Poèmes et chansons pour la nature, notre Terre Mère

mercredi 13 septembre 2017.
 

1) Conscience de la nature (Victor Hugo)

Dans ce petit poème, l’auteur compare :

- d’une part la nature, pure, ancestrale, divine...

- d’autre part le bandit placé à la tête de l’Etat par des financiers, les politiciens, les militaires et les évêques

Ô soleil, ô face divine,

Fleurs sauvages de la ravine,

Grottes où l’on entend des voix,

Parfums que sous l’herbe on devine,

Ô ronces farouches des bois,

*

Monts sacrés, hauts comme l’exemple,

Blancs comme le fronton d’un temple,

Vieux rocs, chêne des ans vainqueur,

Dont je sens, quand je vous contemple,

L’âme éparse entrer dans mon cœur,

*

Ô vierge forêt, source pure,

Lac limpide que l’ombre azure,

Eau chaste où le ciel resplendit,

Conscience de la nature,

Que pensez-vous de ce bandit ?

2) Comme un arbre dans la ville (Maxime Le Forestier)

3) Citoyens du monde Ne les laissons pas faire (Gérard-André Gaillard)

Citoyens du monde il est temps

De tisser nos mains

Sous les étoiles

Citoyens du monde il est temps

De tisser nos mains

Sous les étoiles

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Restera t’il des arbres géants

Des lianes de Tarzan

J’vais l’dire à mes frères

N’les laissons pas faire

Pour quelques dollars

d’euros d’aujourd’hui

Ils brûleraient l’Amazonie

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Viens petite soeur

N’les laissons pas faire

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Restera t’il des océans

Ils crachent dedans

J’vais l’dire à mes frères

N’les laissons pas faire

Pour quelques dollars

d’euros d’aujourd’hui

Ils videraient toutes les mers

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Viens petite soeur

N’les laissons pas faire

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Restera t’il

Des oiseaux demain

Des petits chemins

Et des champs de fleurs

J’vais l’dire à mes frères

N’les laissons pas faire

********

Pour quelques dollars

d’euros d’aujourd’hui

Ils détruiraient toute la terre

********

J’étouffe j’ai mal et j’ai peur

Viens petite soeur

N’les laissons pas faire

extraite du site www.prato.linux.it )


4) C’est un petit vallon... (A. Lamartine)

Mon coeur lassé de tout, même de l’espérance,

N’ira plus de ses voeux importuner le sort ;

Prêtez-moi seulement le vallon de mon enfance

Un asile d’un jour pour attendre la mort.

******

Voici l’étroit sentier de l’obscure vallée,

Du flanc de ces coteaux pendent des bois épais

Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée ,

Me couvrent tout entier de silence et de paix.

******

Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure

Tracent en serpentant les contours du vallon ;

Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,

Et non loin de leur source ils se perdent sans nom.

******

La source de mes jours comme eux s’est écoulée

Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour.

Mais leur onde est limpide et mon âme est troublée

N’aura pas réfléchi les clartés d’un beau jour.

******

La fraîcheur de leurs lits, l’ombre qui les couronne,

M’enchaînent tout le jour sur les bords des ruisseaux ;

Comme un enfant bercé par un chant monotone,

Mon âme s’assoupit au murmure des eaux.

******

Ah ! c’est là qu’entouré d’un rempart de verdure,

D’un horizon borné qui suffit à mes yeux,

J’aime à fixer mes pas et seul dans la nature,

A n’entendre que l’onde, à ne voir que les cieux.

******

Repose-toi, mon âme en ce dernier asile,

Ainsi qu’un voyageur, qui le coeur plein d’espoir

S’assied avant d’entrer aux portes de la ville

Et respire un moment l’air embaumé du soir.

******

Comme lui, de nos pieds secouons la poussière ;

L’homme par ce chemin ne repasse jamais :

Comme lui, respirons au bout de la carrière

Ce calme avant-coureur de l’éternelle paix.

******

Mais la nature est là qui t’invite et qui t’aime ;

Plonge-toi dans son sein qu’elle t’ouvre toujours ;

Quand tout change pour toi, la nature est la même,

Et même le soleil se lève sur tes jours.

******

Suis le jour dans le ciel, suis l’ombre sur la terre,

Dans les plaines de l’air, vole avec l’Aquilon,

Avec les doux rayons de l’astre du mystère

Glisse à travers les bois, dans l’ombre du vallon.

******

Dieu pour le concevoir, a fait l’intelligence ;

Sous la nature enfin découvre son auteur !

Une voix à l’esprit parle dans son silence,

Qui n’a pas entendu cette voix dans son coeur ?

******

5) Le souffle d’un roseau - (Henri de Règnier 1864-1936)

Un petit roseau m’a suffi

Pour faire frémir l’herbe haute

Et tout le pré

Et les doux saules

Et le ruisseau qui chante aussi

Un petit roseau m’a suffi

A faire chanter la forêt

Ceux qui passent l’ont entendu

Au fond du soir, en leurs pensées

Clair ou perdu,

Proche ou lointain...

Ceux qui passent en leurs pensées

L’entendront encore et l’entendent

Toujours qui chante.

******

Il m’a suffi

D’un petit roseau cueilli

A la fontaine où vint l’ Amour,

Sa face grave

Et qui pleurait,

Pour faire pleurer ceux qui passent,

Et trembler l’herbe et frémir l’eau ;

Et j’ai, du souffle d’un roseau,

Fait chanter toute la forêt.

(Jeux rustiques et divers)

6) La feuille au vent - (Antoine Vincent Arnault 1766-1834)

De la tige détachée

Pauvre feuille desséchée,

Où vas-tu - Je n’en sais rien.

L’orage a brisé le chêne

Qui était mon seul soutien

De son inconstante haleine.

Le zéphyr ou l’Aquilon

Depuis ce jour me promène

De la forêt à la plaine,

De la montagne au vallon,

Je vais où le vent me mène,

Sans me plaindre ou m’effrayer ;

Je vais où va toute chose,

Où va la feuille de rose

Et la feuille de Laurier.

(Fables V, 16)

7) Le récif de corail José-Maria De HEREDIA

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,

Eclaire la forêt des coraux abyssins

Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,

La bête épanouie et la vivante flore.

******

Et tout ce que le sel ou l’iode colore,

Mousse, algue chevelue, anémones, oursins,

Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins,

Le fond vermiculé du pâle madrépore.

******

De sa splendide écaille éteignant les émaux,

Un grand poisson navigue à travers les rameaux ;

Dans l’ombre transparente indolemment il rôde ;

Et, brusquement, d’un coup de sa nageoire en feu

Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu,

Courir un frisson d’or, de nacre et d’émeraude.


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