L’islamophobie explose dans le pays : les chiffres alarmants du dernier rapport de la Défenseure des droits sur les discriminations religieuses

dimanche 14 décembre 2025.
 

Islamophobie. Ce jeudi 4 décembre était publié un nouveau rapport de la Défenseure des droits révélant une explosion des discriminations fondées sur la religion en France dont les personnes de confession musulmane sont les premières victimes.

Dans la rue, sur les réseaux sociaux, en entreprise, à la télévision, à l’université, dans les commissariats, dans les établissements scolaires : l’islamophobie explose. Le dernier rapport de la Défenseure des droits en est un nouveau signal d’alarme. Notre article.

Discriminations religieuses : l’islamophobie explose

Menée en 2024 auprès de plus de 5 000 personnes, le rapport de la Défenseure des droits paru est un nouveau signal alarmant sur l’état du racisme et de la haine religieuse en France. Parmi ses constats, le fait que les discriminations liées à la religion augmentent de manière disproportionnée à l’encontre des personnes musulmanes, ou perçues comme telles.

Ainsi, si 7 % des sondés déclarent avoir subi une discrimination liée à la religion lors des cinq dernières années — un chiffre en hausse par rapport à 2016 (5 %) – pour les personnes musulmanes (ou perçues comme telles), la proportion grimpe à 34 % (contre 27 % en 2016), ce qui en fait le groupe le plus touché.

Le rapport souligne que la visibilité religieuse joue un rôle déterminant : 15 % des personnes affichant un signe religieux (voile, etc.) rapportent des discriminations. Les femmes musulmanes voilées sont les premières concernées — 38 % d’entre elles déclarent avoir été victimes de discrimination lors des cinq dernières années.

Par ailleurs, les signalements à la plateforme « 3928 », dédiée aux discriminations, a explosé entre 2017 et 2024.

Plus largement, le rapport attire l’attention sur le fait que ces discriminations sont « trop souvent invisibilisées, voire banalisées », en grande partie à cause de discours stigmatisants visant certaines communautés religieuses.

Ce que les chiffres du rapport de la Défenseure des droits révèlent de la situation politique

La hausse des discriminations religieuses — en particulier liées à l’islamophobie — pose un cadre d’analyse important pour comprendre l’état du débat public en France. Plusieurs enseignements s’en dégagent.

D’abord, le passage d’une discrimination « d’origine » à une discrimination « de religion » : le rapport note en effet une évolution des motifs de discrimination évoqués : parmi les personnes de confession musulmane, la part de celles qui attribuent les discriminations à l’origine ou à la couleur de peau diminue, tandis que la religion devient un motif plus souvent cité.

Un autre élément d’analyse porte sur l’instrumentalisation de la laïcité : le rapport dénonce une « interprétation erronée de la laïcité » que 24 % des sondés disent comprendre comme une interdiction des signes religieux dans l’espace public, ce qu’elle n’est pas. Cela suggère que le principe républicain de neutralité est détourné, perçu comme un outil de stigmatisation.

Le rapport dénonce également la dimension structurelle de discriminations invisibles mais pourtant persistantes. Ainsi, les discriminations ne se manifestent pas seulement à travers des actes violents, mais aussi dans l’accès à l’emploi, au logement, aux services publics, à la reconnaissance de droits — ce qui questionne l’égalité réelle entre citoyen·ne·s, et la cohésion sociale. Le rapport insiste sur la nécessité de « mesures ambitieuses » de sensibilisation, notamment dès l’école.

Il met en lumière la montée toujours croissante des discriminations et de l’islamophobie dans un contexte de crispation politique et sociale rappelant que les discriminations religieuses sont liées à des dynamiques plus larges de polarisation, d’exclusion, voire de racisme institutionnel.

Au-delà des chiffres, ce rapport alerte sur un risque de fragilisation du pacte républicain : quand une partie de la population — souvent visible — est mise à l’écart, discriminée et mise en danger chaque jour, c’est l’égalité, au fondement de la cohésion nationale, qui est rompue.

La lutte sans relâche de la France insoumise contre le racisme, l’islamophobie et toute forme de haine religieuse

La France insoumise se démarque dans le champ politique, comme mouvement systématiquement mobilisée pour dénoncer les logiques d’exclusion, de stigmatisation et de discriminations institutionnelles — qu’elles prennent la forme de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme ou de mépris de classe. Ainsi par exemple de la grande campagne nationale contre toutes les formes de racisme lancée il y a quelques semaines par le mouvement insoumis.

Dans le débat public, insoumises et insoumis contribuent à rendre visibles les discriminations religieuses, à porter la parole des victimes et à exiger des mesures concrètes : éducation à la laïcité, lutte contre l’islamophobie institutionnelle, politique active d’égalité, soutien aux victimes, lutte contre les violences policières, etc.

Sur le plan législatif et institutionnel, LFI milite pour des droits concrets : reconnaissance des discriminations religieuses, meilleurs mécanismes de recours pour les victimes, formation des agents publics, sensibilisation dès l’école.

La France insoumise est fidèle à la loi de 1905, à savoir le respect du principe de la laïcité qui implique la liberté de conscience et de culte. Ainsi, LFI cherche à faire converger la lutte contre les discriminations religieuses avec celles contre le racisme, le sexisme et les inégalités sociales dans une perspective de justice sociale globale.

Un appel à l’action

Alors que les discriminations explosent, ce rapport rappelle l’urgence d’agir politiquement. Il confirme par des données récentes et solides l’ampleur des discriminations religieuses rendant l’islamophobie difficile à ignorer ou à minimiser.

Pour aller plus loin : « On ne veut pas de votre fils qui est noir. Nous, on vote RN ! » – Le témoignage glaçant d’un jeune garçon, victime de racisme au sein de son collège

Pour la France insoumise, pour la société civile, pour les citoyen·ne·s, ce rapport constitue un appel à la conscience collective. Refuser l’islamophobie et le racisme, ce n’est pas seulement protéger des citoyens : c’est préserver un projet d’égalité et de dignité.

Par Nayan KHIANG


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