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Aussitôt promis, aussitôt fait. Les députés insoumis ont déposé ce mardi 9 septembre, au lendemain de la chute de François Bayrou sur le vote de confiance, et avant la journée de blocage du 10 septembre, une motion de destitution à l’égard d’Emmanuel Macron.
Le mouvement mélenchoniste accuse le président de la République d’avoir plongé le pays « dans une crise sociale, économique, écologique et institutionnelle sans précédent ». Le communiqué évoque notamment des « indicateurs » au « rouge » comme le taux de pauvreté, des phénomènes de désindustrialisation et des salaires réels toujours pas satisfaisants.
Le texte dévoilé en fin d’après-midi accuse encore le président de s’être comporté en « autocrate », en « monarque », en refusant de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire, le camp arrivé en tête aux dernières législatives. « L’isolement du chef de l’État et son mépris des règles démocratiques constituent une menace directe pour la République. Son maintien au pouvoir immobilise le pays, accentue la crise sociale et fait obstacle à toute solution politique stable », jugent ainsi les insoumis.
Interviewé sur le plateau de France 2 lundi soir, Jean-Luc Mélenchon évoquait pour sa part un « moment dégagiste » qui nécessite un débouché politique. « Nous avons besoin, à la suite d’un mouvement dégagiste, d’un moment refondateur. Seule l’élection présidentielle dans ce pays, compte tenu de ce que sont les institutions, nous permet d’avoir ce moment refondateur », défendait-il.
La motion, qui se base sur l’article 68 de la Constitution, a été signée par la totalité des députés LFI au nombre de 71, mais pas seulement. Une quinzaine d’autres voix se sont jointes au mouvement, à gauche, à l’image de plusieurs ex-insoumis : Alexis Corbière, Clémentine Autain, Danielle Simonnet…
Pas de trace de François Ruffin mais le texte a bien été paraphé, en revanche, par le député Génération.s Benjamin Lucas, l’écologiste Christine Arrighi, les élus ultramarins Emmanuel Tjibaou et Karine Lebon, ou encore l’élue communiste Elsa Faucillon, pour n’en citer que quelques-uns. D’ailleurs, si l’ensemble des députés PCF n’ont pas signé le texte, le président du groupe Stéphane Peu a toutefois indiqué en conférence ce mardi qu’ils le soutiendraient.
Un appui qui ne permettra pas forcément à la proposition d’aboutir. Certes les insoumis ont pu franchir cette première étape, puisqu’ils représentent plus de 10 % des élus de l’hémicycle, mais le chemin de croix est long ensuite : commission des lois, inscription ou non à l’agenda… Il faudra que la motion soit adoptée par deux tiers des députés et qu’elle refasse le chemin identique au Sénat, avant de pouvoir convoquer une Haute cour. Un parcours semé d’embûches qui donne à la proposition insoumise une portée essentiellement symbolique.
Article de Lucie Oriol
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