reconnaissait plus dans son ancien clan politique. L’ascension de Jordan Bardella dans le parti semble le convaincre, mais surtout, il déplore que LR soit « Macron compatible » Son glissement vers l’extrême droite de l’échiquier politique n’est donc pas le coup du hasard, ou de la stratégie carriériste, mais bien idéologique. A ce titre, Julio Pichon semble parfaitement s’intégrer dans son nouvel environnement
En effet, tout comme David Rachline, ancien vice-président du RN, les municipales viennent faire la lumière sur un passé sombre. De nombreux tweets à caractère raciste, sexiste, xénophobe et homophobe (rien que cela) ont été retrouvé par les journalistes de « Les jours ». En plus de ces marques de fabrique du RN, le candidat fait preuve d’un langage des plus orduriers en ligne. Les « pauvres cons », « mange merde » ; « menteur de merde », « gros bébé » et « premier couille molle » fusent, que cela soit contre des personnalités allant de Fabien Roussel à Gabriel Attal en passant par Jean-Luc Mélenchon.
Outre les insultes à tout va, en réaction à des prises de paroles, qui démontre un vide politique abyssal habituel du RN, il est intéressant de creuser ce que disent ces insultes. Tout d’abord il faut souligner la violence de ce comportement, et appuyer sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une exception. La violence fait partie intégrante des mouvements d’extrême droite et structure ces mouvements. Si des évènements comme la manif pour tous ont pu faire se rencontrer les catholiques traditionalistes et les militant·es d’extrême droite, donnant un vernis de respectabilité, l’extrême droite est profondément et structurellement violente.
Ensuite, il y a le fond des insultes. Car aussi vide politiquement qu’une insulte en réaction à un positionnement politique puisse être, c’est son existence même qui lui donne un sens. Tout d’abord tout ce qui n’est pas d’extrême droite y passe. Mais les insultes sont ciblées. Des insultes sexistes pour Ursula Von Der Leyen qualifiée de « Blondasse de l’Union Européenne ». Des montages homophobes destinés à l’actuel président de la République. Mais sa rengaine préférée semble pourtant être la xénophobie et le racisme.
En effet, on notera tout d’abord les propos profondément islamophobe et xénophobe envers une femme portant le drapeau européen en burqua et tirant un bateau de migrant. Le message est on ne peut plus clair : l’Europe ouvre la porte au Grand Remplacement. Car oui, c’est de cela dont il s’agit. De faire infuser les théories racistes et complotistes les plus abjectes. Il n’est donc pas surprenant de le voir prendre la défense de Valeurs Actuelles lorsque ceux-ci sont traînés en justice pour les caricatures racistes représentant la député Danièle Obono en tant qu’esclave. La ligne est claire : défendre la suprématie blanche
Malgré un grand ménage sur son compte, Julio Pichon n’a pas pu échapper aux enquêtes des journalistes. Une situation qui semble se répéter à chaque élection pour le RN. C’est à chaque fois c’est la même chose. Des cadres peu formés, qui manquent de la retenue nécessaire à la stratégie de dédiabolisation du RN. Pourtant, Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, postait le 26 octobre dernier une vidéo de soutien à Julio Pichon. Les grands cadres du RN réagiront-ils à cette sortie de route, ou sera-t-elle passée sous silence ? L’avenir nous le dira.
Par Marie
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