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Des millions de personnes vivent aujourd’hui dans des territoires où se soigner relève du parcours du combattant, entre médecins absents, soumis à des délais interminables, sans compter nos urgences saturées. Plus de 30 % de la population vit dans un désert médical.
En Île-de-France, on parle de deux tiers des habitants (62,4 %) ! Quelques chiffres. La densité moyenne de médecins généralistes est d’environ 146 pour 100 000 habitants. Des départements comme l’Eure‑et‑Loir (84 généralistes/100 000 hab.) et l’Eure (88/100 000) figurent parmi les moins bien dotés en médecins généralistes, en France hexagonale. La Seine-Saint-Denis présente seulement 96 généralistes pour 100 000 habitants. En Outre-mer, la situation est pire. Mayotte affiche la densité de médecins la plus basse : à peine 39 médecins généralistes pour 100 000 habitants.
Les déserts médicaux ne sont pas une fatalité mais le résultat de choix politiques assumés. Tandis que le gouvernement se contente de pseudos « pactes » inefficaces, La France insoumise porte une rupture claire et nécessaire : remettre la santé hors du marché et garantir matériellement l’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire. Une mesure phrase ? Favoriser les centres municipaux de santé. Notre article.
Les déserts médicaux, le produit de décennies de renoncements néolibéraux C’est le quotidien pour beaucoup de Français. Il faut parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste ou un spécialiste. Et ce partout, que ce soit dans certaines communes rurales comme dans les quartiers populaires, mais aussi et surtout dans les territoires ultramarins. La situation est devenue totalement intenable en Guyane, par exemple.
La mobilisation contre les déserts médicaux peine à être entendue par le gouvernement Lecornu, alors même que le manque de soignants y est structurel et massif. Ce silence en dit long sur une politique de santé à deux vitesses, où certains territoires sont sacrifiés au nom de la rentabilité des firmes et de l’attractivité des métropoles.
Car les déserts médicaux ne tombent pas du ciel, contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire. Ils sont le produit de décennies de renoncements libéraux : numerus clausus étrangleur, fermeture d’hôpitaux de proximité, tarification à l’acte, mise en concurrence des établissements et abandon de toute planification publique de la santé, entre autres.
Sauf que la réalité de terrain est sans appel : la médecine libérale s’installe là où elle est la plus rentable, laissant des pans entiers du pays sans réponse médicale. Le gouvernement le reconnaît à demi-mot, certes, mais impute sa responsabilité à une conjoncture imaginaire, surtout quand celui-ci persiste, malgré tout, à proposer les mêmes recettes : primes à l’installation, incitations financières, contrats temporaires. Des mesurettes qui ont largement démontré leur inefficacité.
Les cartes des déserts médicaux sont sans appel. Selon les données publiques et les travaux de recherche sur l’accès aux soins, l’inégalité territoriale ne se limite pas au nombre de médecins. C’est un tout qui englobe aussi le temps d’accès, la mobilité des patients, l’âge et la précarité sociale. Autrement dit, habiter dans un désert médical, c’est « cumuler les handicaps ». Une réalité trop souvent sous-estimée, comme le souligne la recherche universitaire, qui rappelle que l’accès aux soins ne se résume pas à une moyenne nationale utilitariste flatteuse, mais à des réalités locales brutales trop souvent oubliées.
Face à cette situation, La France insoumise propose un changement de cap radical, assumé et cohérent dans sa boîte à outils programmatique en vue des municipales de mars prochain. D’abord, en restaurant une véritable planification de la santé. Cela passe par la suppression de la logique purement libérale de l’installation des médecins et la mise en place d’un conventionnement territorial. Pour que, dans les zones déjà surdotées, on ne s’installe plus librement, afin que, dans les zones sous-dotées, la puissance publique organise et garantisse une offre de soins digne. On voudrait faire croire à une punition, sauf que c’est une exigence d’égalité républicaine.
Ensuite, le programme insoumis défend la création et le développement massif de centres municipaux de santé, avec des médecins salariés. Là où la médecine libérale échoue à répondre aux besoins, le service public se doit de prendre le relais. Ces centres permettent une prise en charge globale, sans dépassements d’honoraires, avec des horaires adaptés et un travail en équipe pluridisciplinaire. Ils sont une réponse concrète aux déserts médicaux, déjà expérimentée avec succès dans de nombreuses communes.
Les opposants à ces centres prétendent que leur création ne fera pas venir les médecins. Pourtant, de 2010 à 2025, l’effectif des médecins salariés a augmenté de +18,8 %. De plus en plus de jeunes médecins refusent en effet l’exercice libéral de leur profession. Les centres de santé leur offre la possibilité de devenir salarié.
La France insoumise propose également de renforcer l’hôpital public et les hôpitaux de proximité, aujourd’hui asphyxiés. Il est d’usage de lutter contre les déserts médicaux en faisant tout sauf fermer des lits et des services. On y lutte en rouvrant des maternités, des services d’urgences, en garantissant une présence médicale permanente sur le territoire. Cela implique de rompre avec la logique comptable imposée par l’État et de considérer enfin la santé comme un investissement social, non comme une ligne de dépenses à réduire.
Autre levier essentiel : la formation. Le programme insoumis assume l’augmentation massive du nombre de soignants formés, la fin des logiques de sélection sociale et une meilleure répartition territoriale des stages et des premières années d’exercice. Former plus, former mieux et former partout : c’est la condition pour répondre aux besoins réels de la population.
Pendant ce temps, le gouvernement communique. Il lance un « nouveau pacte », publie des cartes, organise des concertations. Mais sur le terrain, les professionnels le disent : rien ne change fondamentalement. Les médecins manquent toujours, les patients renoncent aux soins et les inégalités s’aggravent. Les déserts médicaux deviennent le symbole d’un État qui se retire et d’un marché qui décide.
La question est pourtant simple : accepte-t-on que l’espérance de vie dépende du code postal ? La France insoumise répond non. Garantir l’accès aux soins partout, pour toutes et tous, n’est pas une opinion idéologique : c’est un impératif démocratique devant être partagé par tous, car la santé n’est pas un privilège, elle est un droit.
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