La liberté à l’abandon dans le contexte de déploiement du néolibéralisme.

dimanche 20 septembre 2020.
 

La liberté à l’abandon dans le contexte de déploiement du néolibéralisme.

Nous assistons actuellement à la destruction de la matrice idéologique du libéralisme politique.Les libéraux deviennent des défenseurs d’un ordre autoritaire mettant en péril les libertés publiques. Les sociaux libéraux subissent évidemment le même sort.

Alexis Poulin défend Jean-Luc Mélenchon dans son utilisation du mot « barbare » à l’encontre de certains policiers. https://www.youtube.com/watch?v=8jZ...

On aurait pu penser que l’utilisation du qualificatif « barbare » aurait conduit à poser la question de la nature d’une répression utilisant des armes de guerre mutilante contre une population civile sachant par exemple que l’article 461–2 du code pénal considère comme crime de guerre passible de la réclusion criminelle à perpétuité la mutilation d’une personne du camp adverse, que l’article 461–10 considère comme crimes de guerre une attaque contre une population civile également passible de la réclusion criminelle à perpétuité.

Source :https://justice.ooreka.fr/astuce/vo... Mais comment qualifier l’utilisation d’armes de guerre contre une population civile en temps de paix conduisant des mutilations ? Mais une fois de plus, des « journalistes » décervelés ou vassalisés ne se posent pas ce genre de questions.

Il fait référence dans son interview à FrançoisSureau sur le problème des libertés dont nous indiquons ici une intervention de 33 minutes sur France Culture.

Dans son émission « la grande table » du 30/09/2019, sur France Culture, a été invité l’avocat François Sureau pour parler des atteintes saux libertés publiques par les gouvernements successifs depuis 20 ans. Titre de l’émission : Avons-nous renoncé à la liberté ?

Présentation de l’émission sur le site : Qu’est-ce qu’une société libre ? Comment peut-on la défendre sans la faire disparaître ? François Sureau, avocat et écrivain, dénonce la disparition progressive de l’Etat de droit dans l’indifférence générale. Il nous en parle dans "Sans la liberté" (Gallimard, coll. « Tracts », septembre 2019). Lire la suite de la présentation et écouter l’émission avec le lien suivant : https://www.franceculture.fr/emissi...

On peut se reporter à une chronologie des lois liberticides voter en France depuis 1980 en utilisant le lien suivant : http://pythacli.chez-alice.fr/chron...

Mais le mal remonte encore à plus loin.

Roger Errera publier en 1967, avec une édition augmentée en 1975 (la troisième) un livre intitulé : Les libertés à l’abandon (éditions du Seuil). Ce livre eut un grand succès témoignant de la sensibilité de la société française de cette époque au problème des libertés ce qui n’est plus le cas dans la situation actuelle. Certains commentateurs s’interrogent sur les causes d’une telle acceptation de la restriction des libertés par une majorité, semble-t-il, de la population. On peut invoquer différentes vagues d’attentats depuis la guerre d’Algérie (en 1986 notamment), les institutions potentiellement autoritaires de la Ve République, l’instrumentalisation de la peur comme moyen de gouvernement en particulier depuis l’influence croissante du Front National, la justification de répression antisyndical de mouvements contestataires par des dispositifs juridiques dans un contexte socio-économique de plus en plus dégradé par les politiques ultralibérales. Il en résulte que le mot « libéralisme » dans son acceptation politique originelle a perdu de son sens dans le contexte du néolibéralisme. Dans notre article « la république, une construction historique à connaître », on a vu qu’il existait depuis la révolution jusqu’à nos jours quatre conceptions de la république : l’une libérale, mettant la liberté au premier plan, la seconde jacobine plaçant l’égalité en premier, une troisième plébéienne plaçant la justice sociale et une remise en cause de la propriété privée en priorité et enfin quatrième, la conception conservatrice qui place l’ordre, l’autorité en première place. Force est de constater que depuis une quinzaine d’années, c’est la conception jacobine (dont fait partie LFI) et la conception plébéienne qui brandisse le plus haut l’étendard des libertés. Les ultralibéraux ont désormais une conception conservatrice en plaçant l’ordre et l’autorité comme principe premier. L’implosion quasi concomitante de matrice idéologique de la droite libérale et de la social-démocratie sont le reflet super structurel de la crise économique du système capitaliste contemporain ce mode de production entre désormais en contradiction avec le développement des forces productives (se traduisant dans un langage classique par une croissance de plus en plus faible du PIB). C’est précisément ce qui caractérise une période très révolutionnaire. Un modèle économique avec ses formes idéologiques de légitimation qui arrive donc en fin de course.

Hervé Debonrivage


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