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Le 18 novembre dernier paraissait un sondage IFOP intitulé « État des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France ». Commandité par une revue confidentielle aux liens étroits avec les Émirats arabes unis, ce sondage à la méthodologie éminemment contestable et contestée a déclenché un torrent de haine à l’encontre des Françaises et des Français de confession, réelle ou supposée, musulmane.
Il pose dans le même temps la question de l’infiltration d’un réseau d’influence émirati dans les institutions françaises alors qu’a récemment éclaté au grand jour le scandale d’État de la pression mise par les Émirats arabes unis sur le ministère de l’Économie et des Finances pour salir le député insoumis Carlos Martens Bilongo. Le groupe parlementaire de la France insoumise a annoncé avoir saisi la procureure de la République. Notre article.
Le sondage IFOP du 18 novembre dernier et sa méthodologie indigente ont une nouvelle fois servi de carburant à une intense campagne de haine, notamment médiatique, à l’encontre des Françaises et des Français de confession musulmane.
Alors qu’il fait état d’une prétendue radicalisation de la pratique religieuse, les « constats » du sondage, basés sur une méthode faisant l’objet d’une forte remise en cause scientifique, sonnent d’abord comme une torsion de la réalité destinée à nourrir l’islamophobie ambiante.
En parallèle, plusieurs articles publiés par Médiapart et Le Monde documentent l’existence de liens étroits entre le commanditaire de ce sondage, la revue confidentielle Écran de veille, et les services de renseignements des Émirats arabes unis, à travers notamment son fondateur et rédacteur en chef, décrit dans un article du journal Le Monde en date du 3 décembre 2025 comme un « espion », un « agent traitant », « l’un des principaux rouages des opérations d’influences orchestrées (…) au profit des Émirats ».
Alors que le scandale de la note bidonnée par Bercy pour plaire aux Émirats arabes unis et accuser le député LFI Carlos Martens Bilongo d’infractions financières qu’il n’a pas commises a été révélé en octobre dernier – une « affaire » pour laquelle il a définitivement été lavé de tout soupçon – l’influence des Émirats sur la presse et les institutions françaises est aussi en question.
En effet, deux consultants de la revue Écran de veille se présentant comme journalistes, Nora Bussigny et Emmanuel Razavi, ont récemment témoigné devant la « commission d’enquête » de Laurent Wauquiez destinée à faire croire à l’existence de liens entre la France insoumise et des groupes terroristes.
Les discriminations à l’encontre des Françaises et des Français de confession, réelle ou supposée, musulmane, explosent. Ce jeudi 4 décembre paraissait ainsi un nouveau rapport de la défenseure des droits révélant une augmentation importante des discriminations fondées sur la religion en France dont les musulmanes et les musulmans sont les premières victimes.
Il est évident que la parution de sondage IFOP du 18 novembre a contribué, contribue et contribuera à l’islamophobie dans le pays. Ainsi que le rappellent les député·es insoumis·es, depuis sa parution, plusieurs actes islamophobes ont été rapportés : une balle a été retrouvée le 26 novembre dans la boîte aux lettres d’une mosquée de Nantua (Ain), une mosquée de Lyon a été profanée le 29 novembre, et la mosquée du Puy-en-Velay vandalisée le 30 novembre, dans un contexte marqué par la multiplication de ce type d’actes, en hausse de 75 % lors des cinq premiers mois de l’année 2025 selon le ministère de l’Intérieur.
Aussi, parce que les parlementaires insoumis·es refuseront toujours de laisser passer quelques incitations à la haine qui soit, et parce que le risque d’ingérence émiratie est trop grand, le groupe de la France insoumise à l’Assemblée nationale et sa Présidente, Mathilde Panot, ont annoncé avoir saisi la procureure de la République de Paris.
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