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La progression destructrice des feux de forêt en France et les moyens pour la combattre. Le réchauffement climatique et le manque d’entretien des bois et des forêts sont les causes principales de la croissance des surfaces brûlées par les incendies. Nous analysons les moyens mis en œuvre y compris Météo-France. Nous donnons les avis des syndicats de sapeurs-pompiers et des personnels de Météo-France.
1 – Les feux de forêt en France et les Canadairs 1.1 – Progression du nombre d’incendies de forêt en France Depuis une dizaine d’années Les données disponibles montrent que le nombre d’incendies de forêt en France a fluctué au cours des dix dernières années, avec une tendance à la stabilisation du nombre de départs de feux, mais une augmentation de la destructivité des incendies, en partie due au changement climatique. Voici un aperçu basé sur les informations récentes : Nombre d’incendies : Selon les données de l’European Forest Fire Information System (EFFIS) et d’autres sources, le nombre d’incendies de forêt en France entre 2008 et 2024 s’élève à environ 1 600 sur cette période, avec un pic en 2019 (304 incendies). Depuis 2015, le nombre d’incendies reste relativement stable, oscillant autour de 250 à 300 incendies par an pour les feux de plus de 30 hectares. Cependant, les années comme 2022 se distinguent par une intensité exceptionnelle, avec 4 393 incendies recensés pour une superficie totale de 59 014 hectares brûlés, soit une année particulièrement destructrice. En 2023, ce nombre a diminué à 2 671 incendies pour 5 292 hectares, indiquant une baisse significative par rapport à 2022, mais une légère augmentation par rapport à 2021 (2 348 incendies pour 12 850 hectares). Surfaces brûlées : Bien que le nombre d’incendies soit relativement stable, les surfaces brûlées ont augmenté de manière significative, les feux devenant plus destructeurs. Par exemple, en 2019, 304 incendies ont brûlé 44 000 hectares, tandis qu’en 2022, 291 incendies ont détruit 66 400 hectares, soit une augmentation de 41 % des surfaces brûlées pour un nombre similaire de feux. En 2025, les incendies dans l’Aude ont déjà ravagé 17 000 hectares en un seul événement, et la superficie brûlée cette année-là est 3,5 fois supérieure à la moyenne des 18 années précédentes (2006-2024). Tendance générale : Le changement climatique contribue à l’aggravation des incendies, avec des feux plus intenses et plus fréquents, même dans des régions auparavant moins touchées (comme la Bretagne ou le Jura). La saison des incendies s’étend également, commençant plus tôt (dès juin, comme dans l’Aude en 2025) et se prolongeant plus tard dans l’année. Depuis 2003, la superficie des zones brûlées a doublé, et les incendies de végétation sont deux fois plus fréquents. 1.2 – Nombre de Canadair en France. En 2024, la France dispose d’une flotte de 12 Canadair pour lutter contre les incendies de forêt, auxquels s’ajoutent 8 avions Dash pour le soutien aérien. Cependant, cette flotte est vieillissante, avec une moyenne d’âge de 30 ans, ce qui entraîne des problèmes de maintenance. Selon un rapport parlementaire publié en juillet 2024, aucun des 12 Canadair n’était en état de voler certains jours durant l’été 2024 en raison de besoins de maintenance. Ce nombre de 12 n’a pas varié depuis 2005... Contexte et perspectives : Sous-investissement : La flotte de Canadairs n’a pas été renforcée depuis les années 2000, malgré l’augmentation des risques d’incendies. Un contrat européen (RescEU) prévoit l’ajout de 2 nouveaux Canadair de nouvelle génération pour la France, mais le renouvellement reste lent faute de moyens financiers suffisants. Mesures d’adaptation : La France investit dans la prévention (débroussaillement, création de points d’eau, sensibilisation) et la surveillance (via satellites comme MODIS et VIIRS). Cependant, des critiques, comme celles d’Oxfam France, pointent un manque d’investissement dans la Sécurité civile, avec la fermeture de 223 casernes entre 2017 et 2023. Conclusion Le nombre d’incendies de forêt en France est relativement stable depuis une dizaine d’années, mais leur impact est plus sévère, avec des surfaces brûlées en forte augmentation (par exemple, 66 400 hectares en 2022 contre 44 000 en 2019). En 2024, la France dispose de 12 Canadair, mais leur disponibilité est limitée par leur âge et les besoins de maintenance. Le changement climatique et le sous-investissement dans les moyens de lutte aggravent la situation, rendant la prévention et la modernisation de la flotte aérienne cruciales pour les années à venir. ** 2 – Évolution du nombre de sapeurs-pompiers en France entre 2017 et 2024. Total en 2017 : 24 ans 8000 sapeurs-pompiers dont : Professionnels (SPP) : 40 500 (16,3 % du total) Volontaires (SPV) : 195 000 (78,6 % du total) Militaires : 12 300 (5,0 % du total) Femmes : 36 822 (16 % des sapeurs-pompiers civils, soit environ 14,8 % du total) Total en 2024 : 256 900 sapeurs-pompiers (estimé à partir des données 2023 : 256 900) dont : Professionnels (SPP) : 43 400 (16,9 % du total) Volontaires (SPV) : 200 000 (77,9 % du total) Militaires : 13 000 (5,1 % du total) Femmes : 56 500 (22 % des sapeurs-pompiers civils, soit environ 20,1 % du total) Note : Les données pour 2024 sont basées sur les statistiques de 2023, car aucune source directe pour 2024 n’est disponible. Le pourcentage de femmes est calculé sur les civils (SPP + SPV) et extrapolé au total. Évolution du nombre total de sapeurs-pompiers (2017 à 2024) Nombre total en 2017 : 248 000 Nombre total en 2024 : 256 900 Évolution entre 2017 et 2024 : +3,59 % Résumé Entre 2017 et 2024, le nombre total de sapeurs-pompiers a augmenté de 3,59 %. Les effectifs de professionnels et de militaires ont légèrement augmenté, tandis que les volontaires ont franchi le seuil des 200 000. La proportion de femmes a progressé, passant de 16 % à 22 % des effectifs civils, reflétant une féminisation croissante. 3 – Que pensent les syndicats de sapeurs-pompiers ? Il existe plusieurs syndicats représentant les sapeurs-pompiers en France, parmi lesquels le Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels (SNSPP), le Syndicat Sud SDIS, et le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF), ainsi que la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF), qui regroupe des unions départementales et joue un rôle de représentation plus large. Position des syndicats sur l’évolution du nombre de pompiers et des moyens de lutte contre les incendies :Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels (SNSPP) :Effectifs : Le SNSPP, par la voix de son président Frédéric Monchy, souligne que les effectifs actuels (environ 48 000 pompiers professionnels et 200 000 volontaires en 2023) permettent de répondre au "risque courant" mais s’inquiète d’une possible "rupture capacitaire" face à l’augmentation des feux de forêt (+25 % de départs de feux en 2025 par rapport à l’année précédente). Il plaide pour un recrutement accru de professionnels pour mieux accompagner et former les volontaires sur le terrain, tout en pointant les contraintes financières limitant ces recrutements. Moyens : Le syndicat critique l’insuffisance des moyens matériels, notamment l’attente de nouveaux Canadair (prévue dans huit ans), et appelle à des investissements pour renforcer les capacités opérationnelles face aux nouveaux défis climatiques. La stratégie actuelle repose sur des renforts départementaux (du nord vers le sud en période de tension), mais elle est jugée insuffisante à long terme. Syndicat Sud SDIS : Effectifs : Sud SDIS, représenté par Manuel Coullet, alerte sur une "sur sollicitation" des pompiers volontaires, qui constituent 78 % des effectifs (200 000 en 2023). Le syndicat dénonce le statut précaire des volontaires, non reconnus comme travailleurs, ce qui entraîne des violations des directives européennes sur la santé, la sécurité et la rémunération. Ils estiment que l’augmentation des interventions (ex. +4,5 % dans le Tarn-et-Garonne en 2023) n’est pas accompagnée d’une hausse suffisante des effectifs, mettant les pompiers dans une situation d’impasse. Moyens : Le syndicat insiste sur la nécessité de réformer le modèle de sécurité civile pour mieux protéger les volontaires et répondre à l’augmentation des risques (incendies, crues, etc.) aggravés par le réchauffement climatique. Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) : Effectifs : Le SSPVF, créé en 2024, met en avant la nécessité de fédérer les 198 800 pompiers volontaires (78 % des effectifs) pour défendre leurs droits et préserver le système de sécurité civile. Ils dénoncent des dysfonctionnements internes, comme une "maltraitance institutionnelle" des volontaires, des contrats de réengagement utilisés pour écarter certains membres, et un manque de reconnaissance financière (7-8 €/h pour les gardes). Le syndicat note également un manque de 50 000 volontaires selon les projections de la FNSPF pour faire face aux besoins d’ici 2030. Moyens : Le SSPVF appelle à des démarches constructives pour améliorer les conditions de travail et les moyens matériels, sans toutefois préciser de revendications détaillées sur les équipements dans les sources disponibles. Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF) : Effectifs : La FNSPF, par son porte-parole Eric Brocardi, alerte sur un déficit de 50 000 pompiers volontaires d’ici 2030 pour répondre à l’explosion des missions, notamment en secours d’urgence et face aux impacts du dérèglement climatique. Elle attribue cette pénurie à un changement des mentalités (jeunes moins tournés vers l’engagement collectif) et à des difficultés structurelles, notamment dans les casernes rurales. Pour contrer cela, la FNSPF promeut des actions comme des formations adaptées, des campagnes sur les réseaux sociaux, et des partenariats avec des entreprises pour rendre le volontariat plus attractif. Moyens : Bien que la FNSPF ne détaille pas explicitement les besoins matériels dans les sources, elle soutient implicitement une meilleure dotation en ressources pour accompagner la hausse des interventions (4,77 millions en 2023, dont 277 100 incendies). Contexte général : Évolution des effectifs : En 2023, la France comptait 256 400 sapeurs-pompiers (43 400 professionnels, 200 000 volontaires, 13 000 militaires). Les effectifs sont stables ou en légère augmentation depuis 2002, mais les syndicats s’accordent sur une insuffisance face à la hausse des sollicitations (+4,5 % dans certains départements) et des défis climatiques. Les femmes représentent 22 % des effectifs civils, avec une féminisation progressive mais des défis persistants pour leur rétention. Moyens de lutte contre les incendies : Les pompiers disposent de 6 900 VSAV, 3 700 fourgons pompe-tonne, 3 700 camions citernes pour feux de forêt, et 1 200 moyens élévateurs aériens. Cependant, les syndicats pointent un manque d’investissements pour moderniser ces moyens et répondre à l’intensification des feux de forêt. Réformes en cours : Le Beauvau de la Sécurité Civile (2024) a initié des discussions pour un projet de loi visant à renforcer les moyens humains et matériels, mais les syndicats, comme l’UNSA Pompiers, déplorent un manque de clarté et d’avancées concrètes 20 mois après. Synthèse : Les syndicats s’accordent sur une crise potentielle due à l’insuffisance des effectifs (notamment volontaires) et des moyens matériels face à l’augmentation des interventions et des risques climatiques. Ils appellent à des recrutements massifs, une meilleure reconnaissance (salaire, statut, formation), et des investissements dans les équipements. Les pompiers volontaires, pilier du système (78 % des effectifs), sont particulièrement sous pression, avec des défis structurels et sociétaux rendant leur engagement moins attractif. Les réformes promises via le Beauvau de la Sécurité Civile restent attendues pour apporter des solutions concrètes. ** 4 –Évolution des crédits accordés par l’État à Météo-France. Météo-France est à la fois un outil d’information pour les prévisions météorologiques mais aussi un outil de prévention notamment pour les incendies de forêt. L’évolution des crédits accordés à Météo-France par l’État, principalement sous la forme de la subvention pour charges de service public (SCSP), montre une tendance générale à la baisse sur les 20 dernières années, avec une stabilisation relative ces dernières années. Voici une synthèse basée sur les informations disponibles :2003-2012 : Les données précises pour cette période ne sont pas détaillées dans les sources consultées, mais des rapports indiquent que Météo-France a été soumis à des contraintes budgétaires croissantes dans le cadre des politiques de réduction des dépenses publiques. Cela a marqué le début d’une rationalisation des moyens, avec une diminution progressive des ressources. 2013-2022 : Selon un rapport sénatorial de 2021, la subvention pour charges de service public (SCSP) versée à Météo-France a diminué de 20 % sur cette période. Voici les chiffres annuels disponibles pour la subvention de l’État (en millions d’euros) : 2015 : 195,6 M€ 2016 : 190,0 M€ 2017 : 184,7 M€ 2018 : 187,1 M€ 2019 : 182,0 M€ 2020 : 180,0 M€ 2021 : 174,7 M€ 2022 : 179,1 M€ Cette baisse s’inscrit dans un contexte de rationalisation budgétaire et de réduction des effectifs, avec une perte d’environ 25 % des effectifs (de 3 600 à 2 500 salariés) et la fermeture des deux tiers des implantations territoriales entre 2008 et 2022. 2023 et au-delà : À partir de 2022, des efforts de stabilisation des moyens ont été signalés. Le contrat d’objectifs et de performance 2022-2026 vise à maintenir les effectifs et les ressources financières pour répondre aux besoins croissants liés aux phénomènes climatiques extrêmes. En 2023, une augmentation de 10 M€ a été accordée pour équilibrer la gestion, couvrant des dépenses imprévues (comme l’augmentation du point d’indice et des coûts énergétiques) et des investissements dans des supercalculateurs. De plus, des crédits supplémentaires de 2 M€ ont été alloués fin 2022 pour des bouées de mesure en Corse. Analyse globale : Tendance à la baisse : Sur les 20 dernières années, la subvention de l’État a globalement diminué, avec une réduction significative entre 2013 et 2022 (-20 %). Cela a été accompagné d’une contraction des effectifs et des implantations territoriales, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la capacité de Météo-France à remplir ses missions, notamment face à l’augmentation des événements climatiques extrêmes. Stabilisation récente : Depuis 2022, des signaux de stabilisation et de légère augmentation des moyens apparaissent, avec des engagements pour maintenir les effectifs et investir dans des outils comme les supercalculateurs, essentiels pour les prévisions météorologiques. Défis futurs : Les besoins croissants en capacités de calcul (estimés à 300 M€ à partir de 2025) et l’adaptation au changement climatique nécessiteront des investissements supplémentaires, ce qui pourrait mettre la pression sur les budgets futurs. En conclusion, les crédits accordés à Météo-France ont suivi une trajectoire de diminution marquée jusqu’en 2022, avec une tentative récente de stabilisation pour répondre aux enjeux climatiques. Cependant, les données complètes pour la période 2003-2012 sont moins précises, et les augmentations récentes restent modestes face aux besoins croissants. Pour des détails plus précis sur les années antérieures à 2015, les rapports annuels de Météo-France disponibles sur leur portail documentaire pourraient être consultés. 5 – que pensent les syndicats de Météo-France de l’évolution de leur institution ? Quelles sont les Organisations syndicales à Météo-France ? Les principales organisations syndicales représentées à Météo-France sont : Solidaires-Météo SNM-CGT (Syndicat National de la Météorologie - Confédération Générale du Travail) SNITM-FO (Syndicat National des Ingénieurs, Techniciens et Métiers de Météo-France - Force Ouvrière) CFDT-Météo (Confédération Française Démocratique du Travail) Ces quatre organisations représentent la majorité des personnels de Météo-France, bien que la CFDT se distingue parfois par des positions moins radicales, comme son absence d’appel à la grève lors du mouvement de décembre 2023 à janvier 2024. Analyses critiques des organisations syndicales sur l’évolution de Météo-France et des crédits accordés. Les syndicats de Météo-France ont exprimé des préoccupations majeures concernant l’évolution de l’institution, notamment en lien avec les réductions budgétaires, la baisse des effectifs, l’automatisation accrue et la réorganisation du travail. Voici une synthèse de leurs critiques : Baisse des effectifs et suppressions de postes Depuis le début des années 2000, les effectifs de Météo-France ont diminué de manière significative, passant d’environ 3 700 à 2 collaborateurs. Selon un rapport du Sénat de 2021, environ 1 200 postes ont été supprimés depuis 2008, soit un tiers des effectifs, et les trois quarts des centres départementaux ont été fermés. Les syndicats dénoncent cette réduction comme une menace à la capacité de l’établissement à assurer ses missions de service public, notamment la prévision fine des phénomènes météorologiques extrêmes, essentiels dans un contexte de changement climatique. Réduction des crédits et sous-financement La subvention pour charges de service public (SCSP) allouée à Météo-France a diminué de 20 % entre 2013 et 2022, selon le rapport du Sénat. Les syndicats critiquent cette trajectoire budgétaire, estimant qu’elle compromet la maintenance des outils prévisionnels (comme les supercalculateurs) et limite les investissements nécessaires pour faire face aux défis climatiques. Bien que des mesures ponctuelles aient été prises en 2022 et 2023 (augmentation de 10 M€ pour équilibrer le budget 2022 et +23 ETP en 2023), les syndicats jugent ces efforts insuffisants pour compenser les réductions antérieures et répondre aux besoins croissants. Automatisation et réorganisation (programme 3P) La mise en œuvre du programme « 3P » (Programme, Prévision, Production) est une source majeure de mécontentement. Ce programme vise à automatiser une grande partie des prévisions météorologiques, réduisant le contrôle humain. Les syndicats, notamment Solidaires, CGT et FO, dénoncent une automatisation excessive qui pourrait produire des résultats incohérents ou « aberrants », compromettant la fiabilité des bulletins météo et la sécurité des personnes et des biens. La supervision humaine, autrefois assurée par plusieurs agents, est désormais réduite à une seule personne, ce qui accroît les risques d’erreurs et le stress des prévisionnistes. Les syndicats estiment que cette réorganisation entraîne une dégradation des conditions de travail, générant « stress et angoisses » parmi les agents, ainsi qu’une perte de sens dans leurs missions. Dégradation des conditions de travail et mal-être Les syndicats pointent un « malaise profond » parmi les agents, lié à la réorganisation, à la réduction des effectifs et à l’automatisation. Lors des négociations avec la direction en décembre 2023, les syndicats ont critiqué les solutions proposées, comme le soutien psychologique, jugées insuffisantes face à la nécessité d’une réorganisation structurelle et d’un renforcement des effectifs. Centralisation et perte de proximité territoriale La fermeture des centres départementaux au profit de centres régionaux, dans le cadre de la démarche « Action Publique 2022 », a réduit la capacité de Météo-France à travailler avec une connaissance fine des territoires, essentielle pour collaborer avec des acteurs comme l’ONF ou les SDIS. Les syndicats s’inquiètent que cette centralisation, combinée à la sous-traitance et à l’automatisation, affaiblisse les compétences territoriales nécessaires aux missions de prévision et de vigilance. Actions syndicales et revendications En réponse à ces défis, trois syndicats (Solidaires, CGT, FO) ont lancé une grève de longue durée du 4 décembre 2023 au 7 janvier 2024 pour protester contre la réorganisation et l’automatisation. Ils exigent une révision du programme 3P, un renforcement des effectifs, une meilleure formation pour les prévisionnistes et un retour à une production plus robuste pour garantir la qualité du service public. Les syndicats appellent également à un changement de cap dans la politique budgétaire, demandant un programme de développement ambitieux pour Météo-France, au-delà d’une simple stabilisation des effectifs. Contexte et perspectives Malgré les critiques des syndicats, certaines sources officielles soulignent les efforts du gouvernement pour soutenir Météo-France. Par exemple, le ministère de la Transition écologique a alloué des fonds supplémentaires en 2022 et 2023 pour des investissements comme l’acquisition de bouées de mesure en Corse et l’amélioration du supercalculateur. De plus, un rapport de France Stratégie a estimé que les bénéfices socioéconomiques de Météo-France sont de 3,4 à 8 fois supérieurs à son budget annuel, soulignant son importance. Cependant, les syndicats estiment que ces mesures ne répondent pas suffisamment aux enjeux structurels et climatiques actuels. En conclusion, les organisations syndicales de Météo-France (Solidaires, CGT, FO, et dans une moindre mesure CFDT) critiquent vivement la baisse des effectifs, la réduction des crédits, l’automatisation excessive et la centralisation des activités, qui menacent selon elles la qualité du service public et la sécurité face aux phénomènes climatiques extrêmes. Elles appellent à une révision profonde des politiques de gestion et à un renforcement des moyens pour garantir les missions essentielles de l’établissement. ** Hervé Debonrivage
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