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En octobre, le média StreetPress et l’Insoumission ont exhumé les propos antisémites tenus par Erik Tegnér, le patron du média d’extrême droite « Frontières », sur CNews. Ce média n’en est pas à son coup d’essai.
Le Monde rapportait que l’un des journalistes de Frontières, Jordan Florentin, était titulaire d’un passe sanitaire au nom d’Adolf Hitler.
StreetPress avait aussi révélé que Louise Morice, une autre journaliste de Frontières, était fiancée à un collectionneur d’objets du 3e Reich.
Pour tenter de faire taire l’Insoumission et StreetPress, Erik Tegnér a porté plainte pour diffamation contre l’Insoumission, et nos collègues de StreetPress.
Pour StreetPress, il s’agit du 11ème procès qui leur est intenté. Le média a notamment lancé un appel aux dons afin de pouvoir faire face à ces procès politiques. Nous relayons le communiqué de presse commun entre l’Insoumission et StreetPress. Notre communiqué.
L’objectif de Frontières ? « Un procès-bâillon qui vise à nous faire taire » Paris, 8 décembre 2025 — StreetPress et L’Insoumission ont été assignés devant le tribunal correctionnel de Versailles par M. Erik Tegnér, directeur de publication du média Frontières. La citation directe, délivrée le 29 novembre 2025, vise des articles publiés le 22 octobre 2025 sur StreetPress et le 23 octobre sur L’Insoumission.
Le 16 octobre 2025, sur le plateau de l’émission 100 % Politique diffusée sur CNews, M. Tegnér a tenu une série de propos concernant Mme Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, en la décrivant notamment comme « la finition du macronisme » et en affirmant que le macronisme serait « le mariage d’Alain Minc, l’argent roi, et de Jacques Attali, l’homme nomade ».
Ces éléments ont été publiquement diffusés par la chaîne puis relayés sur les réseaux sociaux. À la suite de cette séquence, SOS Racisme a saisi l’Arcom, estimant que les propos pouvaient relever de stéréotypes antisémites.
Plusieurs spécialistes interrogés par StreetPress — dont Dominique Sopo, président de SOS Racisme, l’historien Marc Knobel — ont rappelé que les éléments invoqués (association entre juifs et argent, mythe du juif apatride, etc.) correspondaient à des motifs historiquement identifiés de l’antisémitisme en France.
La diffusion des propos a provoqué de nombreuses réactions, dont celles de Yaël Braun-Pivet, directement visée : « Écœurement face à des clichés antisémites qui n’en finissent jamais. Rien ne change : l’extrême droite est antisémite. » Des responsables politiques de différents groupes, comme Boris Vallaud (PS) et Manuel Bompard (LFI), avaient aussi dénoncé l’usage de clichés antisémites.
Dans le même temps, la chaîne CNews a procédé à la suppression de la séquence de ses réseaux sociaux.
Le 22 octobre 2025, StreetPress a publié un article rendant compte des propos tenus. L’article rappelait également des faits d’intérêt public concernant plusieurs collaborateurs du média Frontières, déjà rendus publics par StreetPress et par Le Monde, étayant la fascination de plusieurs membres de la rédaction pour l’Allemagne nazie.
Le 23 octobre, L’Insoumission dénonçait le cliché du « juif errant » et qui « aime l’argent », qui correspond, selon la publication à de « l’antisémitisme banalisé »
Cette procédure intervient alors que StreetPress fait face à 11 contentieux en cours, dont une large majorité émanant de personnalités ou structures d’extrême droite.
Ces procédures génèrent des coûts importants pour la rédaction ; L’an dernier, StreetPress a consacré 51 000 euros à ses frais juridiques.
« Même quand on gagne, on perd », s’insurge Mathieu Molard, co-rédacteur en chef de StreetPress : « Car même en cas de victoire les frais d’avocat (et le temps perdu) ne sont jamais remboursés »
C’est notamment pour faire face à ces dépenses que StreetPress adresse, en cette fin d’année, un appel aux dons à ses lecteurs.
Jo Weisz, fondateur de StreetPress Sylvain Noël, directeur de publication de l’Insoumission
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