Histoire du Conseil National de la Résistance.

dimanche 14 juin 2020.
 

Histoire du Conseil National de la Résistance.

Du 1er au 5 juin 1020, l’émission de France Culture « Le cours de l’histoire » a présenté une histoire du Conseil National de la Résistance. le cinéaste Gilles Perret avait réalisé deux films sur le CNR qu’est-ce que nous mentionnons aussi dans cet article.

Dans un contexte de délabrement économique et financier et de crise sociale, différents mouvements émergent pour construire une alternative au néolibéralisme. Par exemple, celui créé le 13 mai 1020 ayant fait sa première déclaration le 27 mai, le Conseil National de la Nouvelle Résistance. Le CNR reste donc bien vivant dans de nombreux esprits et cela est positif.

France Culture dans son émission « Le cours de l’histoire » a diffusé une série sur le Conseil National de la Résistance (CNR). Site de l’émission « Le cours de l’histoire » https://www.franceculture.fr/emissi... On extrait ici les épisodes 3h4 qui sont au cœur du sujet. Les autres épisodes sont disponibles sur le site à l’adresse précédente.

Épisode 3 : Les jours heureux. Le programme du CNR (03/06/2020)

URL source : https://www.franceculture.fr/emissi...

Comment le programme du CNR, symbolisant la démarche transpartisane de la résistance, a-t-il façonné les réformes économiques et sociales mises en place après la Libération ?

Source : France Culture. Le cours de l’histoire. 3 avril 2020

Les Jours heureux, le titre est superbe ! Il est donné au programme du Conseil nationale de la résistance, cet organisme qui combat et qui prévoit : qui combat l’occupation nazie et la collaboration ; qui prévoie un avenir pour la France. D’ailleurs, nous sommes les héritiers de ces combats quand, le 27 mai 1943, Jean Moulin réunit pour la première fois le Conseil National de la Résistance, le CNR. Nous sommes également les héritiers de ces débats qui aboutissent, le 15 mars 1944, avec un programme adopté par le Conseil National de la Résistance. Afin de faire connaître ce programme, une brochure est éditée en mai 1944, pour la zone-sud avec un titre choisi par Jules Meurillon, alors chef de la propagande-diffusion de Libération : Les Jours heureux. Derrière ce titre sublime se cache une vision du monde, qui a 80 ans maintenant et qui, étonnement, nous parle encore de notre monde !

Nous recevons ce matin Claire Andrieu, professeure des universités en histoire contemporaine à Sciences Po et membre du Centre d’histoire de Sciences Po. Elle a co-dirigé avec Philippe Braud et Guillaume Piketty le Dictionnaire De Gaulle paru aux éditions Robert Laffont en 2006 et a dirigé le numéro spécial intitulé « Le programme du Conseil national de la Résistance en perspective » publié dans la revue Histoire@Politique en 2014.

 La transmission mémorielle au sein de ma famille s’est faite à partir de 1978, lorsque des négationnistes se sont exprimés publiquement en France. Il y a eu cet article de décembre 1978 publié dans le journal Le Monde, qui s’intitulait "La bonne nouvelle". Cette bonne nouvelle c’était que les chambres à gaz n’avaient pas existé. Alors, la position de ma mère a changé parce qu’elle s’est sentie l’obligation de prouver que les chambres à gaz avaient bien existé, y compris dans le camp de concentration qu’elle avait connu à Ravensbrück. Claire Andrieu

 Il y a plusieurs obstacles à surmonter pour parler de ce passé. Le premier obstacle, c’est faire comprendre ce qu’est une vie clandestine. Ce qui est aujourd’hui difficile puisque la France n’a pas été occupée ou sous dictature depuis maintenant plus de 70 ans. La deuxième difficulté, c’est de faire réellement comprendre ce qu’est la vie dans un camp de concentration nazi. Il y a une part de vécu qui est très difficile à transmettre et beaucoup de contre sens peuvent être faits à propos de ce passé extraordinaire. La troisième difficulté, c’est qu’il s’agit d’un passé qu’il est difficile de mettre à distance et que, d’une certaine façon, l’évoquer c’est le revivre. Et revivre ce cauchemar, le mot cauchemar est un euphémisme, est quelque chose qui, naturellement, n’est pas souhaité par ceux qui en étaient victimes. Claire Andrieu

 Ce qui est intéressant dans cette histoire du "programme commun", c’est qu’ il a fini par être adopté à l’unanimité. Alors que ce n’était pas gagné. Car pour que cette union se fasse entre des tendances politiques et des milieux sociaux si différents, il a fallu un facteur extérieur qui était l’occupation du territoire national d’une part. Et d’autre part, l’usurpation de la représentation nationale par un gouvernement dictatorial et raciste siégeant à Vichy. Ce double couvercle mis sur la nation française telle qu’elle se considérait, comme héritière de la Révolution, a redynamisé la constitution d’un peuple français. Ce nationalisme, au sens littéral, cette volonté de recréer la nation qui était donc bâillonnée, a certainement cimentées entre elles ces forces qui, en temps ordinaire, en temps de paix et de liberté, ne sont que rivales et adversaires. Claire Andrieu

Archives sonores : Lecture par Olivier Martinaud : Extrait du Programme du Conseil national de la Résistance, 15 mars 1944

Archives sonores :

•Discours de De Gaulle, datant du 12 septembre 1944, devant le Palais de Chaillot, INA •Allocution d’Eugène Claudius-Petit (Union Démocratique et socialiste de la Résistance, membre du CNR), campagne électorale pour le référendum d’octobre 1945, enregistré le 6 octobre 1945

Musique : Happy Days Are Here Again, par Ben Selvin and the Crooners, 1930

Épisode 4 : Sécurité sociale : la croisade d’d’Ambroise Croizat (04/06/2020)

URL Source : https://www.franceculture.fr/emissi...

[Photo sur le site : Ambroise Croizat, s’exprime au côté de M. Costes (à sa gauche), président de la Caisse Centrale des Assurances Sociales, lors du Congrès pour l’Organisation de la Sécurité Sociale , le 22 février 1947]

La brochure est petite, ce qui tombe bien, car elle est destinée à circuler sous le manteau. En mai 1944, le journal _Libération_pour la zone Sud publie sous le titre Les Jours heureux le programme du conseil national de la résistance. Il commence par ces mots : « Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée. »

La première partie s’intitule « Plan d’action immédiate », la seconde « mesures à appliquer dès la libération du territoire ». Nous y lisons ce qui est prévu pour le monde d’après : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État. »

Mettre ce programme par écrit et le faire accepter par les différents mouvements de résistance fut un combat. Faire appliquer ce programme en fut un autre : après l’horreur de la guerre, il n’est pas simple d’imposer les jours heureux et pas simple non plus de les conserver.

Pour en parler nous sommes en compagnie de Gilles Perret, réalisateur documentariste. Il s’est notamment intéressé à l’histoire du Conseil national de la Résistance et à ses héritages, dans des films comme “Les Jours heureux” en 2013 et “La sociale” en 2016, qui retrace l’histoire de la sécurité sociale.

J’ai eu la chance de passer du temps avec Raymond Aubrac. Il faisait partie de ceux qu’on présentait comme des héros, car c’est ainsi qu’on parlait de la Résistance, c’est comme ça que je l’ai appris à l’école : une histoire de pistolets, d’armes, de faits d’armes, de héros qui se battaient contre les méchants Allemands et les méchants collaborateurs. Mais je me suis rendu compte que la pensée politique de ces gens-là était complètement passée sous silence. Car lorsque l’on côtoie Raymond Aubrac, Walter Bassan ou Robert Chambeiron, on voit que ce programme du CNR, c’est toute leur vie. Leurs questionnements, jusqu’à leur mort, c’étaient : "Comment va-t-on faire pour réinstaller les jours heureux ? Comment réactualiser le programme du CNR ? Il faut que les nouvelles générations prennent le relais parce que nous allons disparaître etc.". Ils n’ont jamais regardé en arrière, ils ne se sont pas laissé endormir par la gloriole, par des légions d’honneur et des invitations à l’Élysée ; mais ils étaient toujours dans la volonté de transformer le monde pour établir plus d’égalité, pour augmenter le social et créer un État qui a un vrai rôle, avec des citoyens qui votent, qui ont de vrais choix et qui ne sont pas étouffés par l’économie ou l’idéologie libérale qui étaient déjà présente dans ces années-là. Gilles Perret

 Je me suis lancé dans ce film "La Sociale" pour rétablir des vérités, mais aussi pour redonner un peu d’honneur à tous ceux qui se sont battus. Parce que parce que nous sommes nés avec cette Sécurité Sociale, on a l’impression qu’elle a toujours existé, mais à la Libération personne n’en voulait et ça a été une bagarre terrible pour pouvoir l’imposer. Gilles Perret

 Ambroise Croizat est un homme qui nait en Savoie dans la misère ouvrière. Il part travailler en tant qu’ajusteur dans les usines à Lyon. Il y connaît la faim et les grandes difficultés. Puis, il devient assez rapidement syndicaliste à la CGT, il adhère ensuite au Parti Communiste, tout en étant toujours secrétaire général de la Fédération des métaux. Il devient député communiste en 1936, sous le gouvernement du Front Populaire. C’est une vie de militant "pied à pied", de misère mais avec une envie de changer le monde. Ambroise Croizat a vraiment connu à la fois le monde du travail et la misère ouvrière. Il se fait arrêter en 1940 lorsque les députés communistes sont arrêtés par le gouvernement français, il n’y avait pas encore les Allemands et les nazis à la porte. Il passera de prisons en prisons française, avant d’être déporté au bagne d’Alger en 1941. Il sera libéré et on le retrouvera au gouvernement provisoire à Alger. C’est à la Libération qu’il est nommé par le général de Gaulle Ministre du Travail. (...) Ambroise Croizat est quelqu’un qui a rendu un service énorme à l’ensemble de la nation. Un million de personnes a assisté à son enterrement, alors qu’aujourd’hui personne ne le connaît. Gilles Perret

Archives sonores

•Ambroise Croizat lors du discours à l’occasion de l’installation du conseil central de la sécurité sociale de la Région parisienne, le 25/04/1946, INA •Actualités françaises, sur les examens médicaux gratuits mis en place par la Sécurité Sociale, le 18/04/1956

Extraits de films : La sociale et Les Jours Heureux de Gilles Perret

Musique : Les jours heureux par Charles Aznavour

Fin de la présentation des émissions de France Culture

Nous présentons maintenant une ressource documentaire sur une histoire du conseil national de la résistance par par Jeanne Menjoulet · Publié 24/01/2019 · Mis à jour 11/02/2019 qui présente son film documentaire en collaboration avec le centre d’histoire sociale et le CNRS.

URL source pour la présentation : https://sms.hypotheses.org/18633

Le documentaire de 58 minutes est disponible sur YouTube avec le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=_31...

Annexe Le conseil national de la résistance Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Conse... Programme du CNR sur Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Progr...

Débat public sur le film de Gilles Perret : « La Sociale » (avec la participation de JL Mélenchon) https://www.youtube.com/watch?v=mXo...

Présentation du DVD « La sociale » http://lesmutins.org/la-sociale-en-...

Présentation du DVD « Les jours heureux » https://www.laboutiquedesmutins.org...

Hervé Debonrivage


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