À Royan, un café populaire constituant pour réfléchir à une 6ème République « du, par et pour le peuple »

mercredi 21 janvier 2026.
 

Les groupes d’action des Insoumis.es de Royan et du Pays royannais insoumis ont convoqué samedi 13 décembre dernier un Café Populaire « Constituant » sur la 6ᵉ République : un événement très attendu, et qui a redonné force et espoir aux participants quant à la possibilité de sortir de l’ornière dans laquelle s’enlise la République française, de par les abus d’usage et d’interprétation que l’actuel Président et ses gouvernements font de la Constitution de la 5ᵉ République.

Une vingtaine de militant.es ont répondu à l’appel et ont réfléchi ensemble aux modalités à mettre en œuvre pour abattre la Constitution de 1958, pour ensuite élaborer une série de propositions pour construire une République nouvelle, véritablement démocratique, « sociale, solidaire », et, pour reprendre les mots de Jean-Louis, « évolutionniste », c’est-à-dire qui prenne en compte les évolutions des sociétés et de l’espèce humaine, à l’image des principes du mouvement « évolutif », qui « cherche à inventer une nouvelle forme de rassemblement citoyen » (principe n°1 de la France Insoumise). Notre article.

L’anagramme de Macron, c’est « monarc »…

Les plus anciens ont connu 1945, et certains ont voté contre la Constitution de la 5ᵉ République, au moment du référendum sur le texte, élaboré par Michel Debré pour le général De Gaulle. Elle avait d’emblée vocation à permettre un pouvoir autoritaire, même si, comme le précise Yvon : « C’est une constitution pour dictateur dont De Gaulle ne s’est pas servi, mais les suivants ne s’en sont pas privés ».

Guillaume, médecin hospitalier, participe à sa première réunion insoumise : « une constitution qui permet de dézinguer les services publics, ce n’est pas républicain ! » Véronique est la seule à y voir un côté positif : « c’est qu’on en voit les limites ! » Le bilan de la 5ème est unanime : trop de pouvoir au Président, et une fois que le peuple a voté, il est dépossédé de tout pouvoir.

Séparer la sphère de l’État (le domaine du public) des intérêts économiques du privé, pour protéger les plus démunis

Le moment venu de formuler des propositions, les neurones sont en ébullition, l’occasion est de faire table rase du continuum constitutionnel qui a mené de la 1ère République, point de départ d’une rupture nécessaire avec la monarchie (bien qu’inachevée), à la 2ᵉ, abrégée par le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, puis à la 3ᵉ, et les avancées progressistes d’un Parlement légiférant bon nombre de réformes sociales, parmi lesquelles la séparation de l’Église et de l’État, suivie du marasme de la 4ᵉ qui pourtant donnait plus de pouvoir au peuple au sortir de la deuxième guerre mondiale et dans le contexte du Conseil National de la Résistance…

L’analyse du groupe réuni ce jour conduit à la conclusion que, si une constitution en engendre une autre, sous l’influence du contexte politique et social du moment, celle de la 5ᵉ fait la part belle au capitalisme (sous sa forme la plus dangereuse, le néolibéralisme) et que refonder la République doit commencer par réguler et limiter le rôle que jouent le pouvoir économique, financier et l’influence des médias dans les institutions de l’État afin de protéger le peuple, les plus vulnérables, le Vivant et la planète habitée.

Le peuple est en capacité d’écrire la Constitution

Les participants forment de petits groupes et se penchent sur des thèmes choisis dans une liste proposée (pour une république anti-capitaliste, pour une république sociale, pour une république du bien commun…), voire reformulent à leur manière, et en à peine une demi-heure, des principes constitutifs très développés et approfondis émergent des échanges. L’imagination peut ainsi se projeter dans le cadre d’un processus d’Assemblée constituante.

Les insoumis.es ont en commun d’éprouver dans leur chair l’injustice vécue au quotidien : l’exploitation des travailleurs et travailleuses par la classe dominante et possédante. Un programme social serait bienvenu, mais insuffisant : ce qu’il faut, c’est une transformation à la racine du fonctionnement de la société, une révolution citoyenne en profondeur (Chapitre 1 de l’Avenir en Commun).

La démocratie pour la paix

Cette « révolution » commence par reprendre le contrôle des vies individuelles, en intégrant véritablement le peuple comme acteur au sein de la Constitution : la possibilité de s’impliquer dans la protection et la gestion des biens communs : l’eau, l’air, la terre, l’énergie, les services publics, la santé, l’éducation, les transports, le logement, l’alimentation, etc. ; l’instauration de contre-pouvoirs citoyens pour contrôler l’exercice de la police, de la justice, des administrations et des médias ; et que les mandats accordés soient impératifs, révocables et non cumulables, y compris dans le temps. L’Avenir en Commun en somme.

Ce sont les conditions de réalisation des principes de Liberté, Égalité, Fraternité. Ce sont aussi les conditions indispensables pour empêcher la guerre et restaurer la paix !

Pour organiser votre café populaire : cafe-populaire@lafranceinsoumise.fr

Bordeaux, lundi 15 décembre 2025

Charlotte ARISTIDE

Membre du Livret Constituant

Coanimatrice du GA de Bordeaux Nord


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