L’eau d’hier est celle d’aujourd’hui et de demain

jeudi 29 novembre 2018.
 

La semaine dernière je me suis rendu à la réunion publique sur la gestion de l’eau, organisée par le GALU. Outre la dimension pratique qu’implique la bonne marche du service de distribution de l’eau, du traitement jusqu’à la mise à disposition dans tous les foyers du pays, un élément a tout particulièrement retenu mon attention. Ce n’est pas la manifeste corruption qui existe dans le milieu, bien qu’il y ait à dire, mais un principe de référence, la transmission.

L’eau d’hier est celle d’aujourd’hui et de demain ! Nous buvons tous la même eau

Il peut s’agir d’une évidence mais il a fallu qu’elle soit rappelée pour qu’elle me (nous ?) saute aux yeux. De même que nous ne pouvons pas fabriquer de la terre, nous ne pouvons pas fabriquer de l’eau.

L’eau que nous buvons aujourd’hui est cette même eau que les dinosaures ont bue lorsqu’ils étaient encore l’espèce dominante sur la planète.

Le premier point à retenir est que l’eau est transmise de générations en générations.

Cet élément à lui seul nous donne une indication sur la qualité du soin que nous devons prendre de notre eau à tous, car elle sera l’eau de nos enfants et celle encore de nos petits enfants.

Toutes les eaux communiquent !

J’ai aussi appris au cours de cette réunion que toutes les eaux de la planète n’en font qu’une seule en réalité. Toutes les eaux communiquent entre elles. Lorsque je lave mes assiettes en France, le paysan de la cordillère des Andes retrouve mon produit vaisselle dans ses champs et lorsque Sanofi déverse ses produits chimiques dans une rivière, mon petit neveu qui habite à Québec a toutes les chances d’en avaler lorsqu’il boit un verre d’eau ou qu’il se lave les dents.

L’eau est unique !

Une seule eau à travers les générations et une seule eau sur la planète. A cela ajoutons l’indispensable besoin en eau de toute chose vivante, aussi bien l’être humain, qu’une plante ou un animal, rien de ce qui est vivant sur cette planète ne peut vivre sans eau. Nous aurons alors largement compris l’importance que revêt la préservation de l’eau.

La maintenir propre !

Laver l’eau est devenu une préoccupation majeure de nos sociétés contemporaines. L’union Européenne a d’ailleurs voté une directive qui contraint la France à revenir a des taux d’eau propre plus acceptables que les niveaux actuels (50 à 75% des masses d’eau sont fortement dégradées). La France, rare pays où la gestion de l’eau est du domaine privé à plus de 90%, est également le pays où l’eau est l’une des plus sales. Seuls les mauvais esprits y verraient un lien de cause à effet. La directive de l’UE a donné un planning très serré, tellement serré que tous les acteurs s’accordent à dire qu’il ne pourra pas être tenu, de fait l’échéance initialement fixée en 2015 est plutôt envisagée en 2021 ... et maintenant en 2027 !

Le savoir et le savoir-faire

Du fait de la gestion privée de l’eau et des moyens de production d’une eau utilisable par tout un chacun, les technologies et les savoir-faire sont pour une grande partie d’entre eux également aux mains des sociétés qui maintiennent le monopole. A tel point que le peu de laboratoires de recherche publics sont en grand danger. Les laboratoires de recherches privés de "Veolia" et de "la Lyonnaise des Eaux" (ne cherchez pas ailleurs, il n’y en a pas d’autres !) détiennent à eux seuls la plus grande partie des brevets et résultats des recherches réalisées. Parce que ces laboratoires sont privés, les résultats de leur recherche restent leur seul propriété et interdit, de fait, l’accès aux résultats ou méthodes aux chercheurs non affiliés.

Voilà une parfaite illustration de la différence entre la recherche publique, bien de chacun, et la recherche privée, bien des actionnaires.

La transmission

De tout temps, dans toutes les civilisations, l’un des fondements les plus ancrés et les plus forts de ce qui fait lien entre nous est la transmission que nous faisons de nos expériences et de nos savoirs.

La société humaine s’est toujours développée en tirant profit de la connaissance engendrée par les générations précédentes, sans cela nous en serions encore à vivre dans les grottes et l’usage du feu serait encore un don de la nature les nuits de tempêtes.

L’homme des cavernes a transmis a ses enfants la technique du feu et depuis, nos sociétés ont perpétué ce principe.

Aujourd’hui à l’ère du tout marchand, quelques grands actionnaires veulent s’accaparer les savoirs et les savoir-faire qui permettent à nos sociétés d’accéder au bien le plus unique et le plus indispensable à tout être humain, l’eau.

En agissant de la sorte, ils engendrent un système qui met fin à la chaine de transmission que l’homme des cavernes a initiée, permettant à l’être humain de se développer.

Je retiens de ce système qu’il met en danger nos sociétés en cela qu’il prive la communauté de savoirs indispensables, qu’il restreint dangereusement les capacités de la communauté à répondre à l’urgence sanitaire que représente la dépollution de l’eau. Ce système met fin au principe non écrit qui lie par delà toute idéologie, les générations les unes aux autres, la transmission des savoirs et des savoir-faire.

Vous vous imaginez une seule seconde ne pas transmettre à votre fille ou à votre fils vos connaissances, votre expérience pour lui éviter de faire les mêmes erreurs que vous ? Le principe entre génération est le même. Il n’est pas plus compliqué mais il engendre des conséquences bien plus terribles.

José Angel Fernandez

https://www.mieuxvivrecestpossible....


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