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Le gouvernement a présenté le mercredi 29 octobre 2025 un projet de décret pour faire des économies sur l’aide médicale d’État (AME), en durcissant les critères d’accès. Jusqu’ici, les demandeurs pouvaient présenter « tout document de nature à attester l’identité du demandeur et celle des personnes à sa charge". Cela pouvait être une carte de transport ou un permis de conduire, même périmés.
Ils devront désormais présenter une pièce d’identité comportant « une photographie d’identité pour les personnes majeures ». Cela alors que « plus d’un tiers des personnes suivies par Médecins du monde sont dans l’incapacité de produire des documents d’identité avec photo », explique Matthias Thibeaud, référent accès droit santé. Des milliers de personnes vont être privées de soins. Cette mesure est non seulement un reniement des valeurs de notre pays, mais elle est également d’un non-sens sanitaire, en plus d’être un clin d’œil évident au Rassemblement national. Face aux attaques incessantes contre l’AME, LFI fait preuve de constance et ne compte céder un centimètre à ses détracteurs. Notre article.
L’Aide médicale d’État est un dispositif qui vise à garantir l’accès aux soins pour les personnes étrangères en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois.
Non seulement c’est un devoir moral pour toute société de soigner quiconque en a besoin, mais la moralité étant la dernière préoccupation du capital, si l’AME a été mise en place, c’est évidemment parce qu’elle ne rapporte plus que ce qu’elle coûte. Les maladies contagieuses n’étant pas racistes comme l’est une partie de la casse politico-médiatique, elles peuvent toucher tout le monde. Laisser une partie de la population malade en refusant de la soigner, c’est donc accroître les risques d’épidémie – et compte tenu de l’état actuel de notre système de santé après huit ans d’Emmanuel Macron, autant éviter tant que possible les épidémies.
De plus, les médecins, ayant prononcé le serment d’Hippocrate, soigneront toujours les patients gravement malades. Refuser de les soigner quand l’atteinte est légère, c’est donc simplement repousser les soins jusqu’au moment où la pathologie sera trop grave pour pouvoir être ignorée, et coûtera beaucoup plus cher à traiter à la Sécurité sociale. Qu’en disent ceux qui aiment pleurer sur la dette et le déficit de notre pays quotidiennement, les mêmes qui proposent de continuer davantage la même politique économique qui a mené la France où elle en est aujourd’hui ?
L’argument de la fraude, utilisé pour justifier ce durcissement des conditions, est pour le moins contestable quand on sait qu’elle représente 0,026 % des dossiers selon la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie). 0,026 % d’un dispositif qui représente 0,47 % des dépenses de santé, soit 30 millions d’euros sur un budget de 266 milliards.
Autrement dit : on s’attaque à des miettes pour flatter les pires instincts. Concrètement, la mesure proposée par le gouvernement va exclure des milliers de personnes de l’accès aux soins. Plusieurs associations ont communiqué pour dénoncer cette mesure, notamment AIDES, par la voix de sa présidente Camille Spire qui déclare : « Ce projet de décret, c’est un non-sens de santé publique, mais aussi une aberration économique dans un contexte où le système de santé […] est déjà à bout de souffle. »
Restreindre l’accès à l’AME, c’est empêcher des femmes de faire suivre leur grossesse. C’est empêcher des personnes de suivre un traitement contre le cancer. En 2022, l’obstétrique représentait 27 % des séjours hospitaliers et la chirurgie 18 %. Quant aux séances (venue dans un établissement de santé au cours d’une journée, impliquant une fréquence itérative), 54 % concernent la dialyse, 29 % la chimiothérapie et 14 % la radiothérapie.
Cette proposition du gouvernement a pour but de séduire le Rassemblement national ou du moins Les Républicains pour le vote du PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale), du pur racisme démagogique, pour flatter certains électorats. Le gouvernement préfère frapper les plus pauvres, les plus invisibles, les plus vulnérables au lieu de s’en prendre aux vrais responsables du désastre social – les actionnaires, les spéculateurs, les fraudeurs fiscaux.
Et pendant qu’on parle d’un prétendu « coût des migrants », on ne parle pas du coût du capital. Le Conseil de l’Assurance-maladie doit se réunir le 6 novembre. Il rendra un simple avis. Même s’il est négatif, le gouvernement peut passer outre et publier le décret.
Par Allan Clerc
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